HOMÉLIE FÊTE DE TOUS LES SAINTS (1ER NOVEMBRE 2014)

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Textes : (Ap. 7, 2-4. 9-14 ; Ps. 23 (24) ; 1 Jn. 3, 1-3 ; Mt. 5, 1-12)

 « D’où viennent-ils ? »

Une question toute simple que nous avons l’habitude de poser en des termes différents. Le plus important, c’est la réponse qu’on donne en fonction du contexte dans laquelle la question est posée : une catégorisation, un mépris, une sous-estimation, un émerveillement. Dans la première lecture, Jean raconte sa vision de l’au-delà. Il a vu une foule immense, vêtue de blanc, que nul ne pouvait dénombrer. Il était émerveillé. Il se demandait qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? Voilà que quelqu’un, un ancien, s’approche de lui, et lui pose la question qu’il se pose : Qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? Jean attendait une réponse, et c’est une question qu’on lui pose. Evidemment, la réponse se trouve dans le premier épisode de sa vision : « Ne dévastez pas la terre avant que nous ayons marqué les serviteurs de Dieu ».

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice »

Ce grand cri de NON au massacre et à la dévastation, nous renvoie à ce que le monde vit aujourd’hui. En plus des grandes épidémies telle que la Fièvre Ebola qui tue des milliers de personnes, des peuples ou des groupes d’hommes ont reçu de certaines puissances qui ne disent pas leurs noms, et de certains chefs de guerre qui se cachent derrière des prétextes de religion ou d’autres raisons quelconques, l’ordre de tuer, de massacrer, de dévaster le monde, et tout ce qu’il renferme. On peut alors se poser la question : qui sont-ils, et d’où viennent-ils, ceux qui méprisent et sous-estiment les autres au point de les massacrer sans pitié ? Toutes les barbaries humaines ne cessent de faire des victimes. Des mutilés, des veuves et veufs, des orphelins, des malnutris, des déplacés et des réfugiés constituent dans ce monde, une foule immense, que nul ne peut dénombrer. Cette foule des hommes est exposée à l’insécurité, à la faim, à la maladie… Dieu dans sa justice intervient : « Ne dévastez pas ». Autrement dit, « Ne les abandonnez pas, ne les laissez pas mourir dans ces conditions ». C’est un appel à chaque croyant quelle que soit sa religion, et un appel aux chrétiens avant tout, à pratiquer la justice qui libère et sauve : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ». Cette justice invite à accueillir le déplacé et le réfugié ; à partager le peu qu’on a avec la veuve, le veuf, l’orphelin le malnutri ; à relever le pauvre de la cendre de son malheur ; à redonner à l’homme sa dignité d’homme, créé à l’image de Dieu. Heureux es-tu, toi qui as faim et soif de la justice ; tu seras rassasié par les œuvres de bienfaisance que tu auras accomplies en faveur de l’humanité qui aspire à la paix, et rien que la paix.

« Heureux les artisans de paix »

La foule immense dont Jean nous parle est composée de « toutes les nations, races, peuples et langues ». Tout le monde forme une seule nation ; se considère comme une seule race ; constitue un seul peuple ; parle une seule langue qui dit la paix, et offre les meilleures conditions de paix. « Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ». Dieu invite les hommes à constituer une seule nation, le nouveau peuple de Dieu, dans le respect des habitants de chaque territoire. Par son Fils, Dieu se donne pour peuple, la communauté des croyants. Ceux-ci sont tous d’une seule race, selon la lignée d’Abraham, le père de tous les croyants. Enfin, Dieu fait tenir à tous les serviteurs du Christ, le seul et unique langage évangélique qui exprime des pensées positives et constructives, et qui annonce la paix. Voilà des bases solides de la paix entre les hommes et dans le monde. Les saints que nous fêtons aujourd’hui sont ceux-là, qui sur terre, ont essayé avec ce qu’ils sont, chacun selon ses propres mérites, de pratiquer la justice et la paix. Heureux, sont-ils, eux qui ont répondu favorable à l’invitation du Christ : « Devenez des saints comme votre Père céleste est Saint ». Ils ont accompli le grand dessein de Dieu.  « Le royaume des cieux est à eux », et « ils seront appelés enfants de Dieu ».

En célébrant la fête de tous les saints, nous célébrons notre propre invitation à devenir des saints en remplissant la condition que nous pose le psaume qui nous est lu tout à l’heure : « L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles ». L’honneur, la gloire et la surabondance dans un esprit égoïste, nous éloignent de Dieu. Que la grâce de cette Eucharistie, célébrée en la fête de tous saints nous fortifie dans notre lutte contre la mal, et nous guide sur le chemin de la sainteté.

Pascal TONGAMBA 

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