EN VEDETTE

LES MEUBLES NON-LIVRÉS DE LA « TCHIZA »

ENTRE RIVALES, TOUS LES COUPS SONT PERMIS

Elle s’appelle Anne-Claude. Elle est originaire d’un pays membre de l’Union européenne. Elle n’a aucune famille ici à part ses trois enfants et son mari Raphael, qui est la raison de sa venue en RCA. Ils formaient une famille unie et pleine d’amour. Mais, voilà que quelques temps après le retour au bercail qui a vu naître Raphael, après un certain temps, le couple commencera à battre de l’aile. Raphael avait commencé à courir après les “petites “ !
Il s’entichera spécialement d’une Caroline. Il fera d’elle son quasi officiel deuxième bureau. Sa tchiza comme le disent les jeunes aujourd’hui. Une seconde épouse, sans les attributs légaux, mais connue de tous. Même de son épouse. Anne-Claude avait subitement tous les défauts inimaginables qui soient. Il faut reconnaitre qu’elle était excessivement dépensière. Mais Raphael avait tout de même eu le temps de lui faire trois enfants avant de subitement s’en apercevoir. Son calvaire ne faisait que commencer.
Raphael, en père responsable, continuait cependant de prendre soin de ses enfants en donnant l’argent de la nourriture et en s’occupant des frais de scolarité des enfants. Il avait, néanmoins, de manière ostentatoire élu domicile chez Caroline. Sa famille ne le voyait plus. Anne-Claude était financièrement limitée à cause du blocus financier que lui imposait son époux. Elle ne se rappelait plus la dernière fois qu’elle avait eu droit à de l’argent de poche pour ses besoins personnels. Elle en était réduite à rogner sur l’argent qu’il envoyait pour la nourriture.
Caroline, usait de tous les stratagèmes que lui accordait sa position de favorite pour en faire voir de toutes les couleurs à sa rivale. Son ambition était de l’évincer afin d’occuper sa place. La place de titulaire. C’était selon elle un jeu d’enfant puisque sa concurrente n’avait aucun parent pouvant la soutenir dans ce combat.
C’était mal connaitre Anne-Claude ! Tenez. Juste une anecdote.
Un jour, Germaine une des nièces préférées de Raphael et qui était d’ailleurs en très bons termes avec Anne-Claude, reçu un appel téléphonique de sa tante par alliance alors qu’elle était au travail : « Allo Germaine ? Dis-tu n’as pas besoin de meubles par hasard ? Ton tonton et moi avons décidé de vider le grenier. Je t’envoie le chauffeur pour que tu viennes faire ton choix ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Germaine arrivée sur les lieux, choisit quelques meubles au grand désespoir de sa belle-tante qui trouvait qu’elle était vraiment timorée de ne pas tout prendre. Mais elle donnera tout de même l’ordre au chauffeur du camion affrété qui attendait, d’aller décharger les meubles choisis au domicile de sa belle-nièce.
Cette dernière, en marchant au milieu des meubles restant avisera une valisette en carton qu’elle ouvrira par curiosité et découvrira des écorces d’arbres, des fils et autres bizarreries.
G : Anne-Claude, ça c’est quoi ça?
A-C : Oh… Mais ce sont les fétiches de la Caroline là non !!
G : Attends !! Donc ce sont les meubles de Caroline !!!???
A-C : Oui. Ils sont venus me trouver ici. J’allais me gêner tiens !
Elle lui expliquera que la Caroline était en plein déménagement. Son sugar daddy de Raphael aurait mis à sa disposition une nouvelle villa ! Elle était déjà sur les lieux et attendait le camion qui devait amener son mobilier. Mais le pauvre chauffeur n’ayant pas bien compris les consignes données par son patron, s’était rendu directement au “premier“ domicile du tonton Raphaël.
Il avait dit à Anne-Claude venir de la part du “patron“. Cette dernière, comprit aussitôt de quoi est-ce qu’il était question. Elle joua, sans hésiter, le jeu de celle qui s’attendait à l’arrivée de tous ces meubles et ordonna au chauffeur et à ses aides de ne pas bouger. Il s’ensuivit le fameux appel téléphonique à sa belle-nièce. Que voulez-vous, elle n’avait aucune parentèle dans le pays.
A-C : Une chose est sûre, tes meubles ayant été déjà livrés, le reste ne me concerne plus.
Elle ramènera Germaine à son bureau et procèdera à la liquidation du reste.
Caroline ayant attendu en vain, appela son cher et tendre pour lui demander ce qui se passait. Lui surpris, appela à son tour le chauffeur qui lui répondit candidement qu’il avait tout amené chez “Madame“ comme ordonné.
Le sang du pauvre tonton Raphael ne fit qu’un tour. Prenant son véhicule, il arrivera en catastrophe chez lui où Anne-Claude l’attendait de pied ferme avec en tout et pour tout, que la valisette remplie de fétiches de Caroline.
Elle lui dira tout de go : « Le lit superposé et le salon sont chez ta nièce Germaine, les autres lits chez ta sœur Suzanne, tel meuble chez ton neveu Paulin, etc. Tu peux aller les récupérer, si ça te chante. »
Elle s’était arrangée à offrir les meubles de sa rivale aux proches parmi les proches de son époux. La crème de la crème familiale. Ils l’avaient tous chaleureusement remerciée pour sa générosité ! La seule à être dans le secret des dieux était Germaine qui, se garda bien de vendre la mèche pour ne pas gêner son oncle. Il faut dire aussi qu’elle ne portait pas particulièrement dans son cœur la fameuse Caroline.
Raphael était au bord de l’apoplexie. Il lui venait de subites envies de meurtre. Son épouse, imperturbable, s’ingéniait à verser encore plus d’huile sur le feu.
A-C : Tu vas payer mon ami ! D’une manière ou d’une autre tu vas dépenser. Ta Caroline et toi vous n’avez encore rien vu. Je vous ferai vivre l’enfer !
Je vous fais grâce de la dispute qui s’en suivit. Le pauvre tonton Raphael n’eut d’autre choix que de payer, les jours suivants, de nouveaux meubles à sa dulcinée.

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