RCA: KAMOUN peut-il s’en sortir ?

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Par Wandakpando

La République Centrafricaine est en crise. Il faut commencer par se le rappeler, avant de pouvoir dire si le premier ministre KAMOUN peut tirer son épingle d’un jeu qui devient chaque jour alambiqué. Mettant à part la manifestation du week-end dernier, destinée à soutenir les actions de Catherine Samba-Panza, ce qui est certainement une erreur qu’il ne fallait pas commettre, car rappelant les méthodes de BOZIZE,  on note bien qu’il y a plus de réactions qui sont défavorables à la désignation de l’actuel locataire de la primature.

Dans ce cas, faut-il basculer dans du fatalisme, dans l’incertain, comme agissant par pur suicide? La République Centrafricaine peut-elle, au stade actuel,  se payer le luxe de sombrer dans un scepticisme politique désespérant et donc  s’abandonner à la merci du premier venu, qui, seul Dieu le sait, aura alors le loisir de lui fixer un sort qui, il se peut, n’est pas nécessairement porteur d’espoir? La crise que ce pays traverse actuellement n’est-il pas en fin de compte, le produit d’une politique qui a consisté à se laisser entièrement guider par les voisins qui, grâce à leur main mise ont fabriqué des mercenaires qu’ils ont lâchés aux trousses des centrafricains? On paie là, on supporte là, on subit là le prix de l’entrée des soldats et des rebelles tchadiens et soudanais dans les structures de sécurité de la RCA, politique niaisement pratiquée par PATASSE et BOZIZE de 1996 à à ce jour, en passant par l’année 2003.

Pour sortir de l’impasse, le gouvernement de KAMOUN devra s’atteler à l’essentiel, c’est-à-dire, au rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire de la République Centrafricaine. Son cheval de bataille est l’application immédiate des résolutions 2121 et 2127 des Nations Unies que tout le monde a soigneusement contournées jusqu’à ce jour. Il devra surtout briser un autre mythe, celui des Forces Armées Centrafricaines ( FACA), dont la mise en quarantaine ôte toute souveraineté au pays dont il est le premier ministre. Même en reconnaissant qu’il existe de sérieux problèmes de gestion et de structure dans cette armée, il y a lieu de souligner que ce cas  n’a rien de métaphysique et qui soit impossible à résoudre. La mise à contribution des FACA, encadrées par les troupes internationales est la condition et l’unique condition de succès de la mission confiée par Catherine Samba-Panza à son nouveau premier ministre. La sécurité et la libre circulation rétablies, l’application des autres aspects de la feuille de route de la transition devient possible.

Du coup, le sursaut patriotique dont on parle devrait consister à mobiliser et les forces de défense et les populations civiles, dans une synergie sécuritaire nationale, en vue de contraindre tous les bandits armés qui écument une importante partie du territoire centrafricain à s’en aller. C’est uniquement de ce dossier qu’il s’agit et,  en réalité, MAHAMAT KAMOUN n’a pas le choix. S’il parvient à franchir le pas de la sécurité, c’est l’ensemble des critiques qui lui pleuvent dessus qui s’écroulera.

Il reste donc à savoir comment réussir à contourner tous les blocages qui ont durant plusieurs mois, empêché l’application des résolutions onusiennes qui visent pourtant clairement le retour de la paix en RCA. A l’opposé, si sur ce point, le nouveau premier ministre ne brise pas la glace, il ne devra même pas s’étonner d’avoir à gérer une insécurité poussée à l’excès. Les mains qui travaillent dans l’ombre n’auront plus qu’à actionner leurs leviers maléfiques  secrets pour que les actions de terreur reprennent. La suite est facile à deviner. Aussi, n’importe quel autre personnage nommé premier ministre dans le contexte actuel de la RCA, est obligé d’affronter en première ligne la question de la sécurité et des intrigues qui l’entourent.

Alors, une seule et une seule question est à poser: Monsieur MAHAMAT KAMOUN aura-t-il le courage de franchir le pas? C’est ici et c’est ici seulement que son destin et peut-être aussi celui de Catherine Samba-Panza va se jouer.

Wandakpando
Quotidien L’agora

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