CANDIDATS ESCROCS ET PARRAINS MAFIEUX : LA JUTEUSE AFFAIRE DE LA PRESIDENTIELLE CENTRAFRICAINE

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Ils sont déjà environ une vingtaine sur les starting-blocks. Tous, candidats à la présidentielle centrafricaine. Personnellement, j’estime ne pas avoir de temps à perdre, ni avec les uns, ni avec les autres. Par contre, nombreux sont des journalistes serviles, qui  accourent déjà  à l’encontre de ces piètres politiques, naturellement pour autre chose, que pour leur poser de vraies questions. Pour autant, je pense que les Centrafricains sont en droit d’exiger des réponses claires, qui ne leur seront malheureusement jamais données. C’est pourquoi, à l’attention de nos chers obscurs journaleux, je propose ici, un protocole d’interview idéale, auquel j’ajoute même, une esquisse des réponses éventuelles, qui leurs seront servies, par leurs fameux interlocuteurs au projet nébuleux. Place aux acteurs :

1.  Posez-leur la question de savoir quelle est la date de la présidentielle à laquelle ils sont candidats : ils vous répondront qu’ils ignorent tout ou presque, de cette date, fut-elle approximative. Néanmoins, pour ledit scrutin, ils s’affairent tous avec toute l’énergie du désespoir, et se bousculent à faire officiellement leur sortie publique. Rien que pour avoir l’argument de poids, l’étiquette « candidat à la prochaine présidentielle centrafricaine », qui leur permettra  par la suite, de faire le tour des parrains mafieux, ces « charognards » qu’attirent l’odeur du pétrole et des minerais, ainsi que la puanteur cadavérique d’une RCA qu’ils vouent à la partition.

Prenez patience et soufflez un coup.

2.  Demandez une fois encore à connaître la date du scrutin, à vos risquetouts de l’extrême, candidats à la prochaine présidentielle centrafricaine, et vous  vous entendrez dire: l’essentiel n’est pas de connaître une date, mais plutôt de prendre date pour l’avenir, en participant à une élection même si on ne sait pas si elle va avoir lieu.

Persévérez encore et insistez un tout petit peu.

3.  A vos candidats nostalgiques, faites surtout en sorte qu’ils ne vous déterrent pas leurs souvenirs, et parlent de leurs faits d’arme du passé, lesquels ont permis à la RCA de s’ériger de nos jours, en une république bananière tropicale, livrée aux  criminels de l’ex-Seleka,  et aux Antiballes-à-ka, dangereux meurtriers anthropophages.

Demandez cependant, aux uns et aux autres, quelle est l’originalité de leurs projets pour la Centrafrique, leur programme d’action, pour les 50 années à venir ?
Leur projet tient en trois « maux », à savoir: RIEN DE NEUF. Quant au programme d’avenir, ils n’y ont jamais pensé, et eux-même n’ont pas d’avenir. Dans tous les cas, ils ont toujours vécu au présent et pour le présent.

A ce niveau, remarquez que les futurs ex-candidats malheureux à la présidence, auront changé de couleur. Assénez leur cette question, qui déclenche toutes les crises cardiaques.

4.  Concrètement, qu’avez-vous fait pour votre famille, votre quartier, votre arrondissement, votre préfecture, votre capitale Bangui, votre pays la RCA, pour que vous-même, vous osiez croire que vous êtes l’Homme providentiel venu du ciel, pour guérir et sauver la RCA de la partition? Je vous préviens. Ne soyez pas étonnez que pour la plupart des candidats, l’interview prenne fin à ce stade.

Quant à vous, pour la première fois vous venez de réaliser un véritable entretien de journaliste. Vous pouvez alors terminer votre interview  sur ce coup de grâce au candidat.

5.  Si vous étiez élu, ce qui est plus qu’incertain, vous préparez vous à gouverner quelle partie de la RCA que vous avez contribué à laisser diviser en deux, en attendant que le nord envahisse le sud? Si vous avez une réponse du candidat, c’est qu’il n’a rien compris à la question.

Remettez votre matériel en place et partez surtout sans dire au revoir.

Chers amis lecteurs,

A l’allure où s’enchaînent les candidatures, déclarées, non déclarées ou en voie de déclaration, la RCA est bien partie pour se retrouver d’ici la prochaine échéance présidentielle, avec au moins un présidentiable à chaque coin de rue : des candidats professionnels habitués des défaites électorales, têtus comme des mules, au point de croire que sans eux la terre cessera de tourner ; des candidats issus des partis politiques nains, prématurés, mal-nés, ou  mort-nés ;  des candidats indépendants moralement hyper dépendants ; des candidats virtuels sous tutelle, hommes des réseaux, des loges secrètes  etc…

Pour la plupart de ces hommes et femmes, une fois revêtus du costume de « candidat à la présidentielle centrafricaine », s’ouvre également, droit devant eux, la porte d’entrée dans le monde de la mafia politico-financière. C’est ainsi, qu’est en train de naître en Centrafrique, une nouvelle classe de respectables escrocs internationaux de haut vol, d’arnaqueurs sans frontières. Parmi les 1000 dossiers de candidatures, au minimum, qui seront présentés, environ 99%  au moins seront rejetés lors des premiers tris, mais 99% au moins également, auront gagné leur propre présidentielle avant la présidentielle, grâce à leur réseau mafieux.

Après tout, le Cameroun a connu l’époque des « fay mens » ;  l’ex Zaïre a légalisé « l’article 15 : chaque zaïrois a le droit de se débrouiller», et donné naissance à « Angwalima 12 pouvoirs », le grand voleur ; le Nigéria et la Côte d’Ivoire ont innové avec les cybercriminels ; en Afrique de l’ouest, pullulent des dizaines de milliers de narco-trafiquants ; l’Afrique de l’est et celle des pays des grands lacs, sont dominées par les« marchands de la mort », ces vendeurs d’armes qui déciment les populations. En dehors du continent, il y’a les Etats-unis de Madoff, la France des nouveaux Christophe Rocancourt, et  de Cahuzac ; la mafia sicilienne et la mafia russe ne sont pas du reste etc…

Pourquoi la RCA, devrait-elle se limiter, aux «chinois han-koma ou dadoma », ces petits voleurs de tôles et de sacs de ciment à propos desquels Bangui fourmille d’anecdotes? La renommée de notre ancien empire, grâce à nos candidats escrocs et leurs parrains mafieux, fera bientôt, je vous préviens, la une de toutes les chaînes internationales, de télévision et de radio. Avez-vous besoin de connaître leur mode opératoire, leurs cibles, victimes et parrains? D’accord, et très volontiers, je vous citerai entre autres :

1- Mme Samba-Panza: Puisqu’elle-même finira par être candidate (nous y reviendrons dans un prochain article) « afin de poursuivre l’œuvre entreprise et la mener à point »(une  rhétorique  que vous entendrez dans quelques mois), il y ‘a bien aujourd’hui, des gens qui se bousculent à sa porte. Pensez avant tout, aux membres de l’ACDP (l’Alternative Citoyenne pour la Démocratie et la Paix), autrement l’Alliance des Conspirateurs pour le Détournement de Pouvoir. Ils sont prêts à jouer des candidats fantoches à la présidentielle, et espèrent  réussir à convaincre la Présidente de la Transition, qu’ils roulent en principe pour elle. Ainsi, ils croient brouiller les cartes, occasionner la dispersion des voix, et  tracer pour la « modeste » Présidente de la transition, la voie de son destin glorieux, vers la très respectable institution appelée «Présidence Démocratiquement Elue ». Suivez très loin mon regard…Au passage, pour toute la logistique que cet engagement requiert, les candidats escrocs, auront empoché des dizaines de millions de F CFA, avec en prime des postes et la constitution d’une mouvance présidentielle.

Comment s’étonner alors que notre pays n’en soit pas aujourd’hui à subir les affres de la partition qui se réalise à grands pas ?

2- Les chefs d’Etats Africains en fonction ou non: Je n’apprends rien à personne. Profitant des relations qu’ils ont pu tisser, et de leur carnets d’adresse bien rempli ou pas, certains candidats à la présidentielle, ont commencé depuis très longtemps, à faire le tour des palais des présidences africaines et européennes. Pour la plupart, ils ont fini par lasser et agacer tous les chefs d’Etats d’Afrique Centrale, à cause de leur nombre et leur inconstance ; mais surtout, à cause de l’absence totale de visibilité dans la situation Centrafricaine, que plus personne ne maîtrise. Ces candidats ne sont plus reçus aujourd’hui par leurs parrains d’hier. Et comme ils sont sans orgueil personnel, ils continuent d’aller frapper aux portes fermées, qu’on refuse désormais de leur ouvrir. Ils persistent cependant, et reviennent encore frapper ;  car au final, ce qui les intéresse, ce sont les enveloppes qu’on continue de leur jeter par la fenêtre sans courtoisie et sans même les regarder. Aussi, depuis ces derniers temps, les présidences des pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le palais de cocody de Dramane Alassane OUATTARA, sont devenues le nouvel Eldorado de ces candidats mendiants en col blanc.

3- Les hommes d’affaires véreux, les chinois conquérants, les russes intéressés, les monarchies du golfe, et les Sud-africains de retour: S’ils ne répugnent pas à financer officieusement, des rébellions officiellement « infréquentables», pour quelles raisons ces parrains rechigneraient à soutenir des candidats « propres» à une présidentielle démocratique ? Certains parmi ces candidats, ont occupé en RCA, de hautes responsabilités, et tiennent des discours haut en couleur sur la République. De plus, ils vous sortiront des montagnes de dossiers secrets, qu’ils sont les seuls à détenir et à maîtriser : des études sur des zones inconnues où l’on trouve toutes sortes de richesses enfouies ; or, diamant, cobalt, cuivre, mercure, bauxite, coltan, puits de pétrole… Devant tant de maestria déployée, quel  homme d’affaire plein aux as, pourrait-il résister à prendre le risque de miser sur un candidat « outsider », et à la limite « non-partant » ? Pendant ce temps, quelques centaines de milliers d’euros auront circulé, pour « remercier » le candidat de son choix judicieux du parrain qui tôt ou tard fera payer d’une manière ou d’une autre à tous les Centrafricains, l’arnaque d’une brebis galeuse et irrécupérable.

Tout compte fait, je m’amuse souvent d’entendre ou de lire des compatriotes qui se plaignent des raisons relatives à la pléthore de candidatures. Ils ne comprennent pas pour la plupart, que notre pays soit l’un des très rares au monde, où l’on trouve autant de prétendants à la présidence, au mètre carré. Et presque autant de débiles politiques. A vous tous qui vous posez encore ces questions, voilà donc en partie des réponses à vous inquiéter encore plus, au point de vous donner des insomnies au lieu de vous rassurer.

Quant aux candidats, qu’il me jette la première pierre, celui qui n’a point péché.

Décidément, la Centrafrique rend fou. Et des centrafricains, effectivement fous, tiennent à rendre fous, ceux qui ne sont pas du tout fous, et ceux qui ne sont pas encore totalement fous.

PS: Pour lire nos articles liés à cette chronique, cliquez sur les liens ci-dessous
L’ACDP veut le pouvoir à conserver
Première station du long chemin de croix de Samba-Panza: Déclaration de création de l’ACDP
Le piège ACDP…Rappel à ma soeur Présidente

GJK – L’Élève Certifié
De l’École Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô

Penseur Social

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4 Commentaires

  1. j’ai une seule question à poser à tous les frères candidats: la dotation de l’ANE en fond de fonctionnement a t-elle un lien avec cette ruée de déclaration de candidatures?
    Avec ou sans réponse, je n’arrive pas à obtenir une copie de la solution proposée par les candidats respectifs pour permettre de ramener la paix et la sécurité, condition sine quoi non pour l’organisation des élections auxquelles ils sont candidats et dont on ne connait même pas la date de son organisation. Je suppose que cette élection sera organisée à Paris et à Bangui ET non dans toute la RCA car aujourd’hui, chers candidats, je ne vois pas comment on peut faire un meeting dans Bangui , Berbérati, Bambari, Nola, ou à Birao et j’en passe.
    J’aimerais bien savoir dans quel pays veut on organiser ces élections et COMMENT chaque candidat compte se rendre devant chaque électorat. .

    Soyons sérieux et dépensons nos énergies pour exiger que Madame Samba-Panza et la MISCA organisent immédiatement la mise en place d’une Assemblée Constitutive qui sera chargée pendant un mois de discuter de notre pays et du sort des Seleka et des Anti Bal Aka.
    On ne pourra pas organiser des élections alors que certains travaillent à la partition de la RCA et que d’autres rêvent de rependre la guerre.

    Jean-Pierre MARA

    Ancien Candidat aux élections législatives de 2011

    Coordonateur de wa A za

  2. La partition de la RCA avec qui? Des etrangers? Boganda ressuscuterait bien sur.Cohatation avec des musulmans centrafricains? Oui mais ce n’est pas le moment. Les verifications de conformite des identifications doivent etre faites avant tout

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