LE DIABLE EST DANS LES PARTIS POLITIQUES

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Que dire de plus de ce marécage organisationnel et politique dans lequel le CENTRAFRIQUE patauge depuis l’aube de son accession à l’indépendance jusqu’à nos jours ? Tout a été dit, sassé et ressassé qu’il faut faire preuve d’une ingéniosité extraordinaire pour sortir de la réflexion, une ou plusieurs solutions capables de tirer les centrafricains de leur léthargie épidémique de gouvernance boiteuse et assassine.

Les scientifiques occidentaux, dans leur observation des phénomènes naturels, en sont arrivés à la conclusion suivante qui stipule que les mêmes causes produisent les mêmes effets, conclusion à laquelle les africains eux-mêmes adhèrent, quand bien même ils se laissent souvent aller à reproduire les mêmes gestes, pour avoir les mêmes conséquences, sans se soucier de chercher à les éviter.

Le CENTRAFRIQUE n’échappe pas à cette maladie de l’aveuglement à recréer les mêmes situations, pour aboutir aux mêmes résultats, et les coups d’État ont été et sont les résultats d’une gouvernance bancale, répétée à volonté par les uns et par les autres.

Aujourd’hui, le pays est dans l’impasse et les solutions proposées aussi bien par les uns que par les autres, ne sont à peine séparées des précédentes que par une simple feuille de papier, au point qu’on a du mal à faire la moindre distinction.

Et pendant toutes ses crises, le CENTRAFRIQUE a toujours fait appel aux conférences et aux dialogues nationaux, pour produire des résolutions qui seront emportées par le vent, aussitôt le discours de clôture de ces mascarades festives terminé. Il a eu recours à la formation des gouvernements d’union nationale composés d’oiseaux disparates et cependant de même plumage (extraordinaire paradoxe), incapables de voler dans le même sens et au même rythme.

Au moment où des rumeurs persistantes envoient aux quatre points cardinaux l’imminence d’un remaniement ministériel, on voit des hommes se réorganiser pour avoir droit à une représentativité gouvernementale. Les SELEKA reconnus aujourd’hui comme entité représentative d’une frange de la population centrafricaine ( bien qu’aucune décision gouvernementale ne soit prise pour les réhabiliter dans leur nature après leur dissolution par l’équipe défunte), tiennent librement leur congrès pour se refaire une peau neuve après tous les ravages perpétués partout dans le pays. Les ANTI-BALAKA ne s’en laissent pas compter et personne ne peut leur faire de reproche. Demain nous dira ce qu’il faut encore incorporer comme ingrédients nouveaux pour composer des groupes pouvant prétendre à leur tour, avoir une place autour de la table des « négociations » pour ne pas dire des « arrangements ».

La politique, la vraie, manque au CENTRAFRIQUE parce que les centrafricains adorent manger ce qu’ils ont toujours mangé, nous ne parlons pas bien évidemment de la nourriture centrafricaine qui n’est composée que de vraies gourmandises, mais plutôt du mode de pensée centrafricain, pour la simple raison que ces derniers ont décidé résolument de tourner le dos au réalisme, pour s’aventurer dans les manœuvres et les magouilles de toutes les dimensions et de tous les effets.

Les pays occidentaux ont traversé, eux aussi, des périodes aussi difficiles que celle que traverse le CENTRAFRIQUE aujourd’hui. A travers les épreuves subies, ils en sont arrivés à tirer des conclusions idoines, qui font la stabilité de leur régime politique.

La France doit sa stabilité grâce à ses institutions et au système politique qui reconnaît un gouvernement et une opposition, c’est pour cela que dans ce pays, nous avons la gauche et la droite, qui peuvent se disputer le pouvoir ( quand bien même de petits partis gravitent autour, pour s’agréger à certains moments, à l’une ou l’autre des deux composantes majeures).

La Grande Bretagne s’adosse sur les Travaillistes et les Conservateurs pour conduire une alternance politique nécessaire à la stabilité du pays.

Les États-Unis ont le choix entre les Démocrates et les Républicains pour être un État fort et stable.

Israël, bien que petit en superficie, est un grand État démocratique, avec le Likoud, la Kadima, et le parti Travailliste, exemple d’organisation politique qui permet de faire des coalitions, en sachant d’avance, avant les élections, qui est qui, qui va avec qui ou qui peut aller avec qui.

Et dans ces pays précités, on entend très peu sinon pas du tout parler des Généraux, des Capitaines et des Colonels, quand bien même ils seraient parmi les plus puissants et les plus efficaces du monde.

En CENTRAFRIQUE, on ne connaît même pas les partis politiques, ( même si on peut penser qu’il y en a un peu plus d’un millier) mais on connaît les hommes derrière qui on peut se ranger, tout simplement parce qu’on peut entendre l’appel qu’ils peuvent lancer en patois.

Tant qu’on n’aura pas compris que le mal centrafricain vient principalement des hommes politiques et de leur refus d’organiser réellement les partis politiques, de les faire financer régulièrement par l’État au prorata de leur représentativité nationale et de former leurs militants, on continuera éternellement avec les soubresauts politiques, avec leur cortège de gouvernements d’union nationale sans lendemain pour le pays, mais où les uns et les autres trouveront toujours l’occasion de se procurer une place à la mangeaille de luxe.

La transition offerte au CENTRAFRIQUE ne devrait pas être une opportunité pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, mais plutôt d’une équipe chargée d’une mission bien déterminée, qui n’a pas vocation à s’éterniser.

Le gouvernement de transition doit être en cela, un gouvernement de MISSION, resserré et efficace, tout simplement.

Adolphe PAKOUA

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