CENTRAFRIQUE : DES SECOUSSES POLITICO-PENITENTIAIRES

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Par Adolphe PAKOUA

Décidément, le CENTRAFRIQUE, en plus de ce qu’il est connu pour être un pays de paradoxes, est, depuis un peu plus de deux années, devenu un pays qui donne mal à la tête.

En effet, voici un pays où les choses se programment sans qu’on soit sûr que les échéances prévues soient respectées. De cette logique que nous appellerons bien une démarche illogique, la transition qui avait commencé fin 2012 et qui ne devait être qu’une parenthèse bien encadrée, s’éternise jusqu’aujourd’hui, Dieu seul sachant quelle sera la date réelle de son expiration.

Dans cette transition qui n’a rien à avoir avec un match de foot-ball ou de basket-ball où les prolongations ont une durée bien déterminée et où l’arbitre finit toujours par s’en remettre à l’évidence, on sait comment jouer avec la montre, comment jouer avec les acteurs du match en déroulement, comment jouer avec les spectateurs du moment où tout le monde peut toujours attendre la fin d’une prolongation dont la durée réelle n’est connue de personne, sauf de Dieu bien entendu.

Et dans ce théâtre où le temps n’a plus aucun rôle, les acteurs principaux du théâtre centrafricain, tous les tongbondas qu’on a connus à une certaine époque, peuvent se mettre en scène pour offrir au public médusé, la gamme des tours qu’ils ont dans leur besace.

Mais ce théâtre, qui a un autre goût, un goût des plus amers après le cataclysme qui a fait plier le pays tout entier pendant presque deux années, ne semble donner à personne l’envie de continuer à le voir dérouler ses épisodes ténébreux, ses actes et ses scènes chargés de manœuvres, de manipulations, d’entourloupettes et de tours mafieux et sorciers.

Dans ce pays où depuis bien longtemps l’autorité politique n’a plus d’autorité, personne ne s’étonne plus de voir s’asseoir derrière les bureaux dits « ministériels », des aventuriers, des brigands, des voleurs multi-récidivistes, et maintenant des violeurs de mineurs, pour la simple raison que ces postes de responsabilité politique ont depuis, perdu la respectabilité qui auraient dû être la leur, parce que des aigles sont descendus du ciel pour donner à leurs oisillons ignares, à leurs amis comploteurs et leurs admirateurs et acolytes aveugles, les titres d’autorité et de privilèges qu’ils étaient bien loin de mériter, laissant de côté ces valeurs sûres qui auraient conduit le pays vers d’autres cieux.

Dans tout ce cafouillage où tout devient possible, on apprend qu’un ministre incarcéré dans l’unique prison blindée de CENTRAFRIQUE vient de se faire la belle, et personne ne sait où il doit se trouver en ce moment.

Rien de surprenant qu’un prisonnier très fûté trouve les moyens de sortir de sa cellule pour retrouver sa liberté, en se passant de l’arrêt de justice qui le condamne et l’oblige à purger complètement sa peine. Le phénomène est aussi courant dans les pays les plus développés où toutes les mesures de sûreté n’ont pas leurs équivalents.

Ce qui est grave dans le cas du CENTRAFRIQUE, c’est qu’il ne s’agit pas d’un prisonnier vulgaire, mais d’un ministre de la République, mis aux arrêts pendant l’exercice de ses fonctions. A ce titre, comment admettre que cela soit possible ?

Un ministre de la République, c’est d’abord une personnalité qui doit se respecter, pour faire respecter l’autorité qu’il (elle) représente. Un ministre de la République, ce n’est pas un énergumène qu’on va ramasser dans les poubelles de Sambo ou à la décharge publique, pour en faire une autorité publique. Malheureusement, en CENTRAFRIQUE, on a jeté aux ordures les enquêtes de moralité qui hier, donnaient la garantie de nommer aux postes de responsabilité, des hommes et des femmes à la moralité bien lisse, irréprochable, pour offrir, aujourd’hui, à la République tous les vautours, toutes les hyènes, tous les putois répandant dans l’air les odeurs nauséabondes de leurs plumes et de leurs poils, pour rendre l’atmosphère centrafricaine irrespirable.

A se poser la question de savoir si vraiment le CENTRAFRIQUE manque à ce point de cadres valables, pour avoir recours à des figurants afin de jouer les pièces du théâtre quotidien ?

Et si la réponse était NON, alors la réalité impérieuse de réels changements s’avère évidente et incontournable.

Adolphe PAKOUA

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