RCA: PARTITION ZERO

1
26

Proposé par Wandakpando

Quel est le sentiment que Monsieur François Bozizé doit présentement avoir, depuis sa cachette ougandaise, quand il apprend que le pays dont il fut le Président, est menacé d’être

coupé en deux, par des gens venus d’ailleurs, des gens auxquels il a grandement ouvert la porte de l’armée de son pays qui, se cachant aujourd’hui derrière une prétendue crise religieuse, veulent s’accaparer d’une partie du pays en question, ce pays dont il a détruit l’armée, pour en faire leur morceau de gâteau? Les Bozize assurément très peu disposés à imaginer les conséquences liées à l’usage de mercenaires en lieu et place des militaires de leur propre pays! Pour leur Président de ceci et de cela,  pour leur business personnel et familial, le clan Bozizé a choisi les tchadiens et les soudanais, qui l’ont accompagné au pouvoir. Mais maintenant qu’ils veulent ce pouvoir, au besoin, en exécutant tous les centrafricains! Bozizé, tu es un vrai champion!

Un Abakar Sabone, débarqué en Centrafrique, précisément dans la ville de Boda en 1990, où il était employé comme orpailleur, un ouvrier surveillant de chantier, devient par des circonstances alambiquées, leader d’insécurité dans le Nord de la RCA. Plus tard, le voilà recruté pour combattre aux côtés de Bozizé, contre Ange Félix Patassé. Cet homme a été dénoncé par le lieutenant Yekouakette lors du Dialogue Politique Inclusif en 2008, comme étant un ancien soldat d’Hissen Habré, incapable de chanter l’hymne national de la République Centrafricaine. Il est miraculeusement devenu centrafricain. C’est aussi une bien lourde charge pour tous ceux qui ont vendu la carte d’identité de la RCA aux tchadiens et aux soudanais.

Si la République Centrafricaine est actuellement au fond du trou, si ce pays est en passe d’être recolonisé par la France qui cherche elle aussi à renouer avec une forme d’administration coloniale masquée, avec tout ce qui s’en suit, c’est parce qu’un certain François Bozizé, qui, parvenu au pouvoir par la conjugaison de circonstances tordues, a  cru que gérer un pays revient à tout prendre pour soi et pour ses enfants, sans rien laisser au peuple. François Bozizé n’avait en fait, jamais compris qu’un Etat puissant a pour socle une armée nationale bien managée et non une milice composée de proches parents et de gens acquis à la cause d’un clan. Lorsque la Séléka s’était lancée à la conquête du pouvoir de l’Etat, Bozizé général de son état,  a préféré faire de la rétention des moyens militaires dont il a privé les militaires, obligés dans ces conditions de refuser de se battre avec des moyens rudimentaires, contre des rebelles suréquipés.

MONSIEUR BOZIZE, VOUS POUVEZ ETRE FIER, VOUS POUVEZ VOUS FELICITER D’AVOIR CREE LES CONDITIONS D’ENTERREMENT DE VOTRE PROPRE PAYS, LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE. MAIS SACHEZ QUE VOUS AVEZ DES ENFANTS ET QUE CEUX-CI, EN TANT QUE CENTRAFRICAINS, ONT LE DROIT DE VIVRE DANS LEUR PAYS. MAIS DANS QUEL PAYS, SI LA RCA EST COUPEE EN DEUX?

La France venue à la rescousse de la République Centrafricaine a une attitude désappointante et incompréhensible, au point de se mettre au service de la Séléka, allant jusqu’à lui faciliter l’organisation de son congrès au terme duquel il n’y  pas eu de création d’un parti politique en lieu et place de cette Séléka, mais la confirmation de l’Etat Séléka, qui rampe pour la partition de la République Centrafricaine. Bravo! Mais c’est mal connaître le centrafricain, qui, pour rien au monde, n’acceptera que son pays soit scindé en deux parties, juste pour faire plaisir à un Abakar Sabone, ou à un Nourredine Adams, tous des gens aux origines tchadiennes et qui, après avoir combattu Idriss Deby, sans parvenir à prendre le pouvoir au Tchad, pensent satisfaire leurs pulsions pouvoiristes en République Centrafricaine.

