LA NAÏVETE COUPABLE CENTRAFRICAINE

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Par Fernand Paul SADAM

On peut tromper une partie du peuple un temps, on ne peut pas tromper tout un peuple tout le temps, rappelle un dicton. En Centrafrique, les pouvoirs successifs ne tirent aucun enseignement des évènements vécus qui ont déstructuré notre vivre ensemble. Aujourd’hui, les réflexes grégaires partisans et ethnocentriques priment sur les valeurs communes d’intérêt général.

Au lieu de proposer au peuple souverain un plan de développement fédérateur dans la résilience afin qu’il puisse y adhérer massivement, les politiques ne nous offre aucun programme concret, réalisable à court terme. Nous assistons résignés en spectateurs hypnotisés à leur retour en force, après une période d’hibernation animée d’un mutisme assourdissant sur les souffrances du peuple centrafricain, d’un immobilisme calculateur pour la concorde avec le pouvoir actuel. Pour ces politiques, l’action n’a de sens que lors des joutes électorales ou des rencontres multipartites de positionnement. Quelle tristesse !

Pourquoi accepter qu’une bande d’individus, femmes et hommes confondus, puissent prendre ce beau pays en otage et d’en faire ce qu’ils veulent au vu et au su des voix “autorisées” ? Nous subissons toujours par notre propre hypocrisie et notre égoïsme caractérisé les contrecoups de ces comportements laxistes.

 Nous attendons de ces personnalités en course pour le pouvoir suprême des propositions de solutions idoines pour nous sortir de cette situation qui perdure et non des promesses intenables et mensongères. Vous savez, mesdames et messieurs, qu’il n’y a pas de cadeau en politique. Chaque pays du  monde défend les intérêts de son peuple et agit en son nom. Pour ce faire, ces états se sont dotés des institutions fortes qui leur permettent d’agir conformément aux pouvoirs qui leur sont dévolus légitimement et légalement par la constitution. Vous ne devriez pas vous écarter de cette ligne de conduite.

L’état de droit ne se décrète pas. Et ce n’est pas  un slogan.  Il est un ensemble de comportements et d’attitudes qu’on doit adopter dans un espace démocratique et républicain.

Le respect de la hiérarchie des normes et la rigueur dans l’application de leurs effets est un gage de bonne gouvernance.

Or, dès que vous avez le pouvoir, vous foulez aux pieds la constitution. Vous n’agissez que selon vos désidératas partisans ou claniques. Vous vous comportez en véritable despotes aveuglés par l’ivresse du pouvoir. Lorsque l’on met en lumière vos dérives, vous vous positionnez aussitôt en victimes prêtes à des règlements de compte.

Retenons que la tenue d’une élection à date n’est pas gage de démocratie; c’est tout le processus holistique qu’il faudrait prendre en compte pour émettre un jugement de valeur circonstancié. Dans le cas d’espèce à venir, la porte est grande ouverte à des crises post-électorales à profusion. Chacun trouvera un prétexte “comme d’habitude” pour rendre le pays ingouvernable et le peuple n’aura que ses yeux pour pleurer “comme d’habitude”.

De même, certains partis investissent, lors de leur congrès, des personnalités  à la moralité douteuse sur lesquelles planent le glaive de la Justice ou des personnalités traînant derrière elles des casseroles sales qui mériteraient d’être lavées avant de s’engager dans le combat. Tous recherchent un abri, une ombre pour se protéger et non pour agir pour le bien du peuple. Par  provocation assurément, ces politicards manipulateurs prennent les risques de l’invalidation de leur candidature par l’organe technique ou les sages juges. Ils auront ainsi une raison fallacieuse de crier au complot et de tenter d’installer le désordre …

Le KNK aussi a eu ses moments de doutes et de tensions durant cette mandature qui s’achève. Le navire battant pavillon KNK a tangué au gré des vagues mais quelques membres courageux ont su maintenir le cap au prix d’énormes sacrifices, pendant que d’autres cadres cherchaient à manger ailleurs. Il est venu le temps de faire confiance à ces personnalités qui ont, dans leurs convictions, dépasser les querelles intestines pour la survie du parti. Ouvrières et ouvriers, le temps n’est plus aux manipulations et intrigues. Ne soyez plus naïfs. Exigez des membres du bureau politique l’octroi de plus de responsabilité à la jeunesse ouvrière décomplexée.  

