DIX QUESTIONS DECALEES A SAMBA-PANZA

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A l’occasion de la visite de travail qu’elle effectue en ce moment à Paris, nous avons préparé au nom de tous nos lecteurs, un protocole d’interview, composée de dix petites questions à remettre à Mme Cathérine Samba-Panza, Première Fille-Soeur-Femme-Epouse-Mère et Maman-Présidente de la Transition Centrafricaine, Chef de l’Etat. Répondra ou ne répondra pas ?

1- Mme la Présidente, ces derniers mois, quand un compatriote ou une compatriote nous arrive tout droit de Bangui, on a tous tendance à lui poser la même première question : votre moral est-il bon? A vous voir, je ne peux me douter que vous vous portez très bien physiquement, et on ne peut que s’en réjouir. Bref, quel  est l’état d’esprit de Mme Samba Panza, à l’heure actuelle ?

2- D’après vous, Mme la Présidente, qui gouverne réellement en RCA ? La France, le Tchad, l’ONU, la CEMAC ?  Les Séléka et Anti-Balles-à-kala ? Ou alors, ces toxiques Conseillers francs-maçons Gbanziri antirépublicains, qui vous font passer pour une tribaliste? On sait, et vous le savez mieux que nous d’ailleurs, généralement, c’est celui qui paie qui commande. Or,vous n’avez rien, vous ne pouvez rien, vous ne vendez rien, vous ne payez rien…c’est très difficile non ?

3- Mme la Présidente, on vous voit pratiquement tout le temps, arborer votre plus beau sourire au-dessus de votre rire béat. Cela nous donne envie de savoir, pourquoi les autres Centrafricains en Centrafrique, ne sont pas comme vous, eux qui toujours, ont l’air si triste des individus affamés, fatigués et malades? Par ailleurs, dans ces moments de graves difficultés financières pour la RCA, ne serait-il pas mieux d’éviter de vous déplacer à chaque fois avec une délégation pléthorique, qui coûte inutilement très cher au budget du peuple?

4- A voir tous les décrets de nomination que vous avez signés en deux mois, dès qu’il y’a maintenant un poste à pourvoir, on ne peut s’empêcher de se poser cette question qui taraude tous les esprits : Est-il de saint Kouango le prochain baron, ou d’un autre coin de la Ouaka ? Alors, Madame la Présidente, les yeux dans les yeux, vous qui avez été « Leader de la société civile, Activiste des droits de l’homme et toujours auprès des populations », répondez-nous : Reconnaissez-vous le caractère népotiste de votre régime ? 

5- Madame la Présidente, dites-nous franchement: on sait que vous pensez tous les jours à la dissolution du Conseil National de la Transition (CNT), ce regroupement des ex déportés du Tchad. Aussi, on se demande, pourquoi hésitez-vous tant à franchir le Rubicon ? Qui vous fait peur, “l’agonisant” Nguendet Alexandre, ou Léa Koyassoum Doumta, qui vous a exaspérée dès les premières minutes de votre présidence ?

6- Depuis votre arrivée au pouvoir, combien « d’opposants » avez-vous reçus, et parmi eux qui ferait un bon premier Ministre pour votre transition ? Ne croyez-vous pas qu’il faut une approche nouvelle sur les questions de fond, et une autre manière de communiquer avec les secteurs organisés du corps social ? Peut-être ne faille-t-il pas éviter de faire profession d’arrogance dans un pays où les inimitiés sont lourdes et les rancunes tenaces?

7- Pourriez-vous dire clairement aux Centrafricains, Madame la Présidente, vous qui êtes juriste : est-ce que les « Accords de Libreville » sont-ils toujours applicables ? Quelle est la « loi fondamentale » qui régit actuellement la République au destin de laquelle vous présidez ?

8- Mme la Présidente, contrairement à votre prédécesseur qui ne manquait aucune occasion de marteler,- sans trop y croire – qu’il quitterait le pouvoir à la fin de la Transition, on ne vous entend pas beaucoup vous prononcer sur ce point ; sans compter que vous omettez systématiquement et consciencieusement de parler maintenant d’échéance précise de la transition dans vos discours. Que nous répondez-vous ? Et si vous le permettez, chaque matin, devant votre miroir, pensez-vous à votre prochaine candidature à la présidentielle post transition?

9- Vous avez eu un entretien avec Mr Hollande, le Président Français. J’aimerais savoir s’il vous aurait remis sa nouvelle carte, celle de la RCA, amputée de sa partie nord? De toutes les manières, vous êtes tout à fait autorisée à garder le silence sur ce sujet brûlant, car toute parole prononcée sera retenue contre vous.Tout compte fait, nous souhaitons et espérons simplement que l’histoire ne retiendra pas de vous, que vous avez été Première Dame Présidente de Transition et  Présidente de Partition.

10- Ma dernière question est toute simple Madame la Présidente: A la fin de la transition éventuellement prorogée par un ou deux mandats présidentiels démocratiques, où rêvez-vous passer votre paisible retraite bien méritée?

Merci à vous Madame la Présidente, pour cette occasion inespérée que j’ai eue de vous poser ces quelques questions. Comme vous le savez, à chacun de vos déplacements à l’étranger, apparemment bien souvent infructueux, des compatriotes de la diaspora, se bousculent pour venir vous rencontrer. Pour quelques billets d’euros, tout le monde fait l’agneau. Mais l’argent que vous distribuez à tous ces Centrafricains de l’extérieur, qui ne sont pas les plus à plaindre, ne se retournera pas un jour contre vous ? Comme disait Laurent Gbagbo, « ne confondez pas la foule et le peuple ». Méfiez-vous Madame la Présidente, comme répétait Thomas Sankara, méfiez-vous  des « hiboux aux regards gluants et des spécialistes des retournements de veste ». L’aîné Alain Lamessi, nous rappelait encore, il y’a quelques jours, ces mots terribles de Daniel Cohn-Bendit :« Pour être Président, il faut être un tueur». Personnellement, moi, je vous préviens : les officines politiques des bords de Seine, sont remplies de serpents vénéneux, « faux opposants et faux partisans » sans état d’âme, tous en attente de déploiement rapide pour n’importe quel poste à Bangui.

Enfin, que vous répondiez ou que vous ne répondiez pas à mes questions, je prends néanmoins à témoin, la République, le peuple et tous mes lecteurs.

Bonne promenade en bord de mer, Madame la Présidente et surtout, profitez de vos heures libres ici en Europe pour prendre soin de vous. Car je peux vous le rappeler, d’ici fin avril 2014, vous aurez bouclé vos 100 jours de Présidence, et la partie qui s’annonce ne sera pas de tout repos!

Maintenant, je peux circuler, “y’a plus de vin dans mon tonneau”

GJK – L’Elève Certifié
De l’Ecole Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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