CENTRAFRIQUE : UNE REPUBLIQUE LONGTEMPS CLOUÉE AU PILORI

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Lorsque les Centrafricains se rendront compte que la solution à la crise actuelle ne viendra ni de l’orient ni de l’occident;
Lorsqu’ils auront compris que tous les musulmans ne sont pas des Selekas; et inversement tous les chrétiens, des Anti Balakas;
Lorsqu’ils dissocieront les mercenaires soudanais et tchadiens des vrais selekas;
Lorsqu’ils feront la différence entre la révolte paysanne dénommée Anti Balakas et les milices qui commettent des exactions;
Lorsqu’ils comprendront que l’environnement sociétal leur a toujours imposé une communauté de vie et de destin;
Lorsqu’ils admettront que les régimes sont temporels, la classe politique se renouvelle, les générations se succèdent et le pays est immuable;
Lorsqu’ils auront une visibilité sur le fondement des multiples soubresauts du pays;
Lorsqu’ils réaliseront que le sous-sol du pays est à la fois une potentielle richesse et une source permanente de conflit;
Lorsqu’ils connaitront les mains invisibles qui ont toujours cloué le pays au pilori;
Lorsqu’ils se souviendront de l’hymne national du pays à savoir la « Renaissance » ;

Alors, ils fédéreront leurs énergies pour une sortie de crise apaisée et constitueront une union sacrée contre toutes les forces déstabilisatrices de la Centrafrique.

En effet, la « Renaissance » regorge de vers qui retracent l’historicité d’une Centrafrique jadis vaillante. Il suffit juste de passer cet hymne au crible de la raison pour cerner le déphasage entre la Centrafrique contemporaine et celle qui y est élogieusement décrite.
A titre de rappel, le second paragraphe de la « Renaissance » stipule : « Longtemps soumis, longtemps brimés par tous. Mais de ce jour, brisons la tyrannie ». Qu’à cela ne tienne, la Centrafrique a été longtemps soumise. Elle a été brimée tantôt par ses voisins, tantôt par des puissances étrangères. De plus, elle est souvent victime d’une instabilité sociopolitique toujours téléguidée par ces derniers.

Il arrive même que certains pays s’offrent le luxe de décider du sort des Centrafricains sans qu’ils n’y soient associés. Le sommet tripartite du 6 juin 2014 à Luanda en Angola, qui réunissait les Chefs d’états congolais, tchadien et angolais, en est la preuve la plus patente. On se rappellera encore de cette assertion du défunt président Nelson Mandela qui disait : « Ce qui est fait pour nous sans nous est contre nous ». Ces trois Chefs d’états ont débattu le sort de la Centrafrique, sans la moindre présence d’au moins une des autorités de la transition. Pire, ils s’obstinent dans leurs techniques d’exclusion, pensant résoudre le présent conflit sans les fils et filles du pays.

D’après les apartés de la réunion officielle de Luanda, les trois Chefs d’états n’ont pas pu passer la liste du nouveau gouvernement centrafricain au peigne fin pour la simple raison que d’autres décideurs internationaux se sont réservés l’exclusivité de la démarche. A l’évidence, ces ordonnateurs mondiaux n’ont fait que couper l’herbe sous les pieds des trois potentats africains réunis à Luanda. En ce temps, l’on doit se souvenir également que l’Onu avait condamné le Tchad et le Soudan pour leurs soutiens respectifs aux selekas. De ce fait, la condamnation a mis le Tchad sur le banc des accusés au point de rendre impossible sa médiation.

D’après une source diplomatique en voie de confirmation, il semblerait qu’après l’échec de la tentative de toilettage ou de rectification de l’actuel gouvernement centrafricain, l’ancien ministre Abdoul Karim Meckassoua, soit pressenti pour succéder à André Nzapayéké au poste de premier ministre, et former ainsi une nouvelle équipe. Son nom circule en ce net moment dans toutes les représentations diplomatiques et l’unanimité paraîtrait se faire de plus en plus autour de sa personne. Cet ancien député du 3ème arrondissement, musulman de l’ethnie haoussa, jouit apparemment d’une certaine notoriété auprès de toutes les communautés du pays. Son entourage le décrit comme un modéré qui serait capable de pousser les Selekas et les Anti Balakas à enterrer définitivement la hache de guerre. En effet, ceux qui brandissent la candidature de cet ancien directeur de cabinet du défunt premier  ministre  Jean Paul Ngoupandé, estime qu’il a les épaules assez larges, et saura peut-être mettre en musique les sujets qui fâchent. Egalement ancien ministre de la Communication et de la Réconciliation Nationale, il pourra peut-être insuffler, à l’action gouvernementale, une nouvelle dynamique pour la paix, et réussir ainsi à réduire la fracture sociale. Par-dessus tout, certaines indiscrétions révèlent que l’ancien ministre Meckassoua serait très réticent à l’idée du poste qui lui est proposé mais les tractations sont toujours en cours.

A priori, la Présidente Samba-Panza soutiendrait encore pour certaines raisons son premier ministre qu’elle n’entend pas démettre actuellement. D’ailleurs, un conseiller de la présidente, qui a requis l’anonymat, lâchait que Madame Samba-Panza est pour le moment inflexible sur le maintien de Nzapayéké et elle serait prête à croiser le fer avec la Communauté internationale sur la question. Ce qui est sûr et certain, le Centrafricain lambda sera fixé dans les prochains jours.

Étant donné que nous n’avions pas les muscles assez striés pour briser la tyrannie comme nous le conseille la « Renaissance », la Centrafrique sera toujours soumise. On décidera toujours de son avenir sans ses filles et fils. Néanmoins, seuls les mots contre des maux porteront nos voix un peu partout.

Rodrigue, Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

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