BÂTIR UNE DÉMOCRATIE CENTRAFRICAINE AVEC DES GROUPES ARMÉS ?

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Par GJK

Touadera voulait à tout prix un dialogue entre son gouvernement et les groupes armés. Il l’a eu, et il peut s’en réjouir.

Touadera cherchait coûte que coûte à réduire au silence les groupes « désarmés ». Il a exclu l’opposition de tout débat et très malicieusement, a réussi à neutraliser la société civile. Il peut donc jubiler.

Ainsi, pour ne pas avoir à livrer bataille contre des terroristes surarmés, le Président centrafricain a préféré « se rendre » à ces bandits qui occupent 80% du territoire de la République et pillent les richesses du pays depuis des décennies.

Mais bien avant Khartoum, puis à Khartoum et après, le régime de Touadera continue de tout faire pour tenir soigneusement éloignés, aussi bien les partis de l’opposition démocratique que les organisations de la société civile, de toutes les instances nationales chargées de débattre des questions et de chercher des remèdes à cette grave crise centrafricaine, dont il serait prétentieux de croire que le gouvernement à lui seul détient toutes les solutions.

La création de la fameuse « Commission Inclusive chargée d’examiner tous les aspects liés aux événements tragiques du conflit en République centrafricaine », mais surtout sa composition exclusivement limitée au gouvernement et aux groupes armés, est une grave entorse aux principes démocratiques.

Et si tel doit être désormais le cas pour toutes les institutions de la République, l’on se demande s’il faut définitivement admettre que la nouvelle démocratie centrafricaine made in « FAT & MCU », est en train de se construire, avec d’un côté le pouvoir en place, et de l’autre les groupes armés.

Alors, quelle place reste-t-il dans le débat national, à cette opposition civile et démocratique que l’on tient absolument à asphyxier, et à cette société civile exsangue que l’on marginalise de mieux en mieux ?

En effet, dès lors que le sentiment d’exclusion se répand et que de grandes composantes de la nation au fil du temps s’en estimeront de plus en plus victime, il est à craindre que le recours aux armes surgisse dans les esprits comme la seule solution, pouvant permettre de faire entendre sa voix et défendre ses intérêts.

C’est d’ailleurs le cas de tous ces groupes armés et leurs chefs de guerre que l’on invite et fait asseoir dans les palais présidentiels de grandes capitales africaines ;ces grands bandits à qui l’on donne d’honteuses accolades sous l’œil des caméras, après leur avoir déroulé ce tapis aussi rouge que le sang des Centrafricains qu’ils ne pensent qu’à répandre.

Une démocratie normale n’a pas besoin de composer avec des terroristes, fussent-ils repentis.

Touadera et son administration devraient sans doute bien réfléchir à la question au lieu de foncer la tête baissée comme des taureaux blessés, avec pour seul objectif et unique ambition, garder le pouvoir en 2021.

GJK-Guy José KOSSA

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