CONSPIRATEURS ET CRIMINELS POLITICO-MAFIEUX AU CŒUR DU POUVOIR EN CENTRAFRIQUE

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Si l’on posait aujourd’hui à tous les Centrafricains, la question de savoir ce qu’il y’ a de commun, entre Catherine Samba-Panza, Alexandre Ferdinand Nguendet et Mahamat Kamoun, les trois principales autorités chargées de conduire la transition en Centrafrique, que nous répondraient-ils ? Très certainement, beaucoup diront que les intéressés sont tous, c’est normal et indiscutable, de nationalité centrafricaine, et qu’en partage également, ils possèdent en plus la RCA. Mais quelles que puissent être les réponses qui seront données, beaucoup de personnes qui suivent régulièrement les actualités centrafricaines, ne manqueront pas de pointer du doigt l’appartenance, ou du moins les connivences entre ces trois personnalités, et la nébuleuse criminelle et politico-mafieuse qu’est la Séléka. Et ils n’ont pas tort.

Catherine Samba-Panza, pour sa part, ne s’en cache même plus. D’ailleurs à ce sujet, le mardi 26 août dernier sur les ondes de RFI, dans une rhétorique emprunte d’un cynisme effarant et d’une immaturité politique criante, Clément-Anicet Guiama Massogo – démis depuis lors de ses fonctions de porte-parole de la présidence -, s’était laissé aller à ses épanchements publics, au sujet de la toute dernière visite rendue à Djotodia, Grand Maître Sorcier Vaudou en exil doré au Bénin, et redoutable Gourou Intime de la Présidente Centrafricaine,.

Alexandre Ferdinand Nguendet, quant à lui, doit tout de sa situation actuelle à Djotodia et à la Séléka. Souvenons-nous, qu’à l’époque, pour propulser son « parent » au perchoir, Djotodia – dont la propre désignation en tant que Président de la République était plus ou moins liée à cette élection des membres du bureau du CNT -, n’avait pas hésité, à user de toute son influence et surtout, à corrompre la plupart des conseillers nationaux acquis à la Séléka, en faisant remettre à chacun, des enveloppes ventripotentes et pleines à craquer de billets de CFA.

S’agissant de Mahamat Kamoun, on sait le rôle qu’il a joué avant l’arrivée de la Sélaka au pouvoir, et ensuite, sa proximité avec Djotodia qui avait fait de lui son Directeur de Cabinet. Pour nommer Mahamat Kamoun, Premier ministre, il avait fallu l’aval de Djotodia. Dernièrement encore, juste avant la désignation des membres du gouvernement, Catherine Samba-Panza elle-même, en évoquant les critères qui ont justifié son choix, s’est oubliée à dire que Mahamat Kamoun, était la seule personne à pouvoir permettre au fil du dialogue de se renouer avec Idriss Deby, dont on connaît l’influence sur la Séléka. Bref.

Aujourd’hui, il faut le dire clairement et nettement, la RCA est bel et bien sous l’influence absolue, pour ne pas dire est totalement dirigée par la Séléka. Et ce ne sont pas les dénégations entendues çà et là, ou encore les petites querelles de clocher, concernant le partage des gâteaux entre les Séléka qui devraient distraire le peuple. Il ne faudrait pas se voiler la face. Tous les soi-disant conflits ou désaccords actuels entre Séléka et la présidence ou le gouvernement, sont des écrans de fumée, des linges sales de Séléka, qui finissent toujours par se laver entre Séléka.

Qu’on veuille l’admettre ou pas, jusqu’au cœur du pouvoir, à l’intérieur même du gouvernement actuel, les conspirations et les petits arrangements politico-mafieux se poursuivent. Nous avons signalé il y’a deux jours (le 26/08/2014), sur cette plateforme, tout ce qui se passe et se trame au KM5 avec le Général Achaffi. Encore, une fois de plus, nous voulons apporter aujourd’hui certaines informations et précisions, dans le but d’attirer l’attention de toutes nos autorités, en prenant à témoins l’ensemble de nos concitoyens Centrafricains, en ce qui concerne l’implication personnelle de Mahamat Taïb Yacoub, l’actuel Ministre Délégué à l’élevage, dans le blocus du KM5.

