CHRONIQUE DU CONFINEMENT: RCA, URGENCE CORONAVIRUS

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Le Centrafricain, c’est malheureusement connu, ne croit souvent le mal ou le danger que quand il est là, autrement dit, quand il est tard. De manière générale, notre peuple demeure étranger à certaines notions plus ou moins élémentaires : Prévention – Précaution – Provision – Prévision – Anticipation.

Tenez !

Au plus fort de la guerre civile, quand les armes crépitaient et que les balles aveugles sifflaient de partout, ces bruits, contrairement à ce qu’ils auraient dû inspirer – courir se cacher -, semblaient plutôt attirer certains, et à d’autres, donner l’occasion de tester leur invulnérabilité, ou de mesurer leur témérité.

Sur un tout autre plan, si l’on n’a pas beaucoup entendu parler des conséquences de l’épidémie d’Ebola dans notre pays, il faut reconnaître simplement, que c’est parce que la RCA a été relativement épargnée. Contrairement à certains pays d’Afrique, dont notre voisine la RDC (République Démocratique du Congo), qui a vu des dizaines de milliers de personnes parmi ses populations, emportées par cette terrible maladie.

Dans les années 70 – Si ma mémoire n’a pas fléchi -, les Centrafricains pourtant, avaient dû se prémunir et lutter courageusement contre l’épidémie de choléra qui sévissait en ce temps. Je me souviendrai toujours de la grande campagne de sensibilisation qui avait été menée à cette époque, à la fois, par l’ensemble du corps médical, mais aussi et surtout par le gouvernement et le Président BOKASSA en personne. D’ailleurs, à sa manière – militaire bien sûr – , BOKASSA eut un discours qui avait marqué les esprits, lorsqu’il est intervenu au journal de midi à la radio-Bangui, pour marteler entre autres ces mots en sango :

« kobéla a kè ga , choléra akè ga ! akè nzoni mö Centrafricain mo kpè tère ti mö…akè nzoni zo oko apkè tërë ti lo….A lingbi mö Centrafricain so moyé ti toumba kobéla so na tërë ti mö, mo za légué ti saleté, mo poussou saleté ka yongoro. A lingbi zo oko oko a soukoula tërë ti lo fani mingui lä öko öko : légué oko, légué oussè, léguè ota, légué balé oko na ya ti lango oko ! ». Qui aurait dit mieux ?

Mais où en sommes-nous aujourd’hui au niveau du gouvernement et du peuple face au coronavirus, de loin la pandémie la plus redoutable par sa dimension internationale? Une pandémie plus mortelle que jamais, comparée à tout ce que le monde entier semble avoir connu ces dernières décennies.

Il est vraiment malheureux de constater que le Centrafricain ne semble pas encore prendre la mesure de ce qui risque de nous faire passer pour minime, les conséquences pourtant graves de la guerre civile que nous avons connue, tant les ravages cette fois, risquent d’être de nature à ne même pas donner le temps ni la possibilité aux uns d’enterrer les autres.

Aujourd’hui, semble-t-il, quand on découvre un cas de coronavirus quelque part à Bangui, cela devient une attraction nationale. On aimerait voir et toucher pour croire, alors que cela, telle une alerte, devait plutôt sonner comme une invitation à la prise de toutes les précautions nécessaires, une convocation à utiliser les « gestes barrières » comme il est convenu d’appeler les mesures de précaution à prendre par chacun de nous .

Les Centrafricains, qu’ont-ils à continuer à mener leur existence comme si de rien n’était, comme si le mal qui frappe le monde leur est étranger?

Les Centrafricains, qu’ont-ils à avoir honte ou peur de faire leur test dès les premiers symptômes, ou de se déclarer malades, quitte à être pris en charge rapidement au niveau médical et à éviter ainsi de contaminer leur proches et de propager la maladie?

Les Centrafricains, qu’ont-ils à pointer du doigt et à se moquer des individus contrôlés positifs au Covid 19 ? Y a-t- il vraiment là matière à plaisanter, à rire bêtement ou à chercher à humilier un être humain aussi vulnérable que chacun l’est en ces moments si graves où personne ne devrait se croire immunisé ?

De tels agissements sont, à ne point s’en douter, la preuve d’une mentalité fossilisée et misérable, d’un état d’esprit rétrograde et funeste.

Que chacun veuille protéger les autres en se protégeant lui-même et Dieu veillera sur tous.

GJK-Guy José KOSSA

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