RCA : FACE À FACE OU DOS À DOS ILS SONT TOUS NOS ENNEMIS

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Par GJK

Admettons au sujet de la RCA, que l’on parvienne un jour à mettre face à face sur une même table, la Russie et la France. Nul doute que ces deux pays s’empresseront à défendre d’abord leurs intérêts propres. Ensuite, ils parviendront certainement à se faire des concessions mutuelles. À la fin, ils s’entendront à coup sûr pour le partage du gâteau centrafricain. Sans même se préoccuper du peuple que chacun prétend aimer et être venu pour aider ou secourir.

À l’inverse, placez-les dos à dos. Assurément, France et Russie regarderont chacun dans la direction de ses intérêts. Mais seulement, aucun de ces deux pays ne s’empêchera de penser que si l’autre n’avait pas été en RCA, sa part de gâteau eut été beaucoup plus grande. Alors, l’un comme l’autre, se mettra en tête d’attiser les tensions entre Centrafricains, pour arriver à se défaire de son concurrent.

« Les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts » avait affirmé le grand blanc. Autant dire que la RCA n’a que des ennemis qui ont travaillé hier, travaillent aujourd’hui, et travailleront encore demain, rien que pour défendre avant tout leurs propres intérêts.

En dépit de cette vérité cruelle que nul n’ignore, il est bien triste de constater que la plupart de nos dirigeants, continuent de se comporter en véritables valets locaux des puissances occidentales. Et quand ils font semblant de divorcer d’avec l’une, c’est pour tomber immédiatement dans les bras de l’autre sans se douter que tôt ou tard, les mêmes causes finiront par produire les mêmes effets.

Aussi, si l’on s’avisait à chercher l’origine de toutes les intrigues qui se nouent et se dénouent à l’heure actuelle en Centrafrique, on trouverait malheureusement que les intérêts russes et français n’y sont pas totalement étrangers.

Tenez ! Aux divisions et oppositions entre Centrafricains déjà très nombreuses pour différentes causes – tribales, régionales, politiques, religieuses -, semble s’ajouter aujourd’hui, une autre opposition, plus caricaturale mais non moins dommageable pour notre peuple et notre pays. Il s’agit de l’opposition entre les « pro-russe » et les « pro-français », les « russophiles » et les « francophiles ».

Dis-moi si tu aimes la France ou la Russie, et je te dirais si tu aimes ton pays ou non, si tu es pro-Touadera ou pro-Meckassoua, si tu es opposant ou non ainsi de suite. Et puis quoi encore !

Alors, on s’invective, on se bat, on se déchire sans véritable raison et sans aucun intérêt.

La France, on le sait, est une vieille ennemie. Pays colonisateur avec tout ce que cela sous-entend de tragique, elle a fait et défait tous les régimes centrafricains depuis l’indépendance jusqu’à ce jour. Si elle n’a rien fait pour son développement, la France a toujours tout fait pour empêcher la RCA de décoller afin de mieux l’asservir. Donc, qu’on entende combattre et chasser la France pour toutes ces raisons et d’autres beaucoup plus inavouables, cela pourrait se comprendre. Qu’on prenne alors toutes ses dispositions pour ne plus dépendre de la France ou s’accrocher à elle de quelque façon.

La Russie est une ennemie aujourd’hui digne d’intérêt. Peut-être saura-telle offrir à la RCA, ce que la France en 60 ans n’a pu réaliser. Alors, que l’on pense dès à présent à passer ses vacances à Saint-Pétersbourg, à envoyer ses étudiants s’inscrire dans les universités de Moscou, et que notre peuple commence à s’imprégner de l’histoire et de la culture soviétiques. Il n’ya que de cette façon que deux états ou deux nations peuvent établir un véritable contact, mieux  se connaitre et s’apprécier.

Cependant, au-delà de la Russie et de la France, les véritables ennemis de la RCA restent ses propres dirigeants politiques. Quelque soit tout ce que certains appelleront progrès ou changement, il subsiste encore en RCA, une masse critique de ceux qui croient que les intérêts de la Centrafrique ne se mesurent et se limitent qu’à leurs intérêts égoïstes ainsi qu’à leurs calculs politiciens.

Dès qu’il arrive au pouvoir, tout Chef d’Etat centrafricain, se coupe du peuple. Et à force de n’entendre que les voix de ses propres partisans, de n’accorder du crédit qu’à ce que lui disent les gens de son entourage ou de son cercle restreint, il finit toujours par se prendre pour l’unique  « homme fort  de la République ».

Mais encore une fois,  il n’est point d’homme fort qui soit indéfiniment plus fort que son peuple.

 GJK- Guy José KOSSA

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