LE CNT DISSOUT

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Après sa prestation de serment ce jeudi 23 janvier 2014, et la prise officielle de ses fonctions de Présidente de la République, Chef de l’Etat de Transition, Mme SAMBA-PANZA, l’on doit s’y attendre, devra prendre dans les plus prochains jours ou semaines, une série de mesures, saines, vigoureuses et exceptionnelles. Parmi ces mesures, la dissolution du Conseil National de Transition, l’actuel parlement provisoire de Centrafrique, s’impose. Il ne peut en être autrement, si la Présidente veut vraiment gouverner.

Point n’est besoin de croire, qu’il s’agit ici, d’une mesure issue des grands débats juridiques autour de la validité, la caducité, l’applicabilité ou non, et bien d’autres théories, thèses et antithèses, relatifs aux Accords de Libreville. Pas question non plus d’imaginer là, une victoire politicienne, celle du « Front pour l’Annulation des Accords de Libreville et la Reprise des Négociations ». Enfin, l’on ne doit pas non plus, soupçonner, que la question de dissoudre le CNT, a quelque chose à voir avec ceux qui parlent des relations d’alliance ou de basses relations personnelles, vraies ou supposées entre NGUENDETDJOTODIA et certains Conseillers. En effet, seules des considérations découlant de l’observation et de l’analyse des faits et des événements évoqués ci-après, induisent la nécessité d’une dissolution du CNT :

1. Mme SAMBA-PANZA, personne n’a jusqu’ici soutenu le contraire, ne doit son élection à la magistrature suprême, à aucun parrain ou lobby quelconque. Ni aux incontournables Présidents DEBY et SASSOU-NGUESSO, absents hier à sa prestation de serment ; ni à la France « universelle et immortelle », qui n’attendait pas du tout à la tête de l’exécutif centrafricain, la nouvelle égérie de la politique locale et régionale. Cette même France qui, privilège et honneur inhabituels s’agissant de la R.C.A., était représentée à un haut niveau, à la cérémonie officielle de prestation, par Laurent Fabius, son Ministre d’Etat Chargé des Affaires Etrangères. En conséquence, contrairement à ses prédécesseurs, pour gouverner et réussir sa mission, la Présidente de Transition part avec l’avantage et l’assurance, de recevoir certes des aides multiformes, mais certainement pas des ordres et des instructions de l’extérieur. Elle doit prouver et user de cette souveraineté royale dans la direction de son pays, en commençant par dissoudre le CNT.

2. Affranchie donc de l’autorité des « Gouverneurs » habituels de Centrafrique, Madame SAMBA-PANZA, on peut y croire fermement, n’entendra pas se laisser donner des ordres ou voir son pouvoir amoindri, et ses actions contrecarrées, par un parlement de Conseillers provisoires, qui sont tout, sauf des enfants de chœur, voire désormais ses pires ennemis politiques. D’ailleurs, certains de ces Conseillers, à commencer par le premier d’entre eux, s’étaient même imaginés assis dans le fauteuil qu’elle occupe aujourd’hui et duquel ils ont été éloignés. Ils ne n’oublieront jamais, et attendent impatiemment la première occasion pour le faire savoir au Chef de l’Etat de Transition. Par ailleurs, vouloir se contenter de remplacer uniquement le Président du CNT, l’ambitieux NGUENDET, est politiquement sans véritable retentissement, et passera même pour une demi-mesure. Prendre également quelques dispositions pour toiletter et recomposer le CNT, équivaudra à un ajustement structurel dérisoire. La seule mesure qui vaille vraiment la peine, demeure à jamais la dissolution du parlement provisoire.

3. Madame SAMBA-PANZA le sait bien, elle qui n’est pas une novice de la vie publique, que c’est dès les premières semaines de son règne qu’elle devra dissoudre le CNT, pour à la fois marquer les esprits, et asseoir son autorité. Sinon, ce sera trop tard. C’est maintenant qu’il faut agir, au lieu d’attendre les clashs inévitables. Surtout que si la dissolution est imminente, personne, ni à l’extérieur, ni à l’intérieur, osera s’y opposer sans s’exposer, eu égard à l’immense espérance que Mme SAMBA-PANZA suscite, et la grande confiance que lui accordent les Centrafricains et les autres.

4. Madame SAMBA-PANZA sait aussi, qu’elle a juste un peu plus d’une année pour réussir tout ce que la République impitoyable attend d’elle. Donc, pas question de perdre le temps, avec un CNT composé de renégats et d’anciens déportés du Tchad. Plus est, on ne peut pas « faire du neuf avec du vieux ». Surtout pas avec un vieux parlement, fut-il provisoire, qu’elle devra renouveler jusqu’à l’appellation même, qui rappelle de mauvais souvenirs. Faute de quoi, le même CNT dans sa configuration actuelle restera une épine à son action.

5. Enfin, une NOUVELLE PRESIDENTE DE TRANSITION, un NOUVEAU GOUVERNEMENT DE TRANSITION, pourquoi pas un NOUVEAU PARLEMENT DE TRANSITION ? Que chacun réponde à la question selon son cœur.

Guy José KOSSA
Paris le 24/01/2014

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