Le projet de partition de la République Centrafricaine a pris naissance à partir de considérations capricieuses, fallacieuses et incongrues, du fait qu’il ne s’agit pas d’un processus motivé par une lutte politique, mais juste parce que pour avoir échoué à gérer le pouvoir qui leur a été offert en 2013 sur un plateau en or, les Sabone, les Nourredine Adams  et les Djotodja, voulant s’agripper au pouvoir, mais se sachant vomis  par l’ensemble de la société centrafricaine, ont simplement  voulu fabriquer une petite République à leur dimension, un territoire à l’intérieur duquel ils pourraient continuer de jouer aux coupeurs de  têtes, la seule activité pour laquelle ils disposent d’une compétence avérée.

La violence faite aux musulmans et aux chrétiens doit être comprise dans ce cas comme un tremplin dont les champions de la Séléka, devenus plus tard partisans de la scission de la RCA en deux morceaux, ont besoin pour se prévaloir, argument qui passe comme une lettre à la poste auprès des argentiers du golf, pour la plupart, financeurs des groupes armés qui gonflent le biceps au nom de la Jihad.

On a vu un Abakar Sabone nommé ministre au département du Tourisme, comme s’il n’ existait pas de Centrafricains formés et susceptibles d’occuper ce poste, pour qu’un personnage qui, mis à part l’école coranique, n’a jamais foulé le sol d’une classe, en vienne à encombrer une position qui faisait de lui un boulet que le département s’est vu obligé de traîner au pied durant de longs et malheureux mois. Et c’est celui-là qui veut devenir le nouveau Chef d’Etat de la République Centrafricaine. Il a oublié ses origines éthiopiennes et son identité tchadienne. Il a même oublié qu’il a été soldat dans l’armée d’Hissen Habré.

Les Centrafricains n’accepteront pas qu’une partie de leur pays soit amputée, par des islamistes en mal de gloriole et de bœufs à égorger. Même dans les préfectures de la Vakaga et du Bamingui Bangoron, le projet de partition de la RCA ne passera pas, pour la simple raison que les populations Goula, Kara, Youlou et Banda Ndélé, qui sont des fils et des filles de la République Centrafricaine ne vont pas supporter que des mercenaires venus du Tchad et du Soudan, qui convoitent le gisement de pétrole de leur région, viennent se proclamer rois chez eux. Après tout, lorsqu’ils seront couronnés rois, ils vont arracher les richesses du sous-sol de la région qu’ils vont vendre au Tchad et au Soudan. Et quand ils auront empoché l’argent, ils vont se dépêcher pour partir à la recherche de nouvelles aventures. Et tant pis pour les autres!  Quand Sabone était chargé de mission sous le règne de Bozizé et ensuite ministre, avec qui il partageait son salaire?

La scission en deux parties de la RCA est un échec programmé, du fait que les préfectures de l’Est que les Séléka prétendent avoir dans leur République onirique  ont été les premières à les bouter hors de chez elles, à cause de la brutalité et de l’inculture des responsables qu’ils y avaient affectés. A force de traiter les populations comme des bœufs que l’on égorgeait, celles-ci n’ont pas eu de choix que d’exiger le départ des contingents de bandits que Djotodja avait à l’époque détachés à l’Est. Il faut donc demander l’avis des populations de la Ouaka, de la Haute-Kotto, du Bamingui-Bangoron, de la Vakaga, du Mboumou et du Haut-Mbomou, pour savoir s’ils acceptent que les mercenaires tchadiens et soudanais, qui les considéraient comme moins que leurs poulets, reviennent les administrer à nouveau. La réponse est connue d’avance. C’EST NON!

La partition de la République Centrafricaine restera un simple fantasme qui va nourrir la pensée des Nourredine et des Sabone, car le monde sait aujourd’hui et ceci grâce à leur passage au pouvoir en RCA en 2013, qu’ils sont des islamistes ayant des liens avec des groupes de terroristes du genre Boko Haram. Auquel cas, qu’est ce que des filles enlevées au Nigéria sont venus faire dans la préfecture de la Vakaga, sous contrôle des mercenaires tchadiens et soudanais cachés dans la Séléka? Voilà la raison pour laquelle les Centrafricains membres de la Séléka devraient dès à présent se ressaisir et s’écarter des aventuriers qui veulent les utiliser au nom de la religion contre leur propre pays. Les ressortissants de la Vakaga et du Bamingui Bangoron, dignes fils et filles de la République Centrafricaine, ne peuvent plus accepter de suivre les directives des mercenaires venus du Tchad, avec comme objectif de détruire leur pays. C’est pour cela que le reste des populations centrafricaines se doit de soutenir tous les ex Séléka centrafricains, en vue de leur intégration dans la nouvelle armée nationale, où ils auront à se battre aux côtés de leurs compatriotes pour la protection du territoire centrafricain, un pays qui doit rester uni et indivisible.

