LETTRE À UN AMI DU RWANDA : J’ÉCRIS POUR PARLER ET M’INSURGER CONTRE L’INVASION DE LA RCA MON PAYS

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GJK- Guy José KoOSSA

Cher ami et frère,

Avant d’aller droit au coeur de ma lettre – réponse que voici, comment ne pas t’adresser d’abord mes salutations toutes centrafricaines remplies de chaleur fraternelle et de rêve de paix, et saisir ensuite cette occasion pour te renouveler mes sincères amitiés.

Comme tu le sais, c’est essentiellement au RWANDA de PAUL KAGAME que ces derniers jours, j’ai décidé de consacrer à juste titre, les écrits que je publie sur mon blog et les réseaux sociaux –notamment Face book.
En retour et comme il fallait s’y attendre, je n’ai cessé depuis que j’ai commencé, de faire l’objet de nombreuses récriminations – somme toute légitimes -, de la part d’un certain nombre de tes compatriotes qui me sont jusqu’alors inconnus, mais également et surtout, de la part de quelques amis rwandais de mes connaissances – toi y compris -, que j’ai eu le bonheur – étudiant, fonctionnaire ou consultant -, de rencontrer au cours de mes différentes pérégrinations à travers l’Afrique mais aussi l’Europe, et avec qui – comme toi -, j’entretiens encore aujourd’hui et jusqu’à preuve du contraire, de bien meilleures relations.

Cher ami,

Comme tu le constates sans doute, si depuis tout ce temps que nous nous sommes séparés, j’ai certes pris de l’âge et des rides, poussé du ventre et des cheveux blancs, une chose demeure intacte : mon amour pour mon pays reste toujours le même. Je dirais même que plus je vieillis, plus ma conscience me gronde et m’interroge sur le pays que je compte léguer à mes enfants et petits-enfants, aux générations futures. D’ailleurs, à te lire et à t’entendre, il en est de même pour toi.

Aussi je tiens à préciser « je n’ai pas changé », voudrait signifier aussi pour moi – tu t’en doutes -, que je me refuse encore et ici, à tourner autour du pot comme dirait l’autre. L’hypocrisie ne m’a jamais réussi. Je laisse aux politiciens rompus à l’art du compromis et de la compromission pour ne pas dire de la diplomatie – quel doux euphémisme ! -, le soin d’user et d’abuser de leur habituelle langue de bois ou double langage.

Voilà pourquoi d’entrée de jeu, je m’interroge et interroge tous ceux de tes compatriotes et certains des miens qui me lisent, ont lu et liront encore mes feuilles sur le RWANDA :

DEVRAIS-JE M’EXCUSER ET DIRE MERCI à KAGAME, d’avoir envoyé en Centrafrique pour nous envahir, ses dangereux miliciens et son armée d’occupation, ses fonctionnaires internationaux malicieux, ses opérateurs économiques calculateurs en quête de terre, et bientôt tous ses chômeurs, malades mentaux, et autres exclus de la société rwandaise que sais-je encore ?

Dans les nombreux reproches qui sont faits, on m’accuse d’appel à la haine et à l’expulsion des Rwandais.
Je m’en voudrais simplement de réserver une quelconque réponse à ceux qui brandissent ces faux arguments car ils savent très bien ce qu’ils font, et de quoi il s’agit.

On me lance encore à la figure, que les Centrafricains devraient s’estimer heureux, que le Dieu KAGAME soit descendu de son piédestal céleste, pour marquer une escale dans notre pays qu’il est engagé à transformer en un vaste jardin d’Eden grâce à ses anges Rwandais que je traite d’envahisseurs sataniques.

Je réponds : de qui se moque-t-on ?

Et j’ajoute à l’endroit des Centrafricains : NE VOUS LAISSER PAS ENVAHIR. Arrêtez donc de brader cette terre que vous avez reçue de vos ancêtres et que vous avez le devoir et l’obligation d’enrichir pour laisser à vos enfants en héritage.

À mes compatriotes je dis encore prenez garde et dites moi : que reste-t-il à un peuple qui en est réduit à vendre le sol dans lequel dorment les anciens, à dilapider et se détourner de cette terre qui le nourrit, qui devrait le nourrir éternellement, lui et toutes ses descendances?

