PLAIDOYER POUR DES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES EN R.C.A.

Par Léon K. Grant
Ah ! la Centrafrique !
Ah ! Bangui que je connais le mieux!
Un Pays et/ou une ville sans une Grande Bibliothèque publique est un Pays et/ou une ville, sans cervelle et sans âme !
L’Éducation populaire, socle du vivre-ensemble, a besoin d’un Lieu où souffle l’esprit !
En Tunisie, mon ami qui occupe un poste important au Ministère de l’Éducation nationale, s’était laissé convaincre par moi! Ils ont même des bibliothèques.ambulantes qui desservent les provinces et les campagnes du Pays..Et oui !.Nul n’est prophète chez soi…
Ah! Centrafrique! Pays où les seuls lieux d’évasion sont les bars à alcool !
Comment n’ y a-t-on jamais pensé ? Il n’ y a rien ni une minuscule bibliothèque…
C’est « merveilleusement » Navrant !
Pourquoi éduquer un Peuple que l’on veut abrutir ? Il y a peut-être une « nolonté » ( négation d’une volonté) politique qui nous dépasse, car ceux qui ont été aux affaires successivement au Pays, sont loin d’être tous des idiots.
J’ai du mal à comprendre que quelqu’un qui avait fréquenté le Centre Beau-bourg,ou Georges Pompidou, etc… ou la Bibliothèque Sainte Geneviève ( que j’affectionne), ou plus simplement les petites bibliothèques de quartier qu’il y a dans toutes les communes de France et de Navarre, n’ait point pensé voir quelque chose de telle dans son Pays…
Franchement pathétique !
Après que l’on ne s’étonne pas que cette Jeunesse détourne sa force de vie vers la bestialité ou la destruction !
Les trois dernières : celle du Centre Protestant qui m’a forgée, le Centre Culturel Français parti en fumée, et le Centre Culturel Américain où je m’y rendais les samedi perfectionner mon Anglais, ont tous fermé, plongeant ainsi les esprits jeunes dans l’obscurité…
A Bangui, je serai mort avant tout d’ennuis ou je me serai asséché et dégénéré progressivement …
Il y a certes Internet, mais cette marche vers les lieux où se trouvent des ouvrages anciens ou neufs et des lecteurs, ce silence, la lecture gratuite des journaux, ou simplement s’asseoir, se poser pour « tuer » le temps – est irremplaçable …
Je comprends donc les parents qui, de passage, veulent ou lorgnent d’envie ma superbe bibliothèque. patiemment constituée , et toujours inachevée …
Il ne s’agit point dans mon esprit d’envisager par le biais d’association (s) de palier à ce manque. Non !
NB: Il s’agit d’interpeller les autorités qu’une Bibliothèque nationale , donc publique , expression d’une volonté politique doit être construite. C’est une nécessité. Le Président François Mitterrand avait en son temps pris, seul, une telle décision, puis les moyens ont suivi.
Léon K. Grant
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c’est une situation on ne peut plus déplorable en Afrique subsaharienne. Les autorités semblent n’avoir pas mesuré jusque là l’importance des bibliothèques. Je suis camerounaise étudiante en bibliothéconomie mais quand on voit l’allure des choses on finit par se décourager. La survie des bibliothèques dans nos pays reste une bataille d’enfer.