Il faut peut être rappeler aux Centrafricains membres de la Séléka, que tous les biens qui ont été pillés en RCA ont été soigneusement parqués au Tchad et au Soudan. Or entre temps, d’innocentes personnes, des Centrafricains ont perdu leurs biens, leurs maisons, des membres de leur famille. Aujourd’hui nos compatriotes de la Vakaga et du Bamingui Bangoron n’ont pu rien sauver de leurs biens, à cause de l’esprit aventureux d’un certain Michel Djotodja. Aussi, il faut prendre conscience des calculs des mercenaires qui travaillent pour des maîtres qu’on  ne connaît pas toujours et qui sont prêts à financer le massacre des milliers de personnes, juste pour leurs intérêts.

L’échec du projet de partition de la RCA est déjà consommé, parce que les Nations Unies qui ont pris en main le dossier centrafricain ne vont pas se laisser manipuler, se laisser distraire  par des gens comme Abakar Sabone ou tous ceux qui lui ressemblent. Ces mêmes Nations Unies n’auront plus de crédibilité dans aucune partie du monde, si elles venaient à abandonner la République Centrafricaine, à cause d’un groupe d’aventuriers venus du sahel, qui, au nom de la religion, exigent d’avoir un Etat à gouverner au centre du continent Africain.

La principale raison pour laquelle je ne crois pas à une partition de la République Centrafricaine est que les Centrafricains, après la crise à eux imposée par la Séléka ont compris que toute la gaffe subie par les populations n’était rien d’autre que le fait des bandits venus d’ailleurs. Et, l’on remarque depuis quelques temps que les frères ennemis d’hier ont commencé par tourner la page de la haine, au point où des Balaka assistent et aident ceux qui, il y a encore quelques mois, étaient vus comme des alliés des mercenaires tchadiens ou soudanais. Les Centrafricains vont se réconcilier et ne vont former qu’un seul peuple. Et, à partir de ce moment, ceux qui leur ont amené le malheur, ceux qui les ont poussés à se haïr et à détruire une multitude de biens sociaux appartenant aux uns et aux autres, ceux là doivent trembler. Tôt ou tard, les Centrafricains, chrétiens et musulmans, vont faire  bloc contre les mercenaires, ces mercenaires qui ont acheté la carte d’identité nationale centrafricaine, grâce à la cupidité des fonctionnaires  et qui, de surcroît, réclament la partition de la RCA, se verront obligés tôt ou tard de prendre leurs jambes au cou, car le peuple a tout compris. Inutile de compter avec lui pour détruire l’unité de son pays.

Un dernier point qui permet aux Centrafricains de rester sereins, c’est la position des Etats Unis qui ne veulent absolument rien savoir d’un projet malencontreux de partition de la République Centrafricaine. Un micro Etat aux mains des islamistes, des partisans actuels ou virtuels des extrémistes maliens ou nigérians, installés au pouvoir au centre de l’Afrique! Ce serait la plus grosse et la plus regrettable des erreurs que le monde aurait commis en ce début du 21 siècle. Quant à Abakar Sabone, il peut continuer de rêver à la création de sa République ayant juste la dimension d’une cabine téléphonique. Quand il aura fini d’y installer ses députés et son gouvernement, il pourra toujours inviter les Centrafricains à venir lui rendre visite. Mais il est mieux qu’il aille se proclamer empereur au Tchad ou en Ethiopie. Peut être que là-bas il pourrait avoir des adhérents à son projet de création d’un empire de nulle part.

Wandakpando
Quotidien L’Agora

Commentaires

0 commentaires

1 COMMENTAIRE

  1. Peut-on encore faire confiance à ceux qui ont apporté la guerre en Centrafrique ? Des gens comme Nourredine adam et se amis les ex-seleka comme lui, ont voulus la partition de la RCA en 2014… Qui est derrière lui en 2015? Qui lui apporte une aide financière ? Boko Haram ? Je suis inquiets comme beaucoup de jeunes de Bangui car à cause de N Adam et sa clique; la paix est menacéé. N’oublions pas notre devise : Unité, Dignité, Travail !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre vote!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.