Cela entendu cher ami,

Je voudrais t’avouer très sincèrement que de toutes les récriminations, de tous les reproches et autres arguments qui me sont adressés, il en est un qui malgré le tragique de sa vérité, finit par me révulser et me révolter : LA DOULEUR DU GÉNOCIDE DES RWANDAIS.

Ainsi, l’un de mes amis et compatriote à toi m’a écrit ceci :
« José s’il te plaît, arrête d’écrire tout ce que tu publies même si c’est vrai, car tu fais remonter en surface et rappeler à beaucoup d’entre nous, le drame du génocide. Que les Centrafricains permettent aux Rwandais de souffler chez vous et d’oublier leur malheur».

Oh que c’est émouvant ! L’imparable argument ! L’élément de langage irrésistible qui a tant rapporté à KAGAME!
Soyons vraiment sérieux. C’est une honte et une malédiction de jouer ainsi avec la mémoire des disparus devant laquelle je m’incline.

Il est malsain de comparer un malheur à un autre. Aussi, sans émotion aucune, je tiens à rester lucide et à répondre aussi sereinement que possible en parlant de mon peuple à moi.

Voyez-vous, le Centrafrique n’est pas sorti de l’auberge. Son génocide que le monde entier et en particulier les grandes puissances qui contribuent depuis des décennies à reconstruire et à développer le RWANDA de KAGAME feignent d’ignorer, son génocide dis-je, se poursuit et durera encore. À cause de nos dirigeants qui ne savent ni « crier », ni « vendre », ni « exploiter » (je ne trouve pas d’autres mots) nos malheurs et désastres, la RCA a bien du mal à se relever, à se reconstruire, à nourrir son peuple, à avancer. Pire, tous ceux qui, sous différents prétextes font semblant de voler au secours de la RCA, malheureusement, c’est toujours pour piller le pays et appauvrir encore plus ses populations. Le RWANDA est loin d’être l’exception et il ne le sera jamais sous Paul KAGAME dont les ambitions extrêmes se moquent du malheur des autres.

Cher ami,

J’ai bien entendu et tu as raison, que tu admires et aimes Paul KAGAME, parce qu’il s’agit d’un homme fort doublé d’un Président visionnaire.

Crois-tu que je puisse dire le contraire si j’étais Rwandais ?

Mais je suis Centrafricain et j’habite l’enfer, à cause des dirigeants qui se sont succédés à la tête de mon pays depuis des décennies. Ne m’oblige pas surtout à parler de l’actuel Chef d’Etat , car avec celui-là, on ignore si la Centrafrique sera encore aux Centrafricains sous peu de temps s’il reste au pouvoir .

Quant à moi, simple Citoyen du peuple et patriote convaincu, aussi longtemps que j’aurais encore un souffle de vie pour parler et la moindre force pour écrire, je crierai mon malheur sur tous les toits pour défendre mon pays. Se pourrait-il qu’un jour, au-delà du désert, quelqu’un entende ma voix et me vienne au secours.

Cher ami,

Voilà ce que je tenais à t’écrire à toi et aux autre en réponse à vos nombreuses critiques et protestations.
La RWADANISATION DE LA CENTRAFRIQUE N’AURA PAS LIEU.

Les Centrafricains n’ont pas conquis leur indépendance pour se laisser dominer, exploiter, esclavagiser, coloniser à nouveau, plus est par un pays Africain aux mains d’un chef d’Etat arrogant et barbare pour qui le panafricanisme n’est qu’un concept creux, une philosophie conquérante et guerrière.

Enfin, aux Centrafricains qui me lancent la pierre et me disent pour me choquer, « qu’attends-tu, toi et tous ceux qui sont comme toi, pour aller acheter toutes les terres de ton pays et développer la RCA », je réponds encore et toujours ceci : il y’a des inepties qui ne méritent de ma part ni l’honneur, ni la dignité d’un commencement de réponse, à plus forte raison une réponse intelligente et entière.

Cher ami et frère
Prends soin de toi et à bientôt.
Dieu bénisse nos peuples.

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