GJK ÉDITO : SESSION EXTRAORDINAIRE CONSACRÉE AU SILENCE PARLEMENTAIRE SUR LES ÉVÉNEMENTS EN RCA

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Par GJK

Face aux corps calcinés des martyrs de Kaga Bandoro, des centaines de victimes des tueries et des barbaries de Bambari, Kouango, Paoua, Bocaranga et autres localités des provinces ; devant la dépouille mortelle d’un officier supérieur de l’armée centrafricaine victime de meurtre crapuleux au KM5 ; au regard de l’effusion troublante de sang provoquée récemment à Bangui par les troupes de la MINUSCA ; en considération donc de tous ces crimes survenus ces derniers jours sur le territoire centrafricain, il est naturellement des personnalités que l’on aurait tant aimé voir réagir aussitôt, ou du moins entendre leur voix. C’est le cas notamment des représentants du peuple à l’assemblée nationale, et en particulier du premier d’entre eux.

Or, au lieu de tous ces discours et appels apaisants, rassurants et même de condamnation auxquels on aurait eu droit en d’autres temps et sous d’autres cieux, entendez-vous seulement le silence assourdissant des autorités dirigeantes et des élus du peuple, qui répond en écho à l’inquiétude grandissante des foules et des populations qui grondent ?

Aussi, pourquoi devrait-on s’étonner -si tel est le cas -, que surgisse ici, de sérieuses interrogations sur la crédibilité de cette institution parlementaire apparemment incapable d’élever la voix lorsque, des individus, des groupes et des organisations écrasent ouvertement les populations?

Allez –y comprendre.

Tenez !

Si pour une raison ou une autre, il vous était venu à l’esprit de vouloir mesurer le fossé qui sépare les élus du peuple de leurs électeurs en Centrafrique, le moyen le plus facile, le moins coûteux et le plus sûr, serait d’organiser une petite enquête.

Dès lors, commencer simplement par demander à ceux qui l’ont élu, le nom du député supposé les représenter à l’assemblée nationale. Je vous le garantis, les premiers résultats de votre enquête, seront à coup sûr, si décevants, si désolants et si déprimants, que vous n’auriez même plus le courage de dérouler la suite de votre questionnaire. La raison en est bien simple: le député est inscrit depuis longtemps sur la liste de grands abonnés absents de la circonscription,  et n’intéresse donc pas ses électeurs à qui il ne s’intéresse plus. Ensuite, poser par exemple, la question de savoir ce que le prétendu élu de sa circonscription, a pu, au nom de ceux qui l’ont choisi, dire et soutenir d’assez « consistant » devant le parlement, depuis qu’il occupe son siège et porte fièrement le titre de « honorable ». Pour le reste, inutile de poursuivre votre cafardeuse entrevue, en cherchant à savoir enfin, ce que « l’honorable » aurait déjà fait ou pas fait pour sa circonscription et ses électeurs, car dans les deux cas, la réponse restera assurément et invariablement la même : « RIEN du tout ».

Cela étant, pour tous ceux qui douteraient encore, et de peur d’être cité à « comparaître » bientôt devant une session parlementaire extraordinaire des inculpations pour  “dénonciations calomnieuses et injures aux élus du peuple”, je voudrais éviter de céder ici, à la tentation facile d’avancer péremptoirement certaines affirmations qui pourraient être considérées comme gratuites, faciles et dénuées de tout fondement. Aussi, le citoyen du peuple que je suis, se contentera de relever des constats et de poser en toute naïveté quelques questions que voici :

  • Combien de députés sur les 140 siégeant actuellement à l’assemblée nationale centrafricaine, résidaient ou résident-ils encore de manière permanente dans la circonscription qu’ils représentent aujourd’hui ?
  • Depuis leur élection, quels députés sont-ils allez plus souvent à la rencontre de leurs électeurs pour s’entretenir avec eux et s’enquérir de leurs préoccupations quotidiennes ?
  • Depuis l’entrée en fonction de l’assemblée nationale, quel est le nombre des missions effectuées à l’extérieure du pays, pour quelles raisons, par combien de personnes, pour un budget s’élevant à combien ? Comparons tout cela au nombre des missions à l’intérieur du pays, des personnes ayant effectuées ces déplacements ainsi qu’au budget engagé et le ratio sera déprimant!
  • Si l’on demandait au peuple de remettre sur la table aujourd’hui les élections législatives, combien de députés seraient-ils rassurés et certains de retrouver leur siège ?
  • Afin de combler toute ignorance coupable, pourrait-on s’instruire, de la raison d’être d’un député et du rôle qu’il joue dans la Centrafrique actuelle ?

Tout compte fait, le problème majeur qui se pose ou se posera dans l’avenir très certainement – et qui est d’ailleurs aussi le problème de l’exercice de la démocratie en RCA -, semble être dans tous les cas, celui de la professionnalisation de la vie politique en générale, et en particulier de la vie parlementaire.

Il est donc important, de préciser que l’engagement à se porter député de la république, ne devrait pas viser systématiquement et uniquement, à faire de l’élu du peuple, un fonctionnaire ou un professionnel ordinaire, particulièrement attaché aux prébendes, salaires, indemnités et autres avantages en espèces ou en nature. Que cette noble fonction de député, ne puisse pas non plus, être ramené à servir à tout prix, de planche de salut, de position idéale, ou encore de marchepied propre à assouvir de façon irrémédiable des ambitions profondes encore inassouvies.

En définitive, dans l’état actuel de notre pays la RCA, les députés devraient comprendre, qu’ils sont appelés à jouer et à mettre un accent particulier, sur la dimension fonctionnelle de leur engagement à représenter le peuple au sein du parlement. Pour cela, le peuple centrafricain, voudrait et serait plus à l’aise de sentir la présence permanente de ses élus à ses côtés, et surtout les voir s’intéresser, certes aux choix futurs, mais plus encore, à l’ organisation au jour le jour de la société, en intervenant et en s’impliquant de manière efficace et visible, dans le règlement rapide des dysfonctionnements et des troubles sociaux.

Cela ne semble pas être le cas aujourd’hui et pousse  à demander sur les raisons de cette « session extraordinaire consacrée au silence parlementaire en Centrafrique ».

Que Dieu bénisse la RCA.

GJK-Guy José KOSSA
L’Élève Certifié du Village Guitilitimö

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