AH !…Les Centrafrançais: Le renouveau

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A l’époque où Rigobert était encore Directeur du service des contentieux à Air France, son domicile était le centre d’approvisionnement de tous ses parents et amis. Il les assistait, réglait tous les problèmes familiaux, aidait financièrement tous ses proches. La position sociale de Rigobert faisait de lui l’homme le plus influent et le plus écouté de toute sa famille.

De la même manière, où sous d’autres cieux, les griots auréolent les personnes prestigieuses de spectacles de louange, ses proches parents vantaient constamment ses mérites.

Suite à une réorganisation interne de son entreprise, Rigobert fut limogé. C’était le début de la traversée du désert. Et la débâcle fut totale.
Peu à peu, ses parents disparurent et Rigobert devint subitement un homme infréquentable. Personne n’osait l’appeler ne serait-ce que pour prendre ses nouvelles. Comme si cela ne suffisait pas, ses proches parents, qui  tous jadis chantaient ses louanges, s’en donnaient désormais à cœur joie, de le fustiger et le qualifier de tous les noms d’oiseaux.

Pendant trois années successives, Rigobert tira le diable par la queue. Heureusement qu’il était soutenu durant cette période de vache maigre par sa femme, ses enfants et ses rares amis restés fidèles.

Après tant d’années de galère, Rigobert décrocha un emploi très lucratif dans une grande institution financière. Petit à petit, il se reconstruit, se forgea une nouvelle personnalité, rebâtit sa vie autour du socle des seuls proches restés à ses côtés pendant sa descente aux enfers.

Ironie du sort, voilà que tous les ingrats qui semblaient l’avoir à jamais effacé de leur existence, entreprirent, sans trompette ni tambour, de revenir dans sa bonne grâce. Sans même hésité, et parce que ceux qui ne sont jamais reconnaissants ont aussi souvent la mémoire très courte, la plupart de ces « parents des heures de bonheur », sans même hésiter, avaient commencé également à le solliciter pour tout, en tout et dans tout. Face à cette incongruité, Rigobert décide alors d’adopter une attitude de fermeté. En dehors des petits repas de circonstance que sa femme offre de temps à autres à ses parents qui n’hésitent plus à lui déclarer leur grand amour retrouvé, il refuse toute visite de sollicitation.

Recentré désormais sur sa femme et ses enfants, il se souvient souvent de ses moments de galère, et s’oblige dorénavant à la prudence avec tous. Ce qui ne l’empêche pas, à cause de sa générosité, à intervenir dans des rares cas qu’il juge vraiment nécessaires. Bien que son attitude lui vaut d’être aujourd’hui très critiqué par de nombreux parents, Rigobert n’en a cure et se dit toujours « Le coassement des grenouilles n’empêche pas l’éléphant de boire ».

Ne dit-on pas que l’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs?
Encore un fait social et sociétal.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

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