L’ŒIL DE L’HISTOIRE : L’UDEAC LA FRINGANTE

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Et voici !

Trônant toujours majestueusement dans un coin de cette avenue dédiée aux Martyrs, les bâtiments de l’ex-l’UDEAC, de nos jours, ressemblent plutôt, aux reliques d’un passé précieux et glorieux que l’on tient à garder soigneusement. Un passé où l’équation personnelle d’un Chef d’Etat centrafricain – Jean Bedel BOKASSA pour le nommer- avait beaucoup joué et contribué à rehausser l’image et le prestige de notre pays.

Mais quelques repères historiques tout d’abord nous édifieraient.

Sous la colonisation, l’Oubangui-Chari, le Congo, le Gabon et le Tchad étaient déjà regroupés au sein d’une entité géo-économique intégrée, dénommée Afrique Equatoriale Française (AEF). Á la veille des indépendances, le 29 juin 1959, ces pays créent l’Union Douanière Equatoriale (UDE), à laquelle se joindra le Cameroun en janvier 1962. C’est le 8 Décembre 1964, que les Chefs d’Etat des cinq pays réunis à Brazzaville signeront le Traité instituant l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC), dans le but de développer les échanges et d’intégrer les économies de la sous-région. La République de Guinée Equatoriale adhère à l’UDEAC en janvier 1984. L’Union qui constitue un espace économique de 3 millions de km2 et 28 millions d’habitants, a fonctionné sans interruption jusqu’en février 1998, avec au final un bilan mitigé de toutes ses actions. Le 16 mars 1994 à N’djamena, ce fut la signature du traité instituant une nouvelle organisation avec un rôle renforcé, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui englobe l’Union monétaire (BEAC). Son but est d’harmoniser le cadre juridique et économique pour relancer l’investissement et réaliser à terme un marché commun en Afrique centrale. La CEMAC a été lancée officiellement le 25 juin 1999, avec la nomination des responsables et l’adoption d’un plan d’action dit “déclaration de Malabo”.

Statutairement fixé à Bangui depuis la création de l’UDEAC, le siège de l’institution, pour défaut de sécurité, sera dès 2013 transplanté de fait à Malabo en Guinée équatoriale. Une situation que le président Idriss Deby du Tchad alors président en exercice de la CEMAC, a « régularisé » par une décision formelle de délocalisation prise le 19 février 2018.

Quelle frustration pour les Centrafricains !

Et « si elle avait été une mère, de chair et de sang, la RCA aurait sans doute mal, très mal à ses entrailles, exactement comme une génitrice peut souffrir pour l’enfant qu’elle a porté dans son sein ».

Car si nous sommes tous les enfants de Centrafrique notre mère patrie,  l’UDEAC est une fille de la RCA ! Ensemble avec l’UDEAC nous sommes nés,  ensemble nous avons grandi ! Et quand je dis « nous », je veux parler de la génération des quinquagénaires et autres sexagénaires actuellement  aux affaires en RCA, une génération qui a échoué à défendre et conserver jalousement à Bangui le siège de l’ex –UDEAC.  Hélas !

En définitive, l’on se demande à juste si la RCA fait encore partie de cette Communauté d’Afrique Centrale.  Et si oui, de quel poids le Président centrafricain pèse-t-il. Touadera arrive –t-il vraiment  à se faire encore entendre et respecter par ses homologues?

Nés et grandis avec l’UDEAC, nous sommes  vraiment  « morts » avec la CEMAC !

GJK-Guy José KOSSA

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