IMPITOYABLES REQUISITIONS D’UN AVOCAT GENERAL

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AUDIENCE DE LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE DE LA COUR D’APPEL DE LA « CHRONIQUE CENTRAFRICAINE DE GJK », DU LUNDI 24 MARS 2014

POUR:

Peuple Centrafricain ; l’Etudiant Certifié de l’Ecole Primaire Tropicale et Indigène du Village Guitilitimô ; l’Avocat Général près la Cour d’Appel, représentant le Ministère Public. Tous, plaignants et parties civiles, demandeurs d’une part ;

CONTRE :

  • Auteurs principaux : Mme Cathérine Samba-Panza, Présidente de la Transition, Chef de l’Etat ; André Nzapayeké, Premier Ministre du Gouvernement de la Transition ;
  • Complices : L’ensemble des Conseillers, Consultants et Experts, nommés aux différents titres et fonctions, au sein des cabinets de la Présidence, de la Primature, et des différents départements ministériels. Tous, défendeurs non assistés d’Avocat-défenseur, l’ordre des Avocats du barreau de Centrafrique, ayant jugé leur cause, éthiquement indéfendable.

Fait incriminé: Mise en danger de la vie d’un Etat et d’une Nation, la République Centrafricaine.

La parole est à l’Avocat Général pour ses réquisitions.

« Mesdames et Messieurs de la Cour ; Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, chers lecteurs, 

Comme aime à le dire l’oncle Banalè kanga-yanga, analphabète très cultivé de son état, « sache te contrebalancer totalement et te foutre royalement de tout  ce qui ne te regarde pas et ne t’empêche pas de vivre ». Il en est ainsi du sujet, en apparence anodin, mais préoccupant de cette chronique Centrafricaine ; même si le Centrafricain lambda  ne s’en porte pas mal, lui  à qui le pire n’a jamais été épargné.

Mais dites-vous bien, elle empêche malgré tout de dormir cette « foutue » affaire dont il va être question  et qu’il a été jugé utile de porter à votre attention. Et parce qu’elle empêche de dormir, il faut en parler. Après tout, quand vous êtes Centrafricains, tout ce qui est centrafricain ne vous est ni ennemi, ni étranger. Surtout pas en cette période de l’Histoire troublée du pays. Le meilleur service que l’on puisse rendre à la République en danger, serait pour chaque patriote, de prêter serment devant sa conscience, de ne plus jamais prendre part à la conspiration du mal ambiant, par un silence complice dévastateur. Aussi, convient-il de ne plus se taire aujourd’hui, face à toutes les situations d’injustice, et d’intolérables connivences au sommet de l’Etat. Celles-ci menacent en effet, la survie du peuple, et mettent en péril, l’existence même de la nation. Plaise à Dieu que tous ceux qui liront et se reconnaitront certainement ici, faire preuve de courage,  en déposant, une fois n’est pas coutume, leur lettre de démission immédiate, sans préavis ni indemnités, pour cause d’intérêt national supérieur. La République entière  leur en sera éternellement reconnaissante.

Mesdames et Messieurs de la Cour ; Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, chers lecteurs,    

  • s’il ne s’agissait point de la REPUBLIQUE agonisante qu’on  veut perfidement conduire à l’échec, et du peuple centrafricain épuisé,  qu’on se paie malgré tout,  le luxe « d’entuber » lâchement ;
  • si une fois de plus, ce qui se  nomme ici  les espiègleries de ceux qui nous gouvernement, ne consistaient point à infantiliser les Centrafricains  et   enfoncer davantage la RCA,  en faisant  passer les populations pour un ramassis de plus de quatre millions «d’idiots et de cons » ;
  • si seulement, on voulait bien s’arrêter de prendre les enfants Centrafricains  du bon Dieu pour des canards sauvages ;

On en serait pas là aujourd’hui où nous sommes. On s’en serait  contrebalancé totalement, foutu  royalement, et La République ne se serait pas si mal porté !

