ENFIN MECKASSOUA!

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Par GJK

Enfin Meckassoua crève l’abcès et ses incriminateurs semblent tous bégayer!

Que ne nous avait-on donc pas annoncé ! Que n’entend-on donc pas débiter dès lors qu’il s’agit de Karim Meckassoua, Député de la Nation et actuel Président de l’Assemblée Nationale centrafricaine : subversif dangereux ; inspirateur de coups foireux ; mystificateur patelin ; calculateur froid ; usurpateur de fière allure ; corrupteur impénitent ; manipulateur invétéré ; collaborateur des services secrets ; familier des salons feutrés français ; adepte des réseaux politico-mafieux ; ami des palais africains ; proche des dictateurs bien établis. J’en passe et des meilleurs ! Mais aussi des pires, des absurdes, des sordides, des fétides, des insipides, des abracadabrantesques, des drôles, des vertes et des pas mures, des inodores et sans saveur, des inouïs, des insolites et des abjectes. Que sais-je encore ! Tout et leur contraire à la fois.

Meckassoua ! Un nom qui affole les esprits chagrins, paralyse les préjugés inavouables, étreint des sentiments contrastés, et provoque des prurits douloureux. Un nom qui en dépit de tout, dérange à la ronde et impose des lubies. Surtout à tous ces casse-cous et monstres cuirassés de la sulfureuse mare aux étrangetés politico-politiciennes du Centrafrique.
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Meckassoua !
Jamais patronyme centrafricain n’aura soulevé autant de controverses mâtinées de luttes fratricides, d’empoignades politico-judiciaires, de querelles inutiles, le tout bercées de peurs et nourries de délations :
« … quand le tonnerre gronde, c’est Meckassoua ; un chien aboie, on crie « Meckassoua » ; n’importe qui commet un crime, on se dépêche de dire « Meckassoua est derrière » ; le voleur vole et va crier lui-même « c’est Meckassoua » ; on fait mal son travail ou on remplit mal sa mission, c’est encore la faute à Meckassoua… » (1)

Faux ou pas faux ? Vrai ou pas vrai. ? Faux-vrai ? Vrai-faux ?
Mais au fait, que dit Karim de Meckassoua, et que pense Meckassoua de Karim ?

« Jusqu’à présent, j’ai gardé le silence. Non pas par faiblesse d’esprit, chers compatriotes, croyez-le bien. Mais parce que je crois dans les vertus du dialogue ». (1)

Et nous y voilà ! Le fameux silence de Meckassoua. Un silence avec lequel l’homme d’état n’a fait que trop jouer à temps, et surjouer à contretemps. Un silence dont il n’a cessé d’user et d’abuser, envers et contre tous. Un silence devenu la marque de fabrique KM, la caractéristique majeure de l’individualité du politicien et une légende à sa propre gloire. On aurait dit à vrai dire, que laisser dire et médire de lui sans jamais rien dire pour ainsi dire, revigorerait Meckassoua et lui redonnerait toute l’énergie nécessaire à son combat politique. Se délecterait-il d’entendre prospérer des rumeurs sur son compte, et les rancœurs s’accumuler contre sa personne ? Sacré masochisme !

Mais KM le sait mieux que quiconque, la politique n’est pas un long fleuve tranquille. Il s’agit ici d’un sport de combat. Peut-être même le plus violent qui soit. À l’épreuve et à terme, toute force silencieuse finit silencieusement par devenir une faiblesse fatale, par apparaître comme le talon d’Achille de « l’adversaire ou simplement du concurrent politique à abattre ».

Par conséquent, « … il faut à un moment ou à un autre, crever l’abcès pour permettre à la plaie de se cicatriser… ». (1)

On a simplement envie de s’exclamer : enfin !
Meckassoua va parler et « il n’est point besoin d’être d’une perversité sans limites pour en saliver d’avance » lorsqu’il lance d’office :

« Aujourd’hui, j’ai décidé de rompre ce silence et de me libérer de la retenue que j’ai observée jusqu’à présent. Non pas pour attaquer quiconque ! Non pas pour répondre à mes détracteurs ou à ceux qui ont choisi de voir en moi leur ennemi. Non ! Je romps le silence pour m’adresser aux Centrafricains. » (1)

Diantre que n’y a-t-il donc pensé plus tôt ! On va désormais bien s’amuser ! Et peut-être vivre un avant-goût et les moments les plus palpitants d’un vrai dialogue entre les institutions que les Centrafricains appellent de leurs vœux, et espèrent depuis plus de deux ans :

Tenez !

Que suggèrent les propos de Karim Meckassoua lorsqu’il dit : « Le chef de l’Etat lui-même, peut témoigner de mes efforts inlassables pour que s’établissent entre nous et entre nos institutions des relations de coopération à la fois franches et loyales. Or, vous pouvez le constater vous-mêmes, même mon silence, même ma retenue, on essaie de les retourner contre moi. On vous dit : « voyez vous-mêmes, il ne se défend pas, c’est donc qu’il a bien quelque chose à se reprocher ! » (1).