En effet, ancien commerçant avant l’arrivée de Djotodia au pouvoir, Mahamat Taïb Yacoub, qui avait ouvert une entreprise fictive de transit, s’occupait en fait de dédouanement des véhicules appartenant à des réseaux identifiés pour la plupart. Mais le plus clair de son temps à cette époque, consistait à faire entrer des ressortissants tchadiens et nigérians à Bangui, et à s’occuper de leur fournir des papiers administratifs moyennant rémunération. En 2011, il porta sa candidature à la députation et ne réussit guère à se faire élire. Sous l’ère Djotodia, ce fut au cabinet du Premier Ministre Tiangaye, qu’il va alors se retrouver. Profitant de sa situation, notre ci-devant Ministre Délégué à l’élevage, avait trouvé l’occasion de développer largement et faire fructifier suffisamment ses activités de soit-disant « transitaire ». Dans ce cadre, il a surtout pu bénéficier de l’aide personnelle et de l’appui inconditionnel, de Rachelle Ngakola, épouse Kamoun, qui ne lui faisait payer que dalle au titre de ses dédouanements. Mieux, Mahamat Taïb Yacoub, allait être intégré dans la fonction publique par décret présidentiel de Djotodia au grade d’Inspecteur des douanes.  Au lendemain de la démission de son protecteur, et compte tenu de la « chasse aux sorcières» que les Antibalaka avaient déclenché contre tous les vrais ou supposés Séléka, Mahamat Taïb Yacoub, a préféré trouver refuge sur les terres du nord de la Centrafrique. C’est dans cette zone que Nourredine va le retrouver. Leurs amitiés et relations vont alors se resserrer davantage. Dès lors, les deux chefs rebelles, vont commencer à sillonner ensemble plusieurs pays principalement arabes et situés dans tous les endroits de la planète où ils ont pu se rendre, sans grande difficulté. Leur argument bien rodé, consistait à faire valoir et croire, qu’il se déroulait en Centrafrique, une grande guerre confessionnelle, déclenchée par les chrétiens contre la minorité musulmane dans ce pays. Et pour leur permettre de se préparer à lancer le djihad, il leur fallait absolument obtenir des aides financières destinées à leur organisation. Ainsi, ils réussirent à collecter des sommes colossales d’argent, auprès des pays contactés, mais aussi des Centrafricains de confession musulmane de la diaspora. Grâce à cet argent, la Séléka est aujourd’hui surarmée et continue de recruter et de préparer la guerre de partition. Pour la petite histoire, Mahamat Taïb Yacoub et Nourredine, furent une fois expulsés de la Turquie, où ils s’étaient rendus dans le but de commander d’importants stocks d’armes et de munitions. Le Tchad de son côté les avaient également mis hors de ses frontières, pour détention d’armes de guerre. Enfin, il convient de préciser, que Mahamat Taïb Yacoub, s’occupait jusqu’aux dernières nouvelles – et avant son éviction par Nourredine pour sa participation au forum de Brazzaville – des finances et de la logistique militaire de la Seleka, et c’est à ce titre qu’il joue un grand rôle auprès de l’état-major militaire installé au KM5 et dont l’organisation est la suivante :

CHEF D’ETAT MAJOR DU KM 5: Général Achaffi. C’est lui, l’homme qui aurait dirigé l’opération ayant abouti au carnage de Fatima, en date du 28 mai 2014, et qui organise toutes les résistances et manifestations visant à maintenir le KM5 hors du contrôle des troupes internationles.

CHEF D’ETAT MAJOR ADJOINT : Fadoul. Il est  commerçant et dirige le groupement des commerçants tchadiens du km 5. Il règne en maître dans toute la partie occupée par les Sélekas et n’hésite pas à exécuter sommairement toutes les personnes qui ne partagent pas sa vision et ses points de vue, quant à l’utilisation des moyens radicaux qu’il suggère, pour en finir une fois pour toute, dit-il, avec la crise centrafricaine.

Tidjani et Haroun Gaye : Ils sont les poches lieutenants de Fadoul, chargés des opérations secrètes. Ils font régner la terreur dans la zone du km5 qu’ils occupent et imposent une dictature sans merci. On leur prête la mort intervenue il y’a environ un mois, d’un ressortissant Camerounais. Entre le bar ABC et le restaurant « beau séjour », prenez garde de passer par là, car ici règne une zone de non droit, où non seulement ces deux énergumènes ont cru devoir imposer l’enseignement du « coran » de la partition, mais ils abattent aussi froidement, tout récalcitrant aux règles qu’ils imposent. Fadoul, Tidjiani et Haroun ont eux-aussi fait partie du commando qui avait donné l’assaut mortel à l’église de Fatima.

Pourquoi et comment, ces chefs rebelles tchadiens et soudanais, semblent  jusqu’ici non seulement très bien protégés, mais surtout pas dénoncés ? Il règne sur ce point un mystère à élucider. Apparemment Achaffi, Fadoul, Tidjiani et Haroun seraient bien connus des services de renseignements militaires des troupes étrangères stationnées à Bangui, qui les « entretiendraient » dans l’espoir de les transférer plus tard à la CPI. Mais dans la nuit du 19 au 20 août dernier, des militaires de la mission de sécurisation de l’Eufor RCA qui  patrouillaient dans un quartier du 3e arrondissement ont été attaqués par des individus en possession d’armes légères. Les combats ont fait plusieurs victimes de part et d’autre. Les forces internationales auraient-ils pris la mesure du danger ? A ce qu’il semble, l’objectif de Sangaris et de l’Eufor serait aujourd’hui d’en découdre avec ces mercenaires lourdement armés du KM5. Mais il faudrait au préalable l’autorisation de Samba-Panza, laquelle tarde à venir. Par ailleurs, le collectif des musulmans du KM5, certainement de bonne foi, craint le désarmement de la zone, ce qui aurait pour conséquence de livrer les habitants de ces quartiers aux exactions des Antibalaka.

