POÈME : CENTRAFRIQUE – DES MORTS CAUSENT LA MORT

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C’était, il n’y a pas longtemps,
J’étais parti au pays de BOGANDA
Mon pays
Toucher du doigt
Vivre et sentir ce que vit et ressent
Le nain, la seule personne, et sage
Qui me reste au village :
Des morts causent la mort

Un cadavre retrouvé à COMBATTANT
Deux personnes tuées à la sortie de l’aéroport
Trois autres assassinées à KETTE-NGUERE
Les quartiers YAKITTE, CASTORS, MAKAMBO
CATTIN, FATIMA, KPETENE, 92 LOGEMENT
Ont été couverts de fumée
Les populations pleurent encore leurs morts
Des morts causent la mort

Les Anti-Balles AK prennent position
Sur les ruines des maisons incendiées
Les SELEKA réintègrent leur QG du Km5
La Présidente tient un discours
Le CNT descend dans la rue
Le peuple réclame le réarmement des FACA
Le Général Parfait ONANGA – ANYANGA répond
« Il faut une armée ethniquement équilibrée »
Des morts causent la mort

Le nain, la seule personne, et sage
Qui me reste au village répond à ce général
« Le peuple veut une armée nationale
Avec des militaires de vocation
Un équilibre ethnique au sein de l’armée
Va poser des problèmes de quota
C’est fabriquer une armée divisée
Pour continuer à diviser le peuple »
Des morts causent la mort

Le nain continue :
« Que la plateforme religieuse
Soit suffisamment informée
Pour ne pas entretenir la division du peuple
La gestion des dons destinés aux déplacés
Devait restée unique et transparente
En dehors des lieux de culte
Il n’y a pas en Centrafrique ou à Bangui
Des musulmans à part, des protestants à part
Et des catholiques à part »
Des morts causent la mort

Et pour finir le nain dit sa déception :
« Lors d’un grand rassemblement
Pour la paix et la réconciliation
Le membre du gouvernement à charge
A commencé son discours par des salutations :
Salamakum ; les musulmans ont applaudi
Les protestants, au Shalum
Et les catholiques, à La paix du Christ »
Et moi, centrafricain qui suis au-dessus
De toutes ces considérations partisanes
Je n’ai pas applaudi
Il n’y avait pas de MBI BALA ALA KWE »
Des morts causent la mort

Centrafricain, fille et fils de ton peuple
Prends avec réserve
Les grands discours de ces grands responsables
Qui, par ignorance peut-être, entretiennent la division
Et donc la guerre au lieu de la paix
Des morts causent la mort

Pascal TONGAMBA
L’homme aux cheveux blancs

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