CONCEPTION ET EXERCICE DU POUVOIR DE LA « RUPTURE » A BANGUI

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Par Sadam Fernand Paul

Un frère, une sœur, un ami ou simplement un bon citoyen en principe est la personne qui fait de son mieux pour éviter à son alter-ego des écueils certains dans un avenir proche ; Cinq années c’est long.

Pour l’instant dans l’euphorie post électorale d’aucuns ne cherchent à décrier les excès de zèle du Premier ministre centrafricain. Nous voulons tous que les choses aillent mieux et que la rupture tant souhaitée des vielles méthodes de gestion de la chose publique soient derrière nous.

 La manière de penser, d’agir et de faire est un facteur très déterminant qui trahit souvent les nobles intentions de leur auteur et transforme ces dernières en actions non-logiques.

Certes, notre état est failli, mais on ne nous fera pas croire que l’absentéisme des agents de l’état centrafricain est un phénomène nouveau ? Et qu’une descente surprise dans un organe quelconque de l’administration suffirait pour que les choses rentrent dans l’ordre, en dépit de votre statut de chef de l’administration de l’état. La méthode est inopportune et frise la quête d’un « buzz médiatique ».

Tempo, tempo excellence, les agents véreux de l’administration centrafricaine tapis dans l’ombre vous attendent, soyez sage et prudent. La sagesse requiert de prime abord, l’observation de votre nouvel environnement et la prudence recommande d’avancer comme le caméléon ; il n’est pas lent, quant il met sa patte quelque part c’est qu’il est sûr de la solidité du support. Celles et ceux qui vous congratulent actuellement, seront les premiers à vous vilipender dès les premières erreurs de votre part. Choses que je ne vous souhaite pas, quand bien même que nul ne soit parfait en ce bas monde, y compris moi-même.

Certes, vous avez un vécu de fonctionnaire non seulement dans un établissement public sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur, mais aussi en tant que directeur de cabinet à la primature. Les différentes fonctions que vous avez occupées et les missions à vous accordées par votre hiérarchie, vous ont permis de vous affirmer comme un bon commis de l’état. Pour preuve, le Président de la république, chef de l’état vous a choisi pour mener à bien sa politique qui repose sur le programme qu’il a proposé aux centrafricains. Ces derniers l’ont approuvé majoritairement, c’est pourquoi, vous et nous en sommes là aujourd’hui.

La rupture ne se fait pas à la hussarde. Elle se construit sur un triptyque méthodologique. Dans le cas d’espèce de notre pays : la socialisation politique, la sensibilisation et le dialogue doivent servir de socle.

La socialisation politique, pour faire simple est fondée sur l’éducation, la formation et l’enseignement de bons comportements aux citoyens ; leur faire prendre conscience de leurs droits, mais aussi de leurs devoirs vis-à-vis de la société en prônant la paix et l’esprit de tolérance.

La sensibilisation quant à elle exige une information soutenue sur les actions qui sont exécutées ou celles qui viendront. De cette lisibilité naîtront la confiance et l’adhésion de la population aux projets de développement durable qui seront entrepris. L’opacité dans la gestion de la chose publique a causé beaucoup de tort à notre pays. A vous, mesdames et messieurs membres des différents corps constitués de l’état de laisser parler et faire votre intelligence afin de redresser la barre par votre travail et rien que votre travail. La tâche est rude, mais il va falloir la réaliser un jour, aujourd’hui c’est vous qui êtes aux manettes. Alors les filles et les garçons au boulot, vous portez l’espoir de tout un peuple, bon vent à vous.

Le dialogue doit être permanent, mais dans les formes définies par la loi. On ne peut pas approuver par référendum une constitution et s’asseoir sur ses directives ; Comment accède t’on au pouvoir ? Quels sont les pouvoirs discrétionnaires du chef de l’état, comment se présentent les articulations de l’exercice du pouvoir entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, etc.

C’est pourquoi, dans le cas d’espèce du dialogue avec nos frères et sœurs qui ont pris les armes pour revendiquer leurs droits « bafoués ». Il doit se dérouler sans compromissions, ni chantages des uns et des autres. Le nouvel ordre constitutionnel sera le cadre qui circonscrit le débat. Celles et ceux qui se mettent en dehors de ce cadre se disqualifieront eux-mêmes et seront responsables de leur propre roublardise.

Soyez un peu sérieux, mesdames et messieurs les « rebelles », à la longue votre versatilité vous jouera un sale tour. Hier, vous disiez que le régime de la transition n’était ni légitime ni légal. Ce sont ces autorités qui vous ont nommées, ministre par là, conseillers par-ci, quant ils achetaient la paix en vous donnant des francs CFA, des dollars, des euros que sais-je encore vous ne crachiez pas dessus. Après, vous clamiez haut et fort, que vous attendez le nouveau président élu pour vous soumettre aux lois républicaines. Maintenant, il est investi et vous demande de vous inscrire dans le droit chemin conformément aux textes et aux lois en vigueur dans notre pays que vous dites chérir tant. Vous demandez autres choses, quelles sont vos intentions réelles ? Il est vrai que la politique corrompt et transforme l’homme. Après avoir vécu aux frais de la princesse et goûter aux délices de la ville. La vie dans la brousse ne vous convient plus, mais à qui la faute ?

Le pays a besoin de tous ses enfants pour relever le défi de la lutte contre la pauvreté, si vous avez des compétences, des qualifications et que vous répondez aux critères de la nationalité centrafricaine. Après votre indemnisation suite à la finalisation du processus du DDRR, votre place est là parmi nous vos frères et sœurs.

Ce n’est qu’une mise en garde sans arrière-pensée malsaine, « Qui va doucement, va sûrement ». Ce n’est pas parce que tout est à faire, à construire qu’il faudrait bafouer les règles et les procédures administratives. Dites vous que vous avez à faire à des pères et mères de famille qui ont profités du fait que « c’est l’occasion qui fait le larron ». Ils sont habitués à l’inertie érigée en mode de management par leur hiérarchie ; pas de contrôle, pas de suivi, non fixation des objectifs raisonnables à atteindre, a fortiori pas d’évaluation, etc. Pilotage à vue oblige, donc désordre généralisé dans l’administration par manque d’une base de données statistique pouvant aider l’état à faire des projections en matière de programmation des investissements collectifs à venir, secteur par secteur… A vous et à votre équipe gouvernementale de leur donner le goût et l’amour du travail bien fait.

Fasse que Dieu puisse bénir la terre de mes ancêtres.

Sadam Fernand Paul

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