En attendant, le Centrafricain lambda a le droit de se poser des questions. A-t-on vraiment jamais entrepris très sérieusement de désamorcer cette poudrière en pleine capitale ? A-t-on seulement une petite idée de ce que représente la ville fortifiée du KM5 ? Qu’attendent ceux qui ont à charge de veiller à la sécurité des populations ? Qu’on se le dise, tôt ou tard, la moindre déflagration de cet « EBOLA» de feu, dans une capitale sans un minimum d’infrastructures sanitaires, risquera de transformer purement et simplement le KM5 en un vaste cimetière de NDRES. Faudrait-il attendre qu’on en arrive à cela ? Souvenons-nous, des pires cauchemars qu’ont vécus nos voisins Congolais, suite à l’explosion de la poudrière de Mpila à Brazza. N’allons pas chercher plus loin. C’est à Bangui que se vit la véritable partition, au nez et à la barbe – pardon aux cheveux – de Samba-Panza. Et comme d’habitude, on se réveillera un beau matin pour décréter 8 jours de deuil et tenir, avec un semblant d’émotion, des discours aux morts, organiser des messes à la mémoire des défunts, et prononcer toutes sortes d’oraisons funèbres. Ce serait alors trop tard. Je l’ai déjà dit et répété, IL N’ Y AURA JAMAIS DE PAIX EN RCA SANS VAINQUEURS NI VAINCUS. Et la SELEKA aujourd’hui ne se porte que trop bien.

Par ailleurs, dans un article titré « JE MENS DONC JE GOUVERNE », j’écrivais ces lignes :

« Comment vous prendre au sérieux, Madame la Présidente, quand le 30 mai 2014 vous annoncez : Je prendrais toutes les dispositions pour que le désarmement tant demandé se fasse partout y compris dans les  3ème et 5ème arrondissements de Bangui, afin de permettre une libre circulation et un meilleur contrôle de tous les quartiers de Bangui. Aussitôt, les jeunes de Lakouanga et des autres quartiers vous ont applaudie et se sont mis à balayer et à mettre de l’ordre dans les endroits qui ont souffert après leur marche de la veille. Le 31 mai 2014, des étrangers auxquels se sont joints certains Centrafricains musulmans, conscients d’entretenir  depuis des décennies au km5 plus qu’une poudrière digne d’une armée nationale, lancent envers vous des menaces claires. Et voilà que le 1er juin 2014, profitant d’une visite aux rescapés du carnage de Fatima, vous faites preuve de rien moins qu’une reculade ahurissante en ces termes «le désarmement ne se fera pas dans le désordre. Il faut que ce soit organisé avec la Misca, Sangaris et les forces de défense intérieure pour mettre en place un programme qui en même temps protège les populations. Il n’est pas question d’arriver, de boucler les 3e et 5e arrondissements, de désarmer et de laisser les populations à la merci de ceux qui voudraient venir les attaquer». Autant dire qu’il faut demander aux uns et aux autres leur permission et à quelles conditions ils veulent être désarmés. Dans un passé récent, les choses s’étaient passées avec fermeté et dureté, quand il s’était agi de faire rendre gorge aux habitants des quartiers Boy-Rabe, Gobongo, Fouh.

Madame la Présidente Samba-Panza, Chef suprême des armées, comment lutte-t-on contre ce que vous vous plaisez à appeler la « guérilla urbaine » ? Depuis combien de temps vous nous lassez avec des rengaines du genre « nos Forces Armées Centrafricaines pour lesquelles les discussions sont bien avancées avec la communauté internationale qui commence à comprendre nos préoccupations »? Vous-entendez-vous parler, quand vous dites aux oreilles des Centrafricains ces mots qui sonnent faux de « ma ferme détermination à ne reculer devant rien pour défendre mon pays »? Souvenez-vous, qu’à « vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

QUE DE SANG, DES LARMES ET DOULEURS. Ô PEUPLE POUR TOI, J’ACCUSE !

Guy José KOSSA
GJK – L’Élève Certifié
De l’École Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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1 COMMENTAIRE

  1. Je viens de découvrir cet article et cela correspond aux différentes recherches que je suis en train de faire sur les réseaux du KM5 de Bangui. Ces messieurs Gaye et Tidjani ne semblent pas être clair.

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