Mais malheureusement, il y’a encore et toujours de ces situations, qui obligent à sortir du silence pour dénoncer et critiquer, par pure décence républicaine, et par patriotisme agissant. Qu’on se le dise, point n’est besoin ici, de révéler pour calomnier par simple délectation morose ; ou de critiquer, pour nuire gratuitement à des individus,  qu’on aurait cependant tort, de prendre pour de respectables citoyens. Car tout compte fait, on peut tout aussi bien dans cette Centrafrique, à travers tout support médiatique, comme cela arrive ailleurs, ouvrir la bouche et faire usage de sa plume avec bienveillance, uniquement pour féliciter, encourager et louanger nos gouvernants. Si et seulement si, nos dirigeants, comme sous d’autres cieux, s’avisaient et consentaient, à faire au peuple Centrafricain, l’aumône de lui accorder, la moindre considération. Ce qui n’est pas le cas en RCA, depuis des décennies durant, qu’on prend les mêmes, et qu’on recommence.

« Conseillers, Consultants et Experts des Cabinets présidentiel et ministériels,  levez-vous et tous à la barre ! La République vous demande de vous  lever, que cela  vous plaise ou non !  A la barre de la raison et de votre propre conscience, s’il vous plaît, veuillez bien vous présenter à la RCA, et aux Centrafricains. Déclinez chacun devant tous, à haute et intelligible voix, clairement et distinctement, quels sont, votre formation, votre parcours professionnel, et votre état de service !

En vérité, de ce que la République sait, de grands commis de l’Etat et Cadres Supérieurs Centrafricains, justifiant d’un parcours universitaire et professionnel de plusieurs dizaines d’années, sont malheureusement mêlés à de nombreux parvenus sans passé ni avenir. Des citoyens dignes, fiers et auréolés de distinctions administratives, que seules confèrent la conscience professionnelle et le sens du devoir, se retrouvent amoindris, contraints de supporter l’insupportable présence, et le voisinage circonspect, d’aventuriers politiques et de rebelles, dont l’inutile présence improductive, leur est pourtant imposée.

A priori, Il y’a urgente nécessité de procéder dans la Centrafrique de de l’actuelle transition, à une véritable psychanalyse des vocables qui désignent les fonctions et les titres. En y réfléchissant, on peut  trouver des excuses et se dire que,  nommer ou appeler n’importe quel risque-tout, « Ministre ». Cela peut passer car il s’agit  d’une fonction politique, et nul n’est besoin de justifier d’un quelconque parcours pour y être coopté. De plus, un ministre dans un pays normal, ou en voie de normalisation, est toujours entouré d’un certain nombre d’experts, conseillers et consultants, dotés d’un savoir et savoir-faire éprouvés. Il peut à la limite servir de simple pantin.

Mais quand il est question de Conseiller, d’Expert ou de Consultant, l’on est en droit de s’attendre raisonnablement, à des professionnels très expérimentés, « blanchi aux harnois » de plusieurs années en administration, ou en entreprise. Or, la plupart de ceux que la RCA de l’actuelle Transition, nous brandit et expose comme des épouvantails, hormis le fait qu’ils ne justifient d’aucune reconnaissance « intellectuelle »,  n’ont, pour la majorité, jamais exercé aucune activité dans le cadre d’une spécialité ou d’une expertise acquise. Ils sont donc, tous incapables de poser des diagnostics justes,  et de mettre valablement en perspectives,  avec des objectifs définis. Ils ne maîtrisent rien des conséquences positives et négatives de leur mission, et  ne connaissent  rien, aussi bien des conditions de la réussite que celles de l’échec. Ces fameux Conseillers, Experts et Consultants en alibis, nommés à la Présidence et à la Primature de la République Centrafricaine, on peut le dire, ne disposent d’aucune aptitude pouvant leur permettre, de faire des recommandations avisées et mûries, à l’aune de réalisations, précédemment menées dans une carrière professionnelle qu’ils n’ont jamais effectuée.

