CENTRAFRIQUE : QUE PENSER DES SANCTIONS DE L’O.N.U. CONTRE L’ANCIEN PRÉSIDENT BOZIZÉ ?

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« Le Conseil de sécurité de l’ONU a décrété vendredi 9 mai des sanctions contre trois responsables centrafricains: l’ex-président François Bozizé, le coordinateur des milices anti-balaka Levy Yakété et le numéro deux de l’ex-coalition rebelle Séléka, Nourredine Adam.
Ces sanctions ciblées, prévues par la résolution de l’ONU du 28 janvier et proposées par la France et les États-Unis, consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager. La décision a été prise par le Comité des sanctions, qui dépend du Conseil de sécurité. »

En décrétant le vendredi 9 mai 2014 des sanctions contre trois personnalités majeures qui ont joué et jouent un rôle de premier plan dans la crise centrafricaine, le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a fait que mettre le doigt, une fois de plus, sur les tares centrafricaines, ces tares que beaucoup ont du mal à reconnaître.

En effet depuis son indépendance, la République centrafricaine, en tant qu’État, n’a vécu que très peu de temps après sa proclamation, pour s’acheminer dans une voie sans issue, qui l’a conduite droit dans le boulevard de l’instabilité politique, avec des gouvernements qui duraient pour la plupart une dizaine d’années avant d’être étouffés par un coup de force. Les raisons de ces coups de force sont connues de tous, parmi lesquelles l’accaparement des pouvoirs publics par un groupe de parents et d’amis, la gestion des finances publiques par ces mêmes groupes successifs et la main mise sur le pouvoir judiciaire désormais à la botte de ces saboteurs des services publics.

Ainsi, pendant presque une quarantaine pour ne pas dire une cinquantaine d’années, on a vu des pouvoirs se succéder les uns aux autres, des hommes rempiler de pouvoir en pouvoir avec une adresse et une aisance à faire pâlir de jalousie le plus petit des caméléons venus au monde. Ainsi allait la République, avec des deniers publics subtilisés çà et là par les uns et par les autres qui allaient et qui revenaient à leur guise à la mangeaille gouvernementale, sans que le moindre procès fût intenté à leur encontre en dépit de la profondeur du gouffre financier usurpé, la filiation et les liens d’amitié obligeant.

Le peuple avait assisté à ce ballet d’Ali Baba et ses quarante voleurs, en riant parfois du grotesque de ces comportements en des termes tels que « Là, tu as fait fort, grand » quand un palais surgissait de nulle part dans le quartier familier, une villa à deux niveaux faisait son apparition pour être subitement la propriété d’un rastaquouère qui avait toujours vécu dans un abri de torchis, ou alors pour voir un arriviste se placer du jour au lendemain au siège arrière d’une BM, comme on aimait appeler ces voitures de haute pointure allemande, conduite par un chauffeur toujours en sueur assisté d’un garde de corps crasseux et qui avait beaucoup de mal à trouver la moindre tablette de nivaquine à donner à son fils à domicile malade.

La République a vu toutes ces distorsions et s’en est bien marrée. Elle n’avait pas les moyens d’une réaction juste et appropriée, elle était trompée, se laissait tromper et laissait faire.

Elle avait vu débarquer à BANGUI un Président pour en chasser un autre. De la même façon, elle avait vu un autre surgir du Nord pour venir s’emparer du pouvoir de BANGUI, puis un autre encore, avec une violence tellement inouïe que le monde entier a été abasourdi par la cruauté de cette irruption folle.

Le monde entier a vu toutes ces images d’un peuple aux abois, le monde entier a entendu les cris de détresse d’âmes perdues et qui ne savaient plus comment appeler au secours, le monde a entendu ce cri venu de l’enfer.

Et comme pour ne pas être complice d’un drame auquel elle ne voudrait pas être associée, l’ONU a pris en fin de compte ses responsabilités, pour mettre mal à l’aise les grands auteurs du désordre centrafricain. Et ce n’est qu’un chantier qui ne fait que s’ouvrir, car la liste des acteurs majeurs de cette crise est si longue.

Ce qu’il faut tirer de l’action des Nations Unies en gelant les avoirs de l’ancien Président et certains autres fossoyeurs du Temple de BOGANDA puis en circonscrivant leurs mouvements, est la leçon suivante : encore et une fois de plus, les problèmes de CENTRAFRIQUE se règlent à l’extérieur, comme si le pays ne pouvait vraiment pas se passer de ses vieux démons nichés dans le cocon de la gouvernance familiale, tribale et amicale, pour comprendre qu’une telle pratique politique était suicidaire. Et le suicide se matérialise avec les exactions que le peuple subit depuis un peu plus d’une année, pour ne pas dire davantage.

Et si on est assez fou pour ne pas comprendre cela, on doit au moins comprendre que le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison. Alors, faisons l’effort de faire prévaloir la RAISON pour offrir au CENTRAFRIQUE la possibilité d’évoluer vers un monde moderne, pacifique et paisible.

Adolphe PAKOUA

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  1. L’histoire n’a jamais servi en centrafrique parce que le centrafricain a toujours voulu interpréter son histoire par les ont dit en oubliant l’histoire véritable de Barthélémy BOGANDA qui a abandonné la soutane en tant que premier prêtre oubanguien à cause de l’injustice et de la servitude qu’a voulu imposer le colonisateur de l’époque et qui a payé de sa vie pour que le pays soit appelé aujourd’hui la République centrafricaine par le slogan Zo kwè zo.
    Aujourd’hui, de par les alliances que les uns et les autres ont au delà de nos frontières, les uns se disant tchadiens, les autres musulmans, oubliant le socle de l’unité nationale qui est le sango parlé du nord au sud, de l’est à l’ouest ont commencé a prôné l’expression de nordiste et sudiste dans un pays où après plus de cinquante ans d’indépendance il n’a jamais existé une décentralisation, tout cela par un intérêt égoïste dans l’option de brader nos richesses naturelles. M. BOZIZE ET CEUX QUI SONT POINTES DU DOIGT PAR CES SANCTIONS ont échoué parce qu’ils sont passés à côté de l’essentiel qui est l’unité nationale en oubliant aussi qu’une ambassade dans un état représente un état dans un autre et est de ce fait inviolable ( les conventions de vienne).

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