Le RDC devrait aussi donner la chance aux jeunes cadres de ce parti afin qu’ils puissent faire leurs preuves. Ce n’est pas en surfant sur la renommée conjoncturelle d’une personnalité qui semble être la solution possible du moment que ce parti renaitra de ses cendres. Pour espérer faire bonne figure aux prochaines élections à venir, un bon management des ressources humaines au sein du RDC, fondé sur la loyauté et le mérite serait une solution idoine envisageable. Il n’est pas encore tard…

Aussi le MCU devrait mettre de l’ordre et de la discipline dans ses troupes et ne pas laisser la passion  détruire la raison. Nous sommes tous des centrafricains. Même après ces élections, nous serions toujours ensemble sur cette aire  géographique. Nous devons tous militer dans le strict respect du droit positif et tout l’honneur nous reviendra, ainsi qu’à notre pays sans oublier chacun des leaders potentiels.

Le MLPC quant à lui, devrait compter sur la capitalisation de son expérience des joutes électorales gagnées, quelques années plus tôt, grâce à une organisation solide des instances dirigeantes jusqu’aux militants de base… Un large rassemblement et une mobilisation générale de tous vous conduiront à  la victoire finale.

En tant que  challenger, l’URCA ne doit pas dormir sur ses lauriers des élections dernières.  Les élections se suivent mais ne se ressemblent pas. La mise en place d’une nouvelle stratégie de conquête du pouvoir doit être élaborée tout en tenant compte des manquements  du passé.

L’UNDP a brillé par son mutisme assourdissant malgré sa “réputation” grandissante. Maltraitée, manipulée, le pouvoir a eu raison de sa force. Elle est affaiblie mais demeure populaire malgré la cicatrice de la division soutenue par une frange de dirigeants ayant peur de mourir par inanition à l’absence de leur président fondateur. Ce mouvement ne gagnerait en puissance que si les militants et les dirigeants s’accordent une unité implacable pour s’inscrire dans cette course à la présidentielle et aux législatives. Les moyens d’y parvenir dépendent de l’autorité du président fondateur de ce parti et des stratégies à mettre en œuvre pour une large ouverture. La tâche est difficile ; l’efficacité est vaine.

Pour ce qui est du RPR « candidater » pour faire de la figuration  ne vaut pas la chandelle. En tant qu’acteur de la vie politique centrafricaine, vous êtes déjà entendus sur la place. Mais vous devez encore étoffer votre voilure avec des femmes et des hommes convaincus, capables de relever le défi d’une élection et de défendre un programme bien élaboré. Vous éviterez ainsi d’attirer dans votre sein; des parasites, des traitres de tout genre et des « chercher à manger » qui pullulent çà et là.

Ce message est également adressé aux mouvements politiques satellites qui foisonnent le landernau politique centrafricain.

La mutation générationnelle tant souhaitée n’aura de sens que si vraiment l’intérêt général naisse et se développe dans la conscience des aînés ou des mentors visionnaires putatifs. Ils laisseraient ainsi leur place aux jeunes et futurs leaders tant attendus dans une saine continuité démocratique. La tendance n’est pas au changement, vu la tournure des choses qui repose sur le maintien des caciques et des “ex”…  Nous ne sommes pas encore à la fin de notre souffrance due à la mal gouvernance.

Aussi, nous sommes tous coupables et naïfs de donner les clés de notre maison commune au premier bonimenteur ou manipulateur qui se présente à nous.  Alors chers compatriotes, agissons en peuple responsable pour déléguer nos pouvoirs de représentation à des femmes et hommes capables de regarder dans le rétroviseur de l’intérêt général : Servir et non se servir.

Fernand Paul SADAM

Un citoyen de la République

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