AH !…LES CENTRAFRANÇAIS: LE VISA DE L’OUTRE-TOMBE

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« Le masque de l’hypocrite tombe tôt ou tard : l’hypocrisie se trahit toujours par quelque endroit elle-même, c’est du moins un hommage que le vice rend à la vertu, en s’honorant de ses apparences ». Jean-Baptiste Massillon

Frappée par la mort soudaine de leur frère, cette famille vivant en France était loin d’imaginer ce qu’est capable de faire une des leurs.

L’histoire raconte que Priscille et son défunt cousin Carlos étaient en froid à cause d’une histoire de voiture, avant que la mort n’emporta ce dernier.
Un jour, Priscille avait prêté à Carlos sa Nissan Primera qu’il devait rendre quelques jours plus tard. Le jour J pour restituer le véhicule, Carlos se présenta chez sa cousine comme prévu mais là, surprise… La voiture était sans parechoc. Que s’est-il passé ? Carlos aurait eu un accrochage sur la route avec un camion et c’est lui qui était en tort.
Toutefois, Carlos qui est un grand bricoleur était venu voir sa cousine pour lui expliquer ce qui s’est passé, en lui promettant la réparation du véhicule. La cousine donna l’impression de l’avoir compris et qu’il n’y aurait pas de problème car elle n’utilisait même pas cette vieille Primera d’occasion qu’elle n’avait opportunément acheté que 300€, mais plutôt sa belle Toyota RAV4.

Or, c’était juste de l’hypocrisie que faisait Priscille ! Dès que Carlos avait le dos tourné, sa cousine racontait des méchancetés sur lui et lui promettait l’enfer si sa voiture n’était pas réparée. Plus le temps passait, et que Carlos qui par ailleurs était au chômage, traînait à réparer la voiture de Priscille, plus celle-ci lui mettait ouvertement la pression. C’est à priori son droit, car après tout c’est sa voiture.

Très affecté par l’attitude peu appréciable de sa cousine qui le traitait de tous les noms d’oiseau auprès de ses proches, Carlos avait juré de réparer cette voiture quitte à vendre ses biens pour cela car il était dans une situation financière difficile et sa cousine le savait. Il prit donc le véhicule et le ramena chez lui pour les réparations.
Mais voilà que malheureusement il décéda accidentellement quelques jours plus tard.
L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais Priscille, vicieuse comme elle est, voyait dans cette mort tragique, une occasion rêvée pour réaliser un de ses malheureux projets.

Pendant toute la place mortuaire, personne ne pouvait suspecter une seule seconde que Priscille manigançait quelque chose, tellement elle donnait l’impression d’être très affectée par le décès de son cousin.

Mais deux événements permettront de comprendre rapidement que Priscille n’en avait cure du décès de Carlos.

Le premier événement concerne le véhicule en question qui était encore stationné dans le parking du défunt. La seule préoccupation de Priscille était de récupérer très rapidement sa voiture. Ce qui est d’ailleurs normal, me diriez-vous. Au détour d’une conversation, elle glissa : « dommage qu’il n’ait pu réparer ma voiture avant son décès ». Très choqué et révolté par ce qu’il venait d’entendre, un ami du défunt qui a tout entendu et qui connaissait parfaitement l’histoire, revint le lendemain de l’enterrement de son ami avec un nouveau parechoc en main pour monter sur la voiture de Priscille. Le bon sens n’aura-t-elle pas guidé Priscille à se poser de question de savoir pourquoi un étranger vient curieusement lui proposer de réparer sa voiture sans fournir d’explication, ni réclamer le moindre centime ? Ne devrait-elle pas refuser ? Au contraire elle était très heureuse. Elle assista gaiement à la réparation et récupéra sa voiture sans remords.

Aussi, il paraîtrait que durant toute la place mortuaire, Priscille fouillait discrètement dans les affaires du défunt à la recherche de ses papiers. C’est ainsi qu’elle réussit à mettre la main sur certains papiers dont le certificat de décès qu’elle avait réclamé et obtenu au motif de justifier ses absences auprès de son employeur. Or, Priscille voulait tout simplement se servir de tous ces papiers qu’elle allait compléter avec d’autres faux papiers, pour faire venir en France sa sœur Marcelle et son neveu Yvon fils de son autre sœur Léocadie. Il est à préciser que c’est depuis plus de 15 ans que Marcelle et Yvon ne ménagent pas leurs efforts pour aller en France. Et voilà qu’ils veulent tous se servir diaboliquement de la mort de leur proche parent pour espérer enfin atteindre la “terre promise”

Mais comment pourront-ils réussir leur coup puisque le nom de famille du défunt est différent des leurs ? Rassurez-vous. Priscille alias Machiavel avait tout prévu. Le plan consistait à faire purement et simplement des faux actes de naissance et autres faux papiers, faisant ainsi passer sa sœur Marcelle pour la demi-sœur du défunt. En clair, il suffirait de faire croire que le défunt et Marcelle seraient nés de la même mère mais de pères différents, d’où la différence de noms. Et le neveu Yvon devenait le fils de Marcelle en lieu et place de Léocadie. Marcelle et Yvon n’avaient donc pas besoin de changer de passeport et grâce à leurs nouveaux actes de naissance, les voilà officiellement sœur et neveu du défunt. La dernière étape consistait pour la fausse vraie demi-sœur du défunt et son vrai faux fils Yvon de déposer une demande de visa en servant aux autorités consulaires le motif de venir en France pour se recueillir sur la tombe de leur frère et oncle.

Naturellement pour obtenir les visas, il fallait fournir d’autres documents complémentaires tels que l’attestation d’accueil, les justificatifs de domicile etc. C’est Priscille qui s’en chargera. Elle fit faire l’attestation d’accueil par son concubin.
Le dossier une fois complet était déposé à l’ambassade de France en Centrafrique pour l’obtention des visas. C’est lors de l’instruction du dossier que les services consulaires vont vite découvrir la supercherie. Car non seulement l’ambassade trouvait leurs actes de naissances trop neufs mais aussi, ils ont relevé plusieurs incohérences dans les papiers fournis. Une rapide enquête allait permettre aux services du consulat découvrir qu’il y’avait plein de faux papiers.
Résultat de course : Interdiction de visas pour 10 ans.

Ne dit-on pas que le mal que l’on fait se retourne toujours contre nous-même ?

Laissons reposer en paix ceux qui nous ont quittés plutôt que d’exploiter honteusement leur mort. Même à nos pires ennemis, nous devons respect à leur mémoire.

Ah !…Les Centrafrançais

 RJPM

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