CHRONIQUE DE GJK : J’IRAI AU FORUM DU PEUPLE ET AU NOM DES VIVANTS MAIS AUSSI DE NOS MORTS, JE PARLERAI !

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Par GJK

« Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai. Et je lui dirais encore : Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. » (Aimé Césaire – Cahier d’un retour au pays natal)

Ainsi jusqu’au bout, Samba-Panza et ses cyniques stratèges de la transition-trahison, s’évertueront à user de tous les subterfuges, à employer divers artifices ingénieux, à semer tous les germes de division et de désordre, à prendre intentionnellement des postures politiquement incorrectes, à adopter sciemment un discours incommodant, le tout, dans le but bien « incompris », de susciter inutilement des réactions souvent incontrôlées des masses populaires, et trouver des raisons de maintenir durablement en place cette transition brouillonne, vorace, récréative, jouissive et chaotique.

En effet, comment expliquer que les autorités provisoires actuellement en place en RCA, semblent privilégier presque toujours, les décisions et autres mesures volontairement provocatrices, délibérément iniques et donc inacceptables, à celles qui participent plutôt de l’intérêt général et du principe de gestion consensuelle de la transition ? Cette attitude pernicieuse du pouvoir, n’aurait-elle pas pour finalité, de pousser et d’obliger à chaque fois le peuple et ses représentants – s’ils veulent vraiment faire entendre leur voix et faire plier les gouvernants -, à utiliser quasi systématiquement la procédure dissuasive d’interpellation parlementaire, généralement liée aux menaces de soulèvements populaires? Aussi convient-il de souligner ici, qu’il y’a sans doute à la base de ces comportements malveillants des dirigeants de la transition, une volonté malsaine d’entraîner le peuple centrafricain dans un cul de sac et de l’enfermer dans la spirale vicieuse des revendications et de ses débordements néfastes. Si tel est le cas, ces mêmes revendications justes, justifiables et justifiées, à force de récurrence, courent le risque certain de devenir vulgaires, éprouvantes, agaçantes et même sans intérêt. Elles passeront tôt ou tard, pour de vaines gesticulations et de simples cris d’orfraie, émis par des individus aigris et tourmentés peut-être, mais non moins redoutables « empêcheurs de ruiner la transition en paix ».

Par ailleurs, pourquoi vouloir à tout prix injecter au « Faux-rhum » de Bangui, une très forte dose de représentants toxiques du pouvoir, si ce n’est dans le but d’enivrer et d’inhiber d’emblée, tous les incorruptibles défenseurs des intérêts du peuple ? Ainsi pourra-t-on réussir à imposer ou à faire adopter sans aucune difficulté croit-on, toutes les résolutions et recommandations susceptibles de contribuer, d’enraciner, et d’aider à la croissance, au développement et à la poursuite durable, de l’œuvre entreprise depuis environ quinze mois par l’actuel régime de transition, en vue de parachever l’asservissement intégral, l’appauvrissement total et le sabotage général de la RCA et de son peuple.

Que nenni ! J’irai au FORUM DU PEUPLE, et au nom des vivants ainsi que de tous nos morts, je parlerai ! Je parlerai pour défendre l’exilé, la veuve et l’orphelin Je parlerai au nom de cet enfant qui pleure sans cesse, De cette mère qui gémit de douleur et dont les larmes ne sont plus qu’un torrent de sang, De ce pauvre père de famille épuisé, sans salaire et sans espoir de retrouver un jour sa maison pillée, détruite ou confisquée ! Je parlerai et je crierai le malheur de tous ces milliers de familles condamnées à passer depuis de longs mois, toutes leurs nuits à la belle étoile et toutes leurs journées à errer comme des âmes en peine, tantôt sous le soleil brûlant, tantôt sous la pluie battante ! Je parlerai au nom de tous ces jeunes désespérés, exploités sans vergogne et livrés à l’appétit sexuel des militaires étrangers sans foi ni loi ! Je parlerai du fond de mon cœur !

Et de cette grand-mère malade qui se résigne à attendre la mort toute seule, Recroquevillée sur sa natte humide placée dans un coin de sa case sans toit Je parlerai du fond de mon cœur!

Du grand-père mort d’inanition avant- hier, je parlerai Du mort-né enterré en forêt, du nouveau-né qui grandit sans ses parents tués par les séléka et les antibalaka, je parlerai !

En votre nom à vous tous, mes frères, mes sœurs, mes amis et mes chers compatriotes, je parlerai et je dirai à vos ancêtres de l’est, de l’ouest, du centre, du nord et du sud : « Voici que meurt la Centrafrique berceau des Bantous ! Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l’on commande Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement. Qui apprendrait le rythme à notre sol défunt des machettes et des AK47 ? Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l’aurore? Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l’homme aux espoirs éventrés? » (emprunté à LSS)

Oui, j’irai au FORUM DU PEUPLE, et au nom des vivants ainsi que de tous nos morts, je parlerai et je prierai ! Je parlerai et je me souviendrai de mon ami et frère enlevé par des sélékas enragés, aux premières heures d’un matin C’était en direct devant toutes les cameras du monde entier ! Cher frère et compatriote, Tu as donné ta vie en sacrifice pour ton peuple, frère Quand bien même personne ne s’en souviendrait Et que les auteurs de ce crime odieux courent toujours, Je voudrais tout simplