RCA : QUAND L’ENTOURAGE EST SANS COURAGE

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Par GJK

C’est un sentiment bien répandu en RCA – ou ailleurs -, que les entourages des hommes d’État – présidents, ministres, responsables des partis politiques etc -, exercent généralement sur ces derniers, une influence, et même des pouvoirs indiscutables mais diversement appréciés.

Avant et après tout, tous ceux qui nous dirigent, quel que soit leur rang, leur standing de vie et les postes qu’ils occupent au sein de nos sociétés et nos organisations civiles et politiques, ne sont et ne demeurent ni plus ni moins que des Hommes, semblables au reste des humains. Ils sont donc susceptibles de faire de grandes merveilles et d’accomplir de grands exploits, comme ils peuvent être amenés à commettre les plus graves erreurs de la vie, au même titre que tout le monde.

Pour s’en convaincre d’ailleurs, il suffit de se rappeler à chaque fois, que ces Grands Hommes  ou ces « big  boss » comme on aime les affubler,  quand bien même nous les imaginons souvent au-dessus des nuages, vivent exactement ce que vivent tous ceux qui se trouvent pour ainsi dire au dessous de ces mêmes nuages : ils mangent, ils boivent, vont au petit coin, éprouvent des sentiments, ont des émotions, se laissent titillés par leurs enfants, subissent les insultes et supportent les égratignures de leurs épouses qu’ils ne cessent de tromper, si ce ne sont elles qui ne s’empêchent de les cocufier avec le chauffeur, le voisin, le boy ou le petit jeune porteur de leur sac. Bref, si on les connaissait mieux, on ne se lasserait pas de se moquer diablement, de s’en foutre éperdument et prendre même en pitié,  la plupart des personnalités que l’on admire et qui nous inspire tant de respect ou de crainte !

Tenez !

Prenez n’importe lequel des hommes au pouvoir. Enlevez-lui simplement son titre et remettez-le à sa famille sans plus. Aussitôt, il perd tout sentiment superpuissance et redescend de ses nuages. Et dès le lendemain, il retrouvera son humanité qu’il avait feint de perdre. Une métamorphose sans transition s’en suit. Et même s’il peut encore jouir de l’argent et de tous les biens mal acquis au passage, il lui sera difficile de reconquérir les cœurs des parents, amis et connaissances qu’il ne voulait plus écouter et sentir. C’est le vide tout autour.

« Quand tu montes à l’échelle, souris à tous ceux que tu dépasses, car tu croiseras les mêmes en redescendant. »

En revanche, je me demande pourquoi les entourages de nos hommes d’État au pouvoir ou non, ne parviennent-ils pas souvent à les aider à garder la tête froide, et à maintenir les pieds sur terre ? La plupart du temps, ils sont même pires que leurs Maîtres et Seigneurs. Quand ils ne sont pas devenus eux-mêmes des conseillers toxiques, ils finissent tous généralement par jouer les rôles du griot servile et du laudateur obséquieux.

Cela m’amuse et m’horrifie tout à la fois, d’entendre ou de recevoir quelques fois des messages du genre :

« Merci…tu as tout dit. J’espère que le Chef va lire et se reconnaître dans ton analyse et qu’il se décidera à changer. On n’en peut plus…» ou «Franchement on lui a tout dit. Mais il refuse de suivre nos conseils » ou  « À cette allure tout le monde va  partir et il restera seul dans son parti avec sa femme et ses enfants et il comprendra.. » ou encore « Il s’est entêté jusqu’à la fin. Il ne voulait pas m’entendre, et ce qui devait arriver, arriva ! » etc…

Que de plaintes des entourages. Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ?

Chers messieurs et mesdames des entourages hauts placés. Voulez-vous que je vous réponde  sans fioritures et avec la même verve qui me caractérise ?

Alors, je vous le dis : vous êtes tous des minables et des peureux, indignes des sièges que vous occupez auprès de vos Chefs.  Votre rôle à vous nécessite deux choses : l’INTELLIGENCE du COURAGE et le COURAGE DE LA VÉRITÉ.

Cela passe que le Chef ne prenne pas en compte un conseil ou une suggestion émise par une seule personne. Mais si vous êtes sûr de votre fait, commencez peut être à vous assurer et vous associer la  masse critique nécessaire, celle de tous ceux qui réfléchissent et pensent comme vous et agissez ensuite. Certainement que vous arriverez à faire bouger les lignes.

Même s’il faut reconnaître que la plupart de nos organisations civiles et politiques se nourrissent et périssent à cause des trahisons, il n’en demeure pas moins, qu’à titre individuel, chacun devrait pouvoir prendre ses responsabilités.

Et si l’on se disait en pensant au Chef : « si tu avances je te suis. Si tu recules je te crie. Si tu recules je te quitte » ?

Malheureusement,  les entourages manquent bien souvent de courage, ne pensent eux-mêmes qu’ à leurs petits privilèges et intérêts égoïstes, oublient le sens du combat pour lequel ils se sont engagés, et préfèrent servir au Chef toutes les  complaisances qu’il veut entendre et qui  nourrissent ses certitudes, lesquelles d’ailleurs  finiront par faire couler l’ensemble du navire, équipage et passager compris.

C’est bien dommage. C’est bien triste.

 GJK- Guy José KOSSA

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