On pourra toujours  faire l’injure à la République, de considérer que  nos réquisitions, sont de simples supputations et des ragots du « km5 ». Soit. Nous préférerons toutefois, l’élégance du verbe, la  décence morale et la dignité de l’analyse intellectuelle. Nous ne cèderons jamais aux faiblesses d’une argumentation haineuse, qui pèche toujours par naïveté et insuffisance démonstrative, en s’écartant de toute objectivité dans l’appréciation des faits. Par conséquent, «  de peur de conférer à des chenapans, l’auréole du martyre, nous n’utiliserons  que la seule arme qu’ils méritent : le mépris » (B. Boganda). Nous nous refuserons toujours, sauf impérieuse nécessité de clarté imposée par nos analyses, à citer nommément des énergumènes à livrer à la vindicte populaire, au risque d’imposer à  la République la double peine de les célébrer parmi de vrais martyrs. Les Centrafricains qui savent tout, voient tout et  taisent tout, ne sont pas tous des candides et des sots. Dans ce pays de « on sait qui est qui » et « on sait qui fait quoi », on finit toujours par rendre compte. Tôt ou tard.

Du reste, c’est à bon droit, que la République se pose encore et encore, la question de savoir s’il faille continuer d’affubler du titre de Consultant « en rien », d’Expert, et de Conseiller, tous ces politiques et rebelles, fils et parents de Président. En tout état de cause, devrions-nous sans cesse, nous accommoder des personnages ombrageux et blafards à l’état de service nul, au péril de ternir l’image du pays déjà peu reluisante? Si on y prend garde, ils finiront par asphyxier totalement le fonctionnement régulier de la plus haute administration Centrafricaine, sans oublier ce qu’il en coûte à l’Etat d’entretenir des « inaptes ».

En définitive, hormis toutes les considérations d’ordre purement politiques, la RCA de l’actuelle Transition, semble créer plus de problèmes à l’heure actuelle qu’elle n’apporte de solutions. Principalement, du point de vue de la mobilisation et de l’utilisation à bon escient, des ressources humaines compétentes et spécialisées. Une chose est certaine, des Ministres technoriens, des Ministres-Conseillers, Ministres-Experts et des Ministres-Consultants, tous incultes à divers degrés, seront toujours obligés de faire appel à des technocrates, des Conseillers, Experts, Consultants, qui, s’il sont eux-mêmes doublement incultes, feront appel à de sous-conseillers, sous-experts et sous-consultants. Jusqu’à ce qu’il soit impossible de « parrainer », camoufler, dissimuler et masquer, l’incompétence des incompétents et l’inexpérience des inexpérimentés. Mais où va donc la RCA ?

Aujourd’hui, partout en Centrafrique, on trouve des escrocs, estampillés « Experts en levée de fonds » ;  des doungourous, ces hommes à tout faire des personnalités, qui s’arrogent le titre de « Conseillers en techniques d’approche et de rdv » ; des chauffeurs de taxis, pompeusement appelés « Consultants en logistiques de déplacement et d’accompagnement » !

Mais à affiner la réflexion, on se dit simplement, pourquoi pas ? La France même qui nous a tout appris,  n’a-t-elle pas  connu  l’ère des balayeurs de rue, transfigurés du jour au lendemain  en «  techniciens de surface ? »

Décidément, la Centrafrique rend fou. Et des centrafricains effectivement fous, tiennent à rendre  les non-fous et les moins fous, absolument fous  »

Sur ce, Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, chers lecteurs, l’audience de la Cour d’Appel de la « Chronique Centrafricaine de GJK » de ce lundi 24 mars 2014 est levée. Elle poursuivra ses jugements, dans quelques heures,  par l’examen des affaires déjà  inscrites au rôle du site « Les plumes de RCA ».

GJK – L’Élève Certifié 
De l’École Primaire Tropicale 
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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