NOUS NE SAVONS PAS OÙ ON L’A MIS

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DIMANCHE DE PÂQUES 2014

Textes : (Ac. 10, 34. 37-43 ; Ps : 117 ; Col. 3, 1-4 ; Jn. 20, 1-9)

Homélie de Pascal TONGAMBA

Cette phrase, en même temps qu’elle traduit une préoccupation, une inquiétude, elle engage un mouvement, une démarche de recherche. La foi est une démarche, une recherche de Dieu. Hier soir, nous avons célébré la pâque du Seigneur, nous avons célébré la résurrection, la fête de la vie. Aujourd’hui, Saint Jean nous fait revivre l’évènement. Il est si important qu’on ne peut pas ne pas le relire en détail.

Alléluia, le Christ est ressuscité

Tout commence avec Marie Madeleine, la pécheresse que Jésus avait délivrée de sept démons. Ce n’est ni Pierre, le premier des apôtres ni Jean, le disciple bien aimé qui porte le souci d’aller voir où le corps du Maître a été déposé. C’est justement Marie Madeleine au sujet de qui Jésus avait dit, « celui à qui on a beaucoup pardonné, montre plus d’amour » (Lc. 7, 47). Elle part de grand matin, à l’heure où il fait encore sombre. Quel contraste ? En même temps qu’il y a la lueur des premiers rayons du soleil, en même temps il fait encore sombre, d’où cette parole de Saint Jean : « La lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont comprise » (Jn. 1, 5). Le cœur de Marie Madeleine n’est pas encore totalement ouvert à la lumière de la résurrection. Elle ne vient pas voir si le Christ est ressuscité, mais elle vient voir là où on l’a mis. C’est comme ça qu’elle verra à peine dans l’obscurité le tombeau ouvert, la pierre roulée sur le côté. Elle ne crie pas Alléluia, le Christ est ressuscité, mais plutôt, et toute angoissée, « on a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis ».  Ce qui fait penser à une profanation de tombe, à la barbarie des voleurs d’objets de valeur sur les corps ou encore à des receleurs de cadavre pour des fins secrètes. Elle informe le collège des disciples.

La foi se communique, elle se transmet pour susciter d’autres engagements

Deux disciples partent à leur tour au cimetière.  Rien ne fait encore penser à la résurrection. Ils partent pour constater les faits avant de confirmer l’information de la dame. Ils vont remettre la pierre pour refermer le tombeau s’il s’agit d’une simple profanation. Car il n’est pas normal de laisser une tombe ouverte avec là-dedans un corps en décomposition comme Marie l’avait dit à Jésus au sujet de Lazare « il doit déjà sentir » (Jn. 11, 39). Ils viennent voir la possibilité de rhabiller le corps si des voleurs ont emporté le linceul funéraire. Ils viennent chercher à retrouver le corps s’il s’agit d’un cas de recel de cadavre. Pierre, comme enquêteur, entre dans la tombe pour chercher des indices qui peuvent orienter la recherche. Il voit le linceul et les cordelettes laissés intacts. Ce n’est donc pas de la profanation. Le corps n’y est pas. Ce n’est pas un cas de vol d’objets de valeur sur un corps ; les vêtements sont en place. Ce n’est pas non plus un cas de recel de cadavre. Qui se permettrait de prendre tout son temps pour déshabiller le cadavre et n’emporter que le corps tout nu ? Tant de questions traversent la tête de Pierre. Il ne comprend encore rien de ce qui s’est passé. Le Seigneur n’avait-il pas dit : « Personne ne vient à moi si le Père ne l’attire » ? (Jn. 6, 65). Beaucoup de chrétiens restent souvent butés sur le mystère de Dieu sans savoir ni comprendre le langage de la foi qui dit les réalités divines. Jésus était obligé de parler en paraboles pour traduire les réalités d’en haut.

Il vit et il crut

Jean entre à son tour dans le tombeau. « Il vit et il crut ». Qu’est ce qu’il a vu d’autre que ce que Pierre a vu : le tombeau vide, le linceul et les cordelettes. Oui, Jean a vu les mêmes choses, mais pas de la même manière. Le « voir » de Jean est comme on dit à quelqu’un : « Je vois où tu veux en venir, je vois ce que tu veux dire ». Pierre n’avait qu’à se rappeler ce que le Maître lui avait dit : « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, c’est mon Père qui est aux cieux » (Mt. 16, 17). Le tombeau vide, le linceul et les cordelettes parlent par eux-mêmes : « Le Christ est ressuscité, le Christ est vivant ». Jean a compris. Dans la démarche de la foi, Dieu lui-même vient à la rencontre du croyant. Il se révèle, il se laisse connaitre. Le tombeau vide a fait tomber le voile sur le secret de la mort. La mort n’a plus de pouvoir sur celui qui croit en Jésus qui a triomphé de la mort. Le Christ s’est libéré du linceul et des cordelettes de la mort comme il en va de la libération de l’homme de toutes les entraves du péché pour revêtir l’homme nouveau : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga. 2, 20) comme Saint Paul le dira, plus tard. Mais, ce n’est pas gratuit et pour le plaisir de se faire connaitre que Dieu se révèle. Il communique sa vie pour que le disciple confesse la vérité de ce qu’il croit et témoigne de sa foi partout où il se trouve. C’est le message de Pierre dans la première lecture : « Nous, les apôtres, nous en sommes témoins » ainsi que l’invitation de Saint Paul dans la deuxième lecture : « Frères, recherchez les réalités d’en haut ».

Chers frères, chères sœurs, dans les circonstances actuelles de climat de guerre dans le monde, cas de Centrafrique, recherchons les réalités d’en haut en demandant au Seigneur Ressuscité, la grâce de faire de nous des artisans de paix pour :

–         La paix dans les cœurs,
–         La paix entre les hommes,
–         La paix dans le monde.

AMEN

                                                                                   Pascal TONGAMBA

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