FORCE DOIT RESTER À LA LOI, ET DONC AU PEUPLE ! À propos de l’attaque armée de Bangui du 15 mars 2016

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L’Union Sacrée du Peuple Centrafricain, Mouvement citoyen d’action pacifique et résolue, a depuis plusieurs semaines pris le parti de ne pas s’exprimer, soucieuse ce faisant, d’une part, de favoriser une passation sereine des pouvoirs entre les autorités de la Transition et les nouvelles autorités élues et, d’autre part, d’éviter tout élément susceptible de nuire à la bonne installation de ces dernières autorités ainsi qu’à l’amorce de leur action pour le redressement de la République centrafricaine.

Les instances de l’Union Sacrée du Peuple Centrafricain n’en restent pas moins attentives et vigilantes quant à l’évolution de la situation en République centrafricaine.

C’est dans ces conditions qu’elles ont suivi les évènements violents qui ont eu lieu dans la nuit du 15 au 16 mars à Bangui, capitale de la RCA, où un groupe de personnes « lourdement armées » a entrepris une expédition dont le but, atteint, était l’évasion du chef d’un groupe armé membre de la coalition Séléka des locaux de la SRI (Section de recherches et d’investigation) où celui-ci était gardé à vue après son arrestation, dans la journée du 15 mars, à l’aéroport Bangui Mpoko.

Face à de tels agissements, l’Union Sacrée du Peuple Centrafricain, particulièrement attachée à la cause de la sécurité des personnes en République centrafricaine, à celle d’une lutte déterminée contre l’impunité, mais aussi à l’exigence d’une restauration rapide de l’autorité de l’Etat, ne saurait rester silencieuse.

L’Union Sacrée du Peuple Centrafricain observe, en premier lieu et avec consternation :

  • Qu’un groupe de personnes « lourdement armées » peut encore aujourd’hui se déplacer du quartier dit KM5 jusqu’au siège de la SRI, soit sur environ 5km, entreprendre une violente attaque armée entendue de tout Bangui, et refaire le chemin inverse sans rencontrer de sérieux obstacle, et ce, malgré les nombreux cantonnements de forces internationales jalonnant leur route, malgré la présence d’un cantonnement des forces Sangaris à proximité du lieu attaqué (quelques centaines de mètres), et en dépit des moyens lourds et héliportés dont disposent lesdites forces internationales ;
  • Qu’aucune mesure de prévention, et donc de sécurisation spéciale, du siège de la SRI n’a été entreprise, alors même qu’une telle attaque était prévisible eu égard aux agissements antérieurs de ce groupe armé et aux déclarations de son chef ;
  • Que la classe politique centrafricaine, si prompte aux déclarations et aux manœuvres lorsqu’il s’agit de pouvoir, de composition du futur gouvernement ou de nominations, est restée jusqu’à présent étrangement silencieuse sur les évènements ci-dessus décrits ;
  • Que la presse et les médias centrafricains relaient abondamment, et avec une choquante complaisance, les propos du chef dudit groupe armé légitimant l’attaque et défiant les autorités, usant par ailleurs d’un vocabulaire dont l’effet est de cautionner cette expédition (assaillants qualifiés de « libérateurs » ; homme de main de la personne « libérée » appelé « général », titre normalement réservé à l’armée régulière et nationale ; etc.).

Face à cette situation, l’Union Sacrée du Peuple Centrafricain :

  • Condamne avec force l’attaque perpétrée contre le siège de la SRI et contre les éléments des forces de sécurité chargées de sa garde ;
  • Juge qu’aucun argument, absolument aucun, pas même celui tiré de fonctions passées ou actuelles à la tête de l’Etat et pas davantage celui d’une prétendue inertie des autorités à l’égard d’autres présumés criminels, ne saurait justifier qu’un individu s’arroge le droit de se faire justice à lui-même par la force ;
  • Réitère, en conséquence, que le recours au juge et la défense dans un cadre judiciaire sont et doivent devenir les seuls moyens légitimes et acceptables pour faire valoir ses droits en RCA ;
  • Appelle instamment la classe politique centrafricaine à la responsabilité, laquelle suppose en l’espèce que chaque leader condamne sans équivoque l’attaque armée du 15 mars et en tire les conséquences ;
  • En appelle à la presse et aux médias, en principe gardiennes de la démocratie et de l’Etat de droit, pour qu’elles ne fassent pas le lit du crime, de l’impunité et de la négation de l’autorité de l’Etat ;
  • Appelle les institutions judiciaires de la République à poursuivre sans relâche et avec opiniâtreté leur mission au service de la restauration d’un Etat de droit et de justice.

Enfin, l’Union Sacrée du Peuple Centrafricain renouvelle son appel pressant aux forces internationales pour qu’elles prêtent le concours vigoureux que requiert leur mandat au désarmement des bandes armées, ainsi qu’à la restauration de l’autorité de l’Etat.

Il en va aussi de la sécurité des citoyens.

Force doit rester à la loi, et donc au peuple centrafricain !

Bangui et Paris, le 16 mars 2014

Pour l’USPC

Professeur-citoyen Jean-François AKANDJI-KOMBÉ

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