A qui pense KM quand il affirme : « avez-vous vu Meckassoua recevoir des chefs Séléka, que ce soit chez lui ou dans son bureau à l’Assemblée nationale ?L’avez-vous vu les transporter, garantir leur sécurité, et même leur verser de l’argent, privé ou public ? » (1)

Qui vise le PAN quand il ajoute : « On dit qu’on en a la preuve. Mais depuis qu’on le crie sur tous les toits et sur toutes les ondes, qu’est-ce qu’on attend pour produire ces preuves devant la justice de notre pays, en laquelle j’ai toute confiance ? Et pourquoi quand moi-même je prends l’initiative de saisir la justice, au lieu d’apporter ces preuves qu’on prétend détenir, on préfère enterrer ma plainte ? » (1)

Enfin, que veut révéler Meckassoua des pratiques actuelles quand il précise : « Il n’est pas exclu que je saisisse aussi la Cour des comptes et la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance. J’exhorte les uns et les autres à ne pas faire obstacle au travail de ces institutions car la vérité sur ces pratiques doit éclater. » (1)

Le Président de l’Assemblée Nationale appartient-il à la majorité présidentielle ? Il ne cesse en tout cas de le clamer. Peut-être ne pense-t-il pas au Président de la République quand il dit tout cela. Mais quel Centrafricain devrait-il se sentir aussi vivement interpeller à travers les lignes ci-dessus ? Certainement pas moi. Vous non plus je crois.

Et ce n’est pas finit :

« Qu’a-t-on dit encore ?
Oh tant de choses, pour lesquelles d’ailleurs on veut me destituer. Une véritable armée, qui a ses généraux au sein même de l’Assemblée Nationale a été mobilisée pour faire la preuve que j’ai manqué aux devoirs de ma charge. Elle cherche encore. Quant à moi, je suis serein. » (1)

On peut imaginer aisément, que des oreilles ont dû siffler parmi les députés présents à la conférence de presse de ce vendredi 27 juillet 2018. Et pour peu qu’on veuille faire l’effort de s’en rappeler, certains de ces députés avaient même publiquement déclaré la « guerre » à Karim Meckassoua. S’il ne les a pas cités nommément, eux se seront reconnus, comme vous avez dû les reconnaître, vous aussi. Il s’agit bien sûr, de ces piètres élus de la nation, dont l’intelligence crasse ne se limite qu’à nouer des intrigues au lieu de discuter des textes de loi, et la hardiesse ne se déploie qu’en l’absence d’un redoutable adversaire ; des députés qui n’ont le courage que de vouloir renverser un Président de l’Assemblée Nationale, évacué sanitairement et en soins à l’étranger. Chiche !

En définitive, face aux professionnels de la presse et des médias, Karim Meckassoua, prenant prétexte d’introduire les échanges, aura profité de l’occasion, pour remettre une fois pour toute les pendules à l’heure. Des propos liminaires sans concessions, secoués de bout en bout par des convulsions de rage longtemps contenue.

Paradoxalement, plus d’une semaine après sa sortie tonitruante et inhabituelle, on a tous comme l’impression, que les incriminateurs et nombreux détracteurs du Président de l’Assemblée Nationale ont perdu la langue. Ils semblent ainsi bégayer et tourner en rond, et tentent vainement d’ouvrir la bouche, sans qu’aucun son n’en sorte.

Le silence aurait-il changé de camp ? Sinon, osons espérer au minimum, voir apparaître bientôt sur les réseaux sociaux – comme c’est la formule actuelle -, un communiqué de presse dont le texte est peut-être à l’étude. Il viendra ainsi combler le vide et servir de réponse à un Karim Meckassoua qui n’a cette fois-ci, fait mystère et laisser le doute planer sur ses intentions et sa ferme détermination:

« Quoiqu’il en soit, sachez que je reste et resterai debout, parce que ce en quoi je crois et pour lequel je travaille est plus grand : c’est notre cher pays, la République Centrafricaine ; c’est notre Assemblée Nationale et la voix du peuple qu’elle représente ; c’est notre vivre ensemble qui est le bien le plus précieux de notre pays; et, pour tout dire, c’est le bonheur de chaque centrafricain. Pour cela, je continuerai à me battre. Me battre, oui ! mais certainement pas avec les armes de la violence et de la calomnie. Je continuerai à me battre avec les armes républicaines de la légalité, de la justice et de la confiance que j’ai en les centrafricains. » Dixit KM. (1)

Alors, au lieu de laisser les Centrafricains sur leur soif et les obliger à se perdre en conjectures, vivement la voix officielle autorisée , qui viendra donner la réplique attendue, et à la hauteur de la déclaration que l’on aura lue avec plaisir etgourmandise.

GJK-Guy José KOSSA

(1) KM propos liminaires conférence de presse du 27-07-2018 :
http://lavoixdessansoix.com/les-dures-verites-de-meckassou…

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