DIEU DANSERA POUR LA CENTRAFRIQUE

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Cette parole prononcée par Monseigneur Jésus RUIZ, Évêque auxiliaire de Bangassou lors de son ordination comme Évêque le 12 novembre 2017 en la cathédrale de Bangui, continue de résonner dans ma tête, surtout après le massacre d’Alindao. Dieu peut-il réellement danser pour la RCA ?

Je me pose encore la question de savoir si nous avons des humains en face de Nous ? Des hommes qui s’enorgueillissent de leur butin de guerre après avoir tué des enfants, de femmes et des hommes non armés et surtout des prêtres qui jusque là s’évertuaient tant bien que mal à donner un toit, de la nourriture aux pauvres réfugiés qui n’avaient plus aucun toit, sinon la maison de Dieu comme repère et ultime refuge…Dieu dansera pour eux !

Ces hommes sans foi ni loi ne méritent vraisemblablement plus que nous puissions nous asseoir avec eux pour discuter, car comment se croiseront nos regards? Comment pourrions nous supporter la mémoire de tant de victimes dont les parents encore en vie, s’il y en a, n’attendent que la justice comme seule geste et acte afin de croire que nous sommes réellement dans une société humaine où la vie peut s’exprimer et où les hommes peuvent danser pour Dieu.

Centrafrique Pays de tous les paradoxes, Pays où l’indifférence est devenue une vertu et non des moindres, la principale. Les Martyrs ne sont guère vénérés, ils sont pratiquement des cadavres encombrants qu’il faut rapidement oublier, passer rapidement à autre chose comme pour éviter le tribunal de notre conscience. Nous sommes d’ores et déjà sur la liste des futurs martyrs à oublier car nul n’est à l’abri de ce qui se passe.

Oui, Dieu pourra danser pour nous, c’est possible, il le désire ardemment, car les écritures saintes disent je cite : « Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13). Dieu dansera pour son peuple si nous mettons l’intérêt des plus faibles en avant, si nous protégeons le veuve et l’orphelin, si nous avons un projet réel de société, palpable, né de nos réflexions et conçus sur nos réalités de manière à promouvoir un développement réel et non un relèvement qui est apparent et difficilement mesurable.

Le Chef doit donner le signal, c’est lui le leader, c’est lui qui devra inscrire son nom dans l’Histoire comme véritable catalyseur d’une société en proie à une division profonde, division de fait, division voulue et instrumentalisé, qui profite à des puissances externes et internes, à des bras cassés incapables d’apporter quoi que ce soit à leur pays, que d’enlever le peu que cette nation possède, assouvissant ainsi leurs désirs égoïstes. Le chef doit danser pour son peuple…Zo ti li ni en Sango.

Pour que la danse du Chef devienne la danse de Dieu il faut sans doute, avec courage, abnégation et dignité consolider l’union de tous les centrafricains, l’union du peuple, le vrai peuple, celui qui souffre. Pas l’union partisane des cœurs qui ont chacun leurs désirs personnels et souvent malveillants, mais l’union de notre société entière sur des questions cruciales qui engagent tout le peuple. La sécurité, la paix à l’heure où nous parlons sont des points sur lesquels il ne devrait pas avoir de dissonances, des points fédérateurs de notre société, car dans cette guerre périssent des centrafricains de tous bords, de toutes ethnies, de toutes les régions et de toutes les croyances.

Le choix entre des puissances extérieures, divisées entre elles pour des raisons historiques et géopolitiques ne doit en aucun cas susciter des divisions entre le peuple, car ces puissances ne viennent pas danser pour nous, bien au contraire…

Quand on me dit que les présidents Macron et Poutine viennent chez nous, je me dis humblement que ceux qui sont ailleurs, connaissent bien l’importance de notre pays et que nous seuls ne savions pas ce que nous voulons et ce que nous sommes. Ils n’ont jamais eu des amis sinon que des intérêts.

Trêve de jalousie inutile, de division insensée, d’indifférence et de médiocrité, relevons-nous comme un seul homme avec les mêmes pas de danse, comme à Jéricho pour danser avec foi et défendre cette partie de la terre que Dieu nous a donnée en héritage.

Dansons pour la dignité de nos enfants, dansons pour la mémoire de nos Martyrs, pour Alindao, Batangafo, Bambari, Mingala, Bocaranga, Bangassou, Fatima, Paoua et tant d’autres.

Dansons fermement afin que DIEU puisse danser pour la RCA.

Dr Vie de Dieu NGOKO-ZENGUET

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