GOUANDJIKA : VÉRITÉ OU VRAISEMBLANCE

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Par Fernand Paul SADAM
Un citoyen de la République

«Dans sa situation de fou, le fou est-il fou ? » Non, répond le sociologue. Il y a toujours une part de vérité dans ce que raconte un individu surtout qu’il part d’une réalité existentielle. Il appartient à son interlocuteur de séparer « le blé de l’ivraie ». La conscience du « fou » Gouandjika tente de se délivrer du mal. Et les autres ? Le centrafricain, véritable intéressé spolié dans ce déballage, doit se manifester pour la recherche de la Vérité à travers la Justice, si le Centrafrique est un pays de Droit et de la Justice.

L’opacité gouvernementale érigée en mode de gestion de la chose publique dans notre pays, le Centrafrique avec ses intrigues et ses secrets d’alcôve a causé beaucoup de torts à la population. Celle-ci a le droit de demander des comptes à cet agrégat d’hommes et de femmes politiques qui a dévoyé les missions et la confiance placées en lui, car ses femmes  et ses hommes qui le composent, se sont comportés (es), au long des décennies, comme de véritables prédateurs de deniers publics, impunément et sans conséquence. Le jour commence à se lever sur leurs déviances et sur leurs actes à caractère criminels, égoïstes vis-à-vis du peuple souverain manipulé.

Aujourd’hui, l’un des leurs, dans son extravagance caractérielle connue depuis belles lurettes, tente d’expier ses péchés enfouis en faisant amende honorable. Il avoue lui-même « soulager sa conscience ». Cela ne peut qu’être bénéfique selon le regard et l’analyse de tel ou tel centrafricain dans sa soif, non seulement de mettre un mot, une expression, un nom sur le comportement de nos dirigeants dans la gestion de la Chose Publique, mais aussi de découvrir la Vérité.

Personne n’est contrainte de le croire, ni d’accorder une importance capitale à ses déclamations. Le libre-arbitre de chacun doit l’emporter et guider sa conscience dans le sens de l’histoire de Centrafrique qui gît dans la pauvreté perpétuelle et respire grâce aux perfusions financières de la communauté internationale. La situation actuelle est la conséquence de ces malversations impunies.

Sans défendre le « fou », force est de penser qu’il met son doigt là où le bât blesse, c’est-à-dire sur les comportements préjudiciables à la bonne gouvernance de la cité mais sans se disculper. Il jette en pâture sur la place publique via les réseaux sociaux, ce que certains considèrent comme des secrets d’État et y émettent des réserves dues à l’exercice des fonctions de la haute magistrature occupées jadis ou en cours. Ils ne veulent pas, à tort ou à raison, que le « fou » dévoile toutes ces incongruités.

L’historicité sélective des faits révélés à l’emporte pièce dans une approche bancale et peu rigoureuse dans sa méthodologie, donne à son initiateur l’excuse du manque de qualité. Par contre, dans son style déclamatoire, il distille de manière subliminale les ingrédients de la sauce à laquelle le peuple centrafricain est cuit et mangé par ses gouvernants.

Les secrets finissent toujours par se savoir. A l’aune des joutes électorales à venir, le peuple veut en connaissance de cause confier son destin à des filles et des fils dignes et intègres épris du sens de l’intérêt général…

C’est l’une des raisons pour laquelle la jeunesse n’a de cesse de réclamer un vrai changement, une rupture avec les démons du passé. Elle réclame également  l’équité et la Justice sociale. Ces aspirations ne peuvent que passer par la correction de ces comportements et habitus décriés par le truchement des informations jetées ci et là par le « fou ». Dans le même, pour inverser l’inculturation politique de la masse populaire des électeurs centrafricains qui a toujours contribué aux choix douteux communautaires, ethniques, il convient d’éveiller sa conscience afin qu’elle soit informée de la « politique du ventre » menée par ses aînés, ses ascendants dans les différents régimes politiques, depuis « l’Indépendance »  à ce jour.

Le « fou » parle tous azimuts. Il porte atteinte à des intérêts personnels ou publics, sans se soucier des torts qu’il cause à ces individus et institutions. Il manipule et révèle sa vérité des faits grâce à  son omniprésence relationnelle dans les maillons de l’Etat. En rhétorique, on dira qu’en même temps qu’il parle, il ment. Mais aussi en même temps qu’il parle, il dit le vrai selon l’interprétation de chacun.

 Dans ces propos liminaires, il annonce la couleur, brute de décoffrage et enfonce le clou là où le mal est profond. Ce qui entraîne de facto des amalgames et des affirmations incongrues dans un style qui le caractérise. Il n’est ni fou, ni déviant comme le décrivent ses détracteurs même s’il aurait fait une virée touristique dans un centre psychiatrique. Il est lucide, donc responsable de ses actes devant les tribunaux compétents pour le juger si ces propos sont considérés comme des infractions, délits, crimes et hautes trahisons.

Dans ce contexte, un Etat de droit, digne de ce nom, doit user de toutes les voies de Justice pour rechercher la Vérité selon que des individus sont touchés dans leur dignité, honneur ou intégrité. Certains considèrent que ces propos venant d’un «fou» ou d’un «ancien enfant de rue» ne sont que diffamatoires voire des allégations mensongères.

Le peuple centrafricain, pour sa part, véritable entité spoliée et trahie assiste immobile au déroulement ou à la projection de ce « film gratuit » dont les acteurs restent impunis et se voilent derrière des réponses sur les supports des réseaux sociaux. Le centrafricain en tant que citoyen  a le droit de réclamer la vérité sur ce qui sort de la bouche de monsieur Gouandjika puisqu’il s’agit des biens de la République passés dans les intérêts particuliers de ceux qui ont gouverné, dirigé notre pays.

Quelques pistes s’imposent pour répondre au sieur Gouandjika afin de découvrir la Vérité :

  • Quelques-uns ont usé du droit de réponse comme moyen de défense pour exprimer leur vérité et leur bonne foi. Ils peuvent également et courageusement prouver l’authenticité des faits mis en cause en « estant en justice » c’est-à-dire de porter plainte auprès des instances judiciaires pour la manifestation de la Vérité. S’il est reconnu coupable, il sera condamné de ses propos diffamatoires incriminés. Des ordonnances, des textes de loi ont été votés par le législateur pour protéger le citoyen de la diffamation publique ou des injures sur les différents supports de communication de masse. Par ailleurs, ceux qui ne veulent pas intenter une action en justice peuvent se taire ; ce qui est de leur droit.
  • La société civile via ses organisations ayant qualité peut et doit porter plainte au nom du peuple centrafricain pour démêler le vrai du faux en vue de l’éclosion de la vérité.
  • L’Assemblée Nationale doit réagir à ces allégations qui confondent les personnalités du pays, ainsi que certains de ses honorables membres en initiant une commission d’enquête pour éclairer le peuple.
  • Le procureur de la République dispose de tous les pouvoirs pour ouvrir une information judiciaire en vue de procéder aux recherches permettant de rassembler et d’apprécier les preuves contribuant à la manifestation de la vérité ; reconnaitre et qualifier, s’il le faut, les allégations diffamatoires en infractions ou autres.
  • Au nom de la bonne gouvernance, le chef de l’Etat et son gouvernement doivent en tirer les conséquences. Entre autre, le ministre de la Justice peut faire valoir son autorité en diligentant une enquête judiciaire pour entendre l’auteur du déballage public sur la gestion du pays et les personnes mises en cause pour déterminer leur degré de responsabilité et les conditions dans lesquelles elles ont exercé leurs missions républicaines.

L’esprit des lois auquel aspire la Jeunesse centrafricaine inquiète les conservateurs, la junte politique ayant exercé le pouvoir de l’Etat. Ceux-là tenteront d’étouffer la cendre incandescente déjà brûlante par des expressions injurieuses entendues ici ou là : Ah ! Il est fou ce Gouandjika ! Croire un enfant de la rue ! C’est un menteur ! Lui aussi est un voleur (ce qu’il ne nie pas) !…

L’Histoire de Centrafrique sera le tribunal de Centrafrique.

La Vérité, lumière étouffée sous le boisseau se manifestera un jour.

Fernand Paul SADAM
Un citoyen de la République

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