CENTRAFRIQUE : CESSEZ DE NOUS PARLER DE CHRETIENS ET DE MUSULMANS DANS CE PAYS

@Lesplumes 8 septembre 2016 0
CENTRAFRIQUE : CESSEZ DE NOUS PARLER DE CHRETIENS ET DE MUSULMANS DANS CE PAYS

Par Adolphe PAKOUA

Si les hommes politiques ont tué le développement de ce pays depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, il appartient désormais à nos populations de se montrer lucides pour ne plus continuer à accepter l’inacceptable.

Cet « inacceptable », c’est le soutien aveugle que nous accordons tout bêtement à ceux qui nous dirigent, en dépit des dérapages et des exactions dont ils peuvent être les auteurs, tout simplement parce qu’ils sont nos parents d’abord, nos amis ensuite.

Nous les avons accompagnés dans l’égarement et ce suivisme souvent intéressé nous a amené la Seleka, qui va se cacher et continue de se cacher sous le prétexte que la communauté musulmane du pays a été la seule à être marginalisée, ce qui explique toutes les pressions que certains, qui n’ont rien de centrafricain, exercent non seulement sur les autorités du pays, mais aussi sur les populations centrafricaines de confession musulmane, pour atteindre leurs objectifs savamment camouflés.

Voici la déclaration d’un paysan centrafricain, qui ne dit pas s’il est musulman ou chrétien, qui montre bien que les erreurs de gouvernance de notre pays ne touchent pas seulement une frange de notre société, mais qu’ils ont été et sont ressentis presque partout, sur le territoire :

« … les gens ne pensent pas à nous, comme si nous ne sommes pas des centrafricains. Non seulement qu’ils ne pensent pas à nous, mais nous sommes dépourvus de tout : eau potable, route, centre de santé, enseignants etc ».

Notre parent, s’il parle du manque de route, ne va pas jusqu’à dire que l’unique bac qui permettait aux véhicules de joindre cette partie du pays au reste, n’existe plus et que leur lien avec le reste du monde passe désormais par le Cameroun.

Voilà comment la gouvernance détruit un peuple, voilà comment il peut déchirer le tissu national.

Les candidats à l’élection présidentielle se sont rendus dans cette région, ils se sont fait applaudir par ce peuple oublié. Aujourd’hui, un nouveau Président a été élu, une nouvelle Assemblée nationale mise en place.

Il y a tant de priorités pour remettre le pays sur pied, alors, quelles sont les priorités des priorités ?

Par où commencer pour ramener la sécurité et la cohésion sociale ?

Le peuple pleure.

Il nous faut des hommes capables, pour trouver des solutions idoines et conduire les actions adéquates.

Dieu bénisse ce pays, mon pays.

Adolphe PAKOUA

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