EN VEDETTE

LA FAMILLE EST LA MEILLEURE…ET LA PIRE DES CHOSES ! – 3 –

TROISIEME PARTIE

Sur un autre registre, voici ce que dit un adage bien connu en Centrafrique – il en existe je crois des versions plus ou moins similaires dans d’autres pays : « Tongana Famille Ti Mö A Douti Na Ndjoni Ndo, Mö Ke Te Fango Lë Ti Kondo Ape ». Littéralement, ceci donne cela: « si un membre de ta famille est assis à une belle place, tu ne peux manger un poulet aux yeux crevés ». Pour aider à mieux comprendre, reformulons ainsi : celui qui a un parent bien place fait bonne chère (ou ne saurait être mal servi).
Une fois qu’on a dit ceci, on en arrive à cela : toute personne socialement (professionnellement) bien assis, a l’obligation de s’occuper de tous les membres de sa famille et donc de veiller au bien être de chacun des membres. Et si l’on pousse la déduction encore plus loin, on peut conclure a contrario: quiconque n’a pas de parent socialement ou professionnellement bien assis, mourra de faim ou cesse d’exister.
Toutes les fois qu’il m’est donné d’entendre prononcer cet adage, je me dis toujours intérieurement. « Hélas ! Si ceux qui l’utilisent , avait seulement conscience de tous les torts qu’a causé et causent encore à notre pays, cette manière égoïste de voir les choses et de considérer la vie ! ».
Sans entrer ici dans les détails de ma réflexion, je crois cependant pouvoir avouer sans me tromper, que cet adage – et peut-être d’autres encore du même genre -, sont à la base et expliquent la persistance de l’un des maux dont souffre gravement la RCA et qui a pour nom : NÉPOTISME. Ou « Abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille »

Le NÉPOTISME., c’est bien là un exemple de ce que les « fausses » considérations et importances, ainsi que tous privilèges accordés par la société à « LA FAMILLE », se retourne souvent contre cette même société. L’on se rappellera que les Centrafricains s’étaient plaints hier de ce que le défunt Président KOLINGBA par exemple, avait réservé aux membres de SA FAMILLE , l’ensemble ou l’essentiel des hautes responsabilités administratives, politiques, militaires, économiques et financières du pays. Et aujourd’hui, c’est au tour du Président TOUADERA de faire la même chose et de subir exactement les mêmes griefs.
N’avons-nous donc pas dit que: « Tongana famille ti mö à douti na ndjoni ndo, mö kê tè fango lë ti kondo apè » ?
Il faut donc savoir ce que l’on veut !
Il nous faut revoir certaines valeurs sur lesquelles nos familles et nos sociétés se fondent, s’organisent, et fonctionnent. Cela passe nécessairement, par un véritable changement des mentalités. Une fois de plus.
En définitive, j’incline à croire que ce n’est point par le lien du sang que doit se déterminer la véritable famille, mais plutôt par le choix du cœur. Certes, on ne choisit pas sa famille – ou les membres qui la composent -, avant de naître. Mais qu’est-ce qui nous oblige et nous condamne à subir « LA FAMILLE », jusqu’à la fin de notre vie ?
Dans certaines circonstances, une FAMILLE D’ESPRIT ET DE CŒUR, née de rencontres au cours desquelles se sont tissées de véritables relations individuelles productives, et fondée sur des relations sociales généreuses, ne vaudrait – elle pas mieux que « LA FAMILLE » de chair, qui ne subsisterait que pour sauver les apparences en attendant de disparaître ?
« LA FAMILLE » c’est sacrée dit-on ? Mais LA FAMILLE D’ESPRIT ET DE COEUR ou encore FAMILLE CHOISIE l’est tout autant. Sinon plus. Parce qu’elle se fonde sur des valeurs individuelles et sociales partagées. D’où certaines de ces amitiés qui dépassent des liens de sang et suscitent souvent la jalousie et les critiques des « vrais-faux » frères, sœurs et autres cousins, tantes, oncles…. et patati et patata!

(A suivre)

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