LES PAGES AGRICOLES: LES AGRICULTEURS SANS TERRES

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Touaden DOGO-NENDJE

Cher lecteur,

Dans son interview du 10 mars dernier à Centrafrique Libre, Mme KOYARA, ancienne Ministre de l’agriculture, précisait que le rôle du politique est de définir les stratégies et que le reste revenait aux techniciens. Si elle a raison sur le fond, le bémol est que c’est ce même politique qui décide s’il faut acheter un véhicule tout terrain à 40 millions de FCFA ou deux (2) tracteurs agricoles, par exemple. Bref l’objet n’est pas de polémiquer mais de s’en servir comme tremplin. En effet les décisions prises si elles ne sont pas suivies de l’effort financier cela n’a que très peu d’intérêt. Et c’est de la que part le postulat. Puisque le Gouvernement ne peut mettre les moyens financiers, peut-il au moins apporter quelque chose ?

Je n’invente pas mais je rappelle que le développement économique nécessite au moins deux (2) facteurs  – la sécurité et les capitaux –

Je mets au défi quiconque, de me dire comment obtenir le titre foncier d’un hectare de terre agricole, évidemment il ne s’agit pas d’en obtenir pour un terrain constructible.

Cela peut paraître invraisemblable mais personne n’est propriétaire des champs qu’il pense posséder par ci et par là en République centrafricaine. A partir de là, comment envisager des investissements conséquents sur un capital foncier qui n’est pas le vôtre.

A l’heure actuelle, c’est la seule chose à espérer d’un Gouvernement : une loi sur la propriété foncière. Une fois de plus, des propositions existent et attendent patiemment dans les tiroirs. Tiens, les parlementaires de transitions auraient pu s’intéresser à cette question afin de mettre des terres avec titre foncier à dispositions du programme DDR. Non j’ai oublié, la création du Sénat est capitale pour sortir ce pays de sa crise abyssale.

Ce problème évoqué, la balle se trouve désormais dans votre camp. Le camp de ceux qui veulent investir dans l’agriculture en Centrafrique.

Les possibilités sont aussi immenses que variées les unes des autres. Comme dans tout entreprenariat il n’y a pas de solution toute faite.

Tout apport qui se fera, le moindre FCFA, aura le mérite de contribuer à l’économie de la RCA par le fait qu’il rémunéra un travail. Le défi pour vous est de trouver la recette pour que ce franc FCA ne constitue pas une aide à la trésorerie mais bien un investissement

Chaque centrafricain que vous êtes, possédez un terrain agricole, par succession, donation ou par acquisition. Vous avez donc la possibilité d’apporter ce franc CFA indispensable à l’économie, et à l’agriculture en particulier de la RCA. Dans l’absolu vous pouvez donc contribuer au développement agricole et participer à l’économie de façon générale. Toutefois j’insiste encore pour dire qu’il ne s’agit pas pour vous de faire des œuvres de charité.

Chaque projet doit être réfléchit dans l’optique d’une rentabilité tout en ayant à l’esprit les contraintes de la patience et de l’endurance financière.

Gardez aussi à l’esprit que l’union fait la force.

Touaden DOGO-NENDJE

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