CENTRAFRIQUE : AUX HOMMES POLITIQUES CENTRAFRICAINS

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Par Adolphe PAKOUA

Chers compatriotes leaders politiques, demain la Cour Constitutionnelle de Transition rendra officiel son verdict résultant du premier tour des élections majeures tenues dans notre pays le 30 décembre dernier.

Cette tribune s’adresse en particulier aux candidats à l’élection présidentielle, car les frustrations seront nombreuses et légitimes.

Notre pays a traversé une crise épouvantable qui ne permet plus à une période de trouble de voir le jour et de s’y installer, car les expériences vécues servent aux hommes de tirer des leçons pour éviter la reproduction des erreurs.

Quand des voix extérieures se faisaient entendre pour demander coûte que coûte l’organisation dans notre pays, d’élections majeures, en dépit du fait qu’elles les savaient d’avance mauvaises, parce qu’elles ne voulaient plus d’une transition chancelante, c’était une façon de nous faire comprendre que la page devait être tournée dans l’écriture de notre histoire. Et cette page, c’étaient nous-mêmes qui devions l’écrire, quand bien même nous ne pouvions nous passer du soutien et des conseils de nos amis de l’extérieur.

Trop de retard a été accusé dans l’organisation du processus électoral, trop d’irrégularités et d’imperfections signalées lors du déroulement de ce processus. Ce qu’il convient de tenir en compte, c’est que nous devons sortir d’un système transitionnel qui ne permet pas à notre pays de nouer des relations saines avec ses partenaires.

Ce qu’il convient de savoir aussi, c’est qu’au vu de la destruction de notre pays par des hordes sauvages, destruction qui ne se limite pas seulement aux biens matériels et aux pertes en vies humaines, mais qui touche aussi le mental et le moral des centrafricains tellement la catastrophe été inouïe, il y a lieu d’entrer dans une vraie phase de transition pour mettre le pays sur la voie d’un vrai développement social et économique qu’accompagnera un système démocratique compris par tout le monde.

Et ce travail de la mise en place d’une démocratie réelle est le chantier qui s’ouvrira après l’élection présidentielle.

C’est pourquoi nous pensons qu’il n’est pas nécessaire de dépenser encore trop d’énergie à vouloir mener des procès juridiques électoraux qui ne feront que retarder la sortie de crise, mais plutôt à user davantage de réflexion pour voir ce qu’il convient de faire pour empêcher au pouvoir de demain de recommencer les mêmes erreurs qui nous ont valu la descente aux enfers.

Les recours que les uns et les autres porteront demain devant la Cour Constitutionnelle de Transition sont tout à fait légitimes et méritent d’être émis, mais ils ne doivent ni constituer une fin en soi, ni paraître comme une entrave radicale à la marche du Centrafrique vers l’instauration durable de la cohésion sociale et d’une vie collective apaisée.

Aussi, nous demandons aux « vainqueurs » de demain de ne pas se payer une grosse tête à la suite du verdict de la Cour Constitutionnelle, tout comme nous demandons aux candidats malheureux de penser d’abord à l’avenir de leur pays et de leur peuple, pour éviter la naissance d’une autre crise si ce n’est l’aggravation de celle qui nous a précipités vers les urnes.

Le peuple centrafricain compte sur la sagesse de ses hommes politiques.

Dieu bénisse notre pays.

Adolphe PAKOUA

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