UN GOUVERNEMENT DE COMBAT POUR DES DEFIS IMMENSES

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Par Jospin Stone

Le décret tant attendu est tombé le lundi soir. Le gouvernement SARANDJI est enfin là. Et s’il faut le camper en peu de choses, on dira qu’il fait franchement la nouveauté. Sauf en ce qui concerne les femmes qui, outre le fait de voir leur proportion diminue, héritent de départements comme d’habitude comme les Affaires Sociales, le Tourisme, de l’Environnement et de la Santé.
En effet, dans la structure gouvernementale que SARANDJI avait rendue publique, il n’était pas question de ministère d’Etat. Soit on a déjà un premier couac à la tête du nouvel exécutif centrafricain. Dans les deux cas, ce n’est pas la meilleure entame dans l’optique de la rupture promise.
Mais le signe qui frappe vraiment dans cette première équipe de SARANDJI, c’est la présence de nouvelles têtes dont on compte 16 nouvelles têtes contre 5, ceux-là ne sont pas véritablement des nouveaux.
Par contre, il faut dire que les féministes pourraient ne pas se frotter les mains. Car tout d’abord, dans cette nouvelle équipe, les femmes héritent de 4 départements. En termes de proportion, cela représente 10%. Surtout qu’elles n’ont pas que, comme d’habitude, le profil des femmes connues dans ce pays, mais des femmes qui, certainement seront à la hauteur de la mission qui leur ait confiée.
La nomination, ce 11 avril, des membres du gouvernement vient mettre un terme à un long suspense qui avait fini par inquiéter les centrafricains après la nomination du premier ministre. Elle intervient en effet près de deux semaines après l’investiture, le 30 mars dernier, de Faustin Archange TOUADERA aux fonctions de président de la République Centrafricaine. Au lendemain des élections couplées (législatives et présidentielle) du 14 février 2016, sanctionnées notamment par la victoire du candidat indépendant FAT, l’espoir est grand de voir le pays tourner rapidement la page de la transition sociopolitique qu’il a connue pendant 24 mois.

L’aspiration était donc légitime pour les populations de voir le nouveau pouvoir s’installer dans la foulée pour gérer efficacement les problèmes qui se posent à la nation. Après huit longs jours d’attente, la nomination du  chef du premier gouvernement de l’après-Transition et ses membres, signe le premier acte véritablement présidentiel de FAT. Des Décrets qui devraient en appeler rapidement les autres, sont ceux des ministres conseillers à la Présidence et à la Primature, sur lequel les deux Chefs de l’Exécutif savent qu’il est également très attendu. En tout état de cause, plusieurs défis majeurs attendent l’équipe exécutive, dont on espère qu’elle sera à la fois équilibrée, efficace et proactive.
Du raffermissement de l’autorité de l’Etat à la réconciliation nationale, en passant par les dossiers de justice, les impératifs sécuritaires au double plan national et sous régional, et le crucial besoin du mieux-être des populations, le premier gouvernement de cette nouvelle ère démocratique a décidément du pain sur la planche. Des défis qui appellent, ainsi que l’on peut en juger, des réponses urgentes, immédiates, mais aussi, pour nombre d’entre eux, une approche pragmatique pour des solutions plus pérennes.
C’est sans doute après avoir pris le pouls de la situation globale et affiné le tableau de bord de sa gouvernance présidentielle que Faustin Archange TOUADERA a fait le choix de SARANDJI pour conduire la gestion des défis nationaux. En misant ainsi sur l’économie pour poser les balises de la coordination de l’action de son gouvernement, le chef de l’Etat semble vouloir mettre d’emblée le cap sur les défis économiques et de développement, pour un quinquennat qui ne sera pas moins très politique.
Le raffermissement de l’autorité de l’Etat, la sauvegarde des acquis démocratiques, la restauration de la confiance et la mise en œuvre de solutions efficaces visant à garantir davantage la sécurité des biens et des populations centrafricaines où qu’ils se trouvent… nécessitent incontestablement des mesures politiques fortes. Sans compter que devrait s’ouvrir bientôt, selon le vœu et la promesse du Chef de l’Etat, l’important chantier institutionnel de passage à une VIe République.
Pour autant, et même si le poste de Premier ministre induit aussi une forte dimension politique, les nouveaux gestionnaires de l’Etat centrafricain auraient sans doute tort, demain, de ne pas considérer, à l’entame de leur mandat, le cri tout aussi impatient qui s’élève des chaumières du pays pour réclamer plus de… pouvoir dans le panier de la ménagère. En cela, et au-delà de la gestion macroéconomique de la croissance et du développement national, le choix des membres du gouvernement peut s’avérer judicieux. Du moins, le tout nouveau chef du gouvernement et son équipe auront désormais la charge de justifier a posteriori, par leur travail acharné et leur capacité à produire les changements qualitatifs attendus par les centrafricains dans la gestion de leurs cités et du pays en général.

Jospin Stone

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