CENTRAFRIQUE : LE DIALOGUE CONTROVERSÉ

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Hormis le tohu-bohu médiatique des pourparlers de Brazzaville, les résultats attendus du forum ainsi que les modalités de participation aux assises soulèvent un réel débat de fond.

D’un côté, le médiateur Sassou estime que ce dialogue donnera lieu à un cessez-le-feu entre les antagonistes de la crise centrafricaine ; et selon lui, la concertation de Brazzaville permettra aux participants d’aborder tous les sujets épineux qui minent depuis fort longtemps l’environnement sociétal et le paysage politique centrafricain. De plus, le médiateur de la crise centrafricaine affirme que la présence des anciens présidents Bozizé et Djotodia à Brazzaville contribuerait aux arrêts définitifs des hostilités.

De l’autre côté, les forces vives de la nation centrafricaine martèlent à l’unisson que Bangui est la capitale idéale pour servir de cadre au forum national. « Puisque la crise a complètement détricoté le tissu social et détraqué tous les systèmes administratifs, il est par conséquent impérieux que la rencontre se fasse sur le sol centrafricain » insiste un leader de la société civile. Au demeurant, les dignitaires religieux émettent un même son de cloche. « Comment peut-on délocaliser le dialogue inter centrafricain à l’extérieur en ignorant les victimes ? Grave encore, nous assistons à une dépravation des mœurs et une ghettoïsation phénoménale. », s’inquiète un responsable religieux. Contre toute attente, la société civile tempêtent qu’un cessez-le-feu entre les belligérants de la crise peut-être obtenu à partir de Bangui.

Pendant que la courageuse Société Civile conteste le forum de Brazzaville, la classe politique centrafricaine se lance comme à l’accoutumée dans un bal d’égo en vue d’assouvir son intérêt grégaire et égoïste. Indécision, reculade, ajournement des décisions, fermeté aléatoire comme la météo, voilà ce qu’est en vérité la classe politique Centrafricaine.  Avec une vive repartie, elle réfute l’invitation de certains bourreaux du peuple aux dits pourparlers. Seulement, une partie de la population centrafricaine réclame à cor et à cri la présence de ceux-ci à la grande messe. Même s’ils sont déjà mis sur le banc des accusés, il va sans dire qu’ils bénéficient encore de la présomption d’innocence pouvant leur permettre de lever le voile sur la crise qui secoue le pays depuis des années.

D’ailleurs, il paraitrait que plusieurs personnalités centrafricaines, mêlées de près ou de loin à la déstabilisation du pays durant ces deux dernières décennies, éviteraient une confrontation directe avec les anciens présidents Djotodia et Bozizé voire leurs sbires. Craignent-elles une alliance de circonstance entre les deux anciens présidents qui pourrait éclabousser beaucoup de secrets surtout lorsque l’on connait la facilité avec laquelle un homme politique centrafricain peut basculer d’un camp à un autre ?

Néanmoins, certains leaders internationaux et nationaux plaident pour une rencontre bien encadrée de peur que les grands déballages fassent d’énormes dégâts un peu partout. Une chose est certaine, les en-dessous du drame centrafricain font frémir en ce net moment plusieurs hommes et femmes politiques qui espèrent que le despote du Congo saura contenir toutes les voix dissonantes si jamais la capitale congolaise devrait abriter ce dialogue.

A travers ce cadre de concertation, le démocrate taillé sur mesure pourra brandir la répartition des postes ou les billets de banque pour museler tous ceux qui seraient tentés de dévoiler la face cachée de cette crise.

Quoique  BozizéDjotodiaNourredineYakétéNgaïssona soient ciblés par l’ONU comme étant les responsables de la crise actuelle, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent étayer la lanterne des Centrafricains durant cette concertation inclusive.

Peut-être que  les mots pourront résoudre beaucoup de maux qui gangrènent actuellement la société centrafricaine.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

Commentaires

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1 COMMENTAIRE

  1. Ne faudrait-il pas demander à la cellule africaine de l’Elysée de prendre par à ce forum?
    Cela paraît idiot et irréfléchi de poser une telle question aussi utopiste soit-elle, mais une des sources de nos malheurs provient de cette fameuse cellule depuis la nuit des temps ; à cela il il faudra ajouter le manque d’esprit patriotique de nos “politicards” qui sont prompts à faire amende honorable à la France qui a toujours tenu la Rca en laisse pour l’empêcher de diversifier ses relations diplomatiques aux fins de se développer.
    Les “Politiques” centrafricains ont compris que la France ( depuis la mort de Boganda) est faiseuse de roi par conséquent ils sacrifient les intérêts du peuple sur l’autel de leurs ambitions personnelles, familiales et celles des visées géostratégiques de l’ancienne puissance coloniale.
    Cette dernière dimension n’est pas négligeable dans la maîtrise des “traversées du désert” que notre pays a toujours connues et continue de connaître…Ne tergiversons pas!
    Sassou ngessou cherche à travers le dossier centrafricain à se faire une certaine virginité pour redorer son blason vis à vis de la France afin de s’éterniser au pouvoir, lui qui est pratiquement à la fin de son dernier mandat constitutionnel…
    Que pourrait-on attendre de crédible, de démocratique d’un tel personnage qui n’est pas un modèle dans la sous-région ?

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