QUARTIER LAKOUANGA : LE VOL, UN PHENOMENE QUI PREND DE L’AMPLEUR

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Proposé par Grâce à Dieu Sathedem

C’est le moins qu’on puisse dire, le vol a pris une dimension exponentielle ces derniers jours. De la même manière que la petite délinquance avance à grand pas à cause de l’absence de la chaine pénale, les voleurs eux-aussi se paient le luxe de parcourir pendant la nuit les maisons des particuliers, dérobant tous les biens qui leur tombent sous les bras. Le cas du quartier Lakouanga dans le 2e arrondissement inquiète de plus en plus, malgré que le commissariat soit en voie de réhabilitation.

Cela n’est certes pas anodin, le vol est devenu comme un moyen de subsistance pour certains individus, presque le seul moyen qui leur permet de trouver des réponses immédiates à leurs besoins d’ordre matériel, financier. On se rend compte, qu’en dépit des conséquences qui peuvent survenir après l’appréhension d’un voleur, il est malheureusement observé que le phénomène a pris une dimension qui nous pousse à nous interroger sur les mobiles du comportement des auteurs de larcins.

Le samedi dernier, il était trois heures du matin lorsque les habitations voisines du Commissariat avaient entendu des cris “au voleur”. Une fois alertés, ils ont constaté qu’effectivement il s’agissait d’un voleur qu’on a appréhendé à quelques mètres des deux « routes goudronnées ». Selon les témoins, l’homme tentait de pénétrer par effraction dans une maison. Après avoir grimpé les murs de la concession, il est tombé sur une épave de voiture, provoquant un vacarme qui a réveillé toute la maison. Sortis en catastrophe, les propriétaires n’avaient qu’à se livrer à une course à laquelle le voleur les avait invité. Mais peine perdue pour ce malheureux, il sera rattrapé après un peu d’effort et passé à tabac, puis conduit au Commissariat. Mais le Commissariat étant vide de policiers, il a été emmené manu militari dans une clôture qui jouxte la concession de la SOCATEL et remis aux soldats burundais de la MISCA.

On pensait que c’en est fini, mais non, les voleurs sont intrépides de nature et très courageux. Le lendemain, presqu’au petit matin, les voisins du Commissariat n’avaient que leurs yeux pour voir un véhicule, qui venait à toute allure, avec à l’arrière un jeune homme qui ployait sous les coups de ceux qui le maintenaient dans une position insupportable. C’était déjà le petit matin, et il y avait cette fois-ci quelques policiers dans les locaux du Commissariat. Sans doute, en l’espace de deux nuits, un autre voleur est allé défier le principe de prudence. A vrai dire, il semble que la nuit ne porte pas toujours conseil à certaines personnes, qui pensent avoir ainsi trouvé le moyen de vivre, en s’en prenant aux biens d’autrui. Comme le premier, celui-ci a été attrapé en train de dérober des biens dans une maison de particuliers.

Ce qui pince néanmoins le cœur, c’est que ce voleur était plus jeune que le premier, comme pour dire que le « métier » est de plus en plus prisé. Le voleur était lui aussi rossé, molesté avant que les policiers n’ordonnent au conducteur du véhicule de l’emmener à l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB). Certainement pour subir encore des coups de bottes, comme les policiers affectés dans ce service ont coutume de faire.

En revanche, au-delà du caractère incompréhensible de ce phénomène, se pose là une question anthropologique de premier ordre : l’incertitude sociale. C’est comme cela qu’on peut tenter de comprendre ces jeunes hommes qui ont choisi de prendre le raccourci de se servir sur les biens d’autrui sans arrière idée, ni crainte d’être attrapés par leurs victimes qui se transforment automatiquement en bourreaux et leur font subir de sérieux sévices.

En prenant la décision d’aller fouler par effraction le sol de la concession d’autrui, ils doivent savoir qu’ils ont en même temps pris la décision de tomber sous les gros bras d’une sentinelle, ou des propriétaires eux-mêmes qui peuvent employer tous les moyens pour la protection de leurs biens en danger. Loin de nous bien sûr l’idée de faire l’apologie de la violence ordinaire, mais il s’agit là d’une question qui mérite que l’on y médite à fond.

D’aucuns diront certes que la cause de la multiplication des actes délictueux est directement lié à la crise qui fait que les jeunes ne savent plus que faire pour trouver à manger, il n’y a plus de petits commerçants étrangers qui leur offraient des pièces en contre partie des services qu’ils leur rendaient, au point d’être obligés de passer par des larcins pour se trouver de quoi se mettre sous les dents.

Ceci, explique donc cela, dirait-on! Mais, la cause principale demeure en réalité l’absence de la chaine pénale, qui doit aider les corps répressifs à mettre de l’ordre par la menace de force, la coercition qui peut dissuader. Et c’est la voie à prendre pour lutter contre la petite délinquance. Même si Victor HUGO, un auteur français avait dit : « Construisez des écoles, vous fermerez des prisons », le contexte n’est plus le même et il faut construire des prisons pour faire reculer les délits et crimes divers.

Grâce à Dieu Sathedem

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