LES PAGES AGRICOLES: UN TRACTEUR SANS CARBURANT

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Par Touaden DOGO-NENDJE

Cher lecteur,

Je suis toujours confronté à la même réflexion : quel sujet abordé avec vous compte tenu de l’abondance des thèmes, les uns aussi importants que les autres. Si je suis flatté par votre adhésion au précédent article, je reviendrai sur une problématique évoquée par un lecteur. Il s’agit du financement de l’agriculture. En effet c’est une question cruciale, quel que soit le secteur d’activité et à fortiori l’agriculture. Car vous vous en souviendrez, les dirigeants ont relégué cette activité en seconde zone. Ironie du sort ou conséquence logique, la grogne déstabilisatrice vient toujours des zones rurales. En effet on ne peut que récolter ce que l’on a semé.  Je me saisis  de cette thématique car elle donne aussi l’occasion de faire un déblayage et mettre à plat certaines idées reçues.

Primo qu’entendons-nous par agriculture ? C’est « l’ensemble des travaux sur le milieu naturel (pas seulement terrestre) permettant de cultiver et prélever des êtres vivants (végétaux, animaux, voire champignons ou microbes) utiles à l’être humain » (Wikipédia). Cette définition n’est pas la seule et surement pas la meilleure, mais elle a le mérite de reprendre les mots essentiels. Vous relèverez qu’il y a l’aspect travail dans cette définition. Ceci pour enterrer définitivement l’idée selon laquelle qu’au pays de DEMETER il suffit d’acquérir un terrain en friche, attendre ou encore déféquer des végétaux non digérés pour avoir une production abondante et par conséquent une agriculture productive. Et pour aller plus loin, quand même la production étant là, faudrait-il la commercialiser, une tomate mature ne pourrait se prélasser deux (2) jours à 28 °C et encore moins lorsqu’elle est malmenée par les transports, avant d’être consommée. La production agricole sous-entend donc pour l’agriculteur, comme pour n’importe quel entrepreneur, une réflexion en amont sur les débouchés, la logistique et le financement et les risques liés cette activité.

Le lecteur estime pour sa part que « la mise en valeur pensée et réfléchie de nos ressources naturelles générerait du cash et aurait un effet d’entraînement sur tout le reste de l’économie ». Je partage entièrement cet avis, cependant si 10 % de cette pensée était mise en application on n’en serait justement pas aux balbutiements d’un semblant de début de développement. D’ailleurs tout comme l’engagement pris à Maputo (Mozambique) en 2003, de consacrer au moins 10% du budget national au secteur agricole. On est plus dans des annonces que dans une véritable volonté.

Au-delà de l’aspect économique et la noble fonction de nourrir les humains, l’agriculture en remplit beaucoup d’autres notamment en matière d’aménagement du territoire, d’entretien de l’espace, de maintien des populations en zone rurale, etc. Ces aspects positifs n’étant plus à démontrer, et face à la démission de l’état vis-à-vis de sa fonction régalienne d’assurer la sécurité alimentaire de la population, je pense qu’une solution viendrait du secteur privé. En effet la RCA dispose des solutions proposées par les cadres de très haute qualité du département de l’agriculture. Evidemment toutes croupissent sous le poids de la poussière en attendant les décaissements nationaux, tels des tracteurs attendant d’être approvisionner en carburant.

J’aborderais la question de l’apport déterminant que peut avoir le secteur privé et corollairement la place que chaque entrepreneur agricole peut prendre.

Enfin j’attends toujours et encore vos sujets de préoccupations afin de les aborder ensemble

Touaden DOGO-NENDJE

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