RCA : POUVOIR EN MARCHE OU DES MARCHES POUR LE POUVOIR ?

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Gisèle Bedan, ci-devant Ministre centrafricaine de l’Education Nationale, est aujourd’hui sans conteste, l’une des très grandes célébrités du régime fantoche au pouvoir en Centrafrique. En plus d’appartenir au gouvernement de la République – celui de Kamoun -, nul n’ignore désormais qu’elle est, l’une des savantes stratégistes, mais surtout la très redoutable théoricienne de ce qu’il convient d’appeler dorénavant, le « Gouvernement des Marcheurs et Manifestants de la Majorité Silencieuse »G3MS. L’on se souviendra en effet, que dans sa fumeuse théorie philosophique puisant à la source de son zèle immodéré, Gisèle Bedan, avait cru devoir développer – comme dirait Karl Marx -, sa « science de la direction de la lutte révolutionnaire qui détermine l’orientation du combat », pour la réussite de la transition centrafricaine. Cette théorie « bédanienne », oppose ni plus ni moins, au sein de l’indivisible peuple centrafricain, d’une part des POUR – PRO – MAJORITÉ SILENCIEUSE, acquis à la cause  du pouvoir en place; et d’autre part, des ANTI – CONTRE – MAJORITÉ BRUYANTE, qu’on aurait aimé qu’ils soient moins visibles et se taisent.

N’entendez-vous pas cet appel à diviser une fois de plus la RCA – qui n’en a pas besoin – entre « collabos » et « résistants » ?

Et c’est au nom de cette théorie, j’en suis convaincu, que depuis ces dernières semaines, le pouvoir vacillant de Samba-Panza, ne cesse de se couvrir de ridicule, en organisant pêle-mêle, des marches et des manifestations, pour suppléer aux carences d’idées et à l’absence de toute réalisation, qui sont  ses seules réalisations.

Autant qu’il est indigne d’appartenir à la classe des griots serviles, habitués à dresser au CNT et à son Président Ferdinand Alexandre Nguendet, des pages entières d’apothéose, destinées à célébrer leurs « bons et loyaux services » rendus à la nation tout entière; autant, il ne saurait être un honneur pour personne – en tout cas pas moi -, d’assister sans rien dire, aux dérives autocratiques, et aux réflexes « antidémocratiques », de Samba-Panza et le « Gouvernement des Marcheurs et Manifestants de la Majorité Silencieuse »G3MS.

A quoi veut-on nous habituer et orienter les humeurs du peuple centrafricain tout entier ? Comment tolérer et défendre dans un état moderne – fut-il celui où vivent des citoyens ayant perdu tout honneur –, le fait que des marches et manifestations, organisées et soutenues par le pouvoir en place, s’érigent en normes et unique mode d’expression privilégié dans les débats entre institutions de la République ? Qu’en sera-t-il alors de l’idée d’avoir en RCA, des pouvoirs et contre-pouvoirs, ou simplement des instances de règlement des désaccords et autres litiges qui peuvent subvenir à tout moment ?

Ce qui s’est passé hier (01/09/2014) devant le siège du CNT à Bangui, où l’on a vu des manifestants « PRO », en banderoles portant essentiellement l’inscription « Dissolution du CNT », pour soutenir Samba-Panza contre Nguendet, est vraiment un spectacle désolant dans un pays. Et de cette marche, nous en parlions déjà dans notre article “RCA : EXTRÊME FEBRILITE, LEURRES ET FRAYEURS A LA PRESIDENCE ET AU CNT”  – publié le 30/08/2014 -.

N’a-t-on point trouvé d’autres moyens plus dignes, plus honorables et plus intelligents, de faire connaitre ses opinions et de les défendre sans pour autant se réduire ainsi à néant ? Souvenons-nous, c’est ce même CNT qui élisait Samba-Panza il y’a huit mois à ses fonctions actuelles de Présidente de la transition. Et malgré de nombreux appels à sa “restructuration” ou même à sa dissolution – mon article LE CNT DISSOUT – Samba-Panza, n’avait jamais daigné répondre au peuple. D’où vient alors cette révolte autant que cette volonté de « révolution » aussi « spontanées », inattendues que suspectes ?

A vrai dire, l’on peut réclamer la dissolution du CNT, et vouloir la « tête » de son président. Personne ne le conteste, et il suffit d’en référer aux moyens de droit. Mais procéder par des marches et manifestations, plus est financées par l’argent du peuple, pour des fins égoïstes et personnelles, incite plutôt une partie de l’opinion nationale « légaliste », à vouloir défendre absolument cette institution et son président. Comme disait Voltaire – « je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer  » -, on peut dire, « je ne suis pas d’accord avec Nguendet, mais je me battrai pour que l’institution qu’il représente ne soit pas souillée pour assouvir des ambitions très peu glorieuses ».

Enfin, quand il se trouve des intellectuels du rang du « doyen » Diki-Kidiri – le professeur -, qui se serait oublié à être parmi des marcheurs et manifestants « télécommandés », et à marcher pour le pouvoir au lieu de réclamer un pouvoir en marche, nos repères se brouillent dangereusement, et l’on peut se demander très sérieusement, quels critères retenir pour définir l’intellectuel en Centrafrique ?

Guy José KOSSA
GJK – L’Élève Certifié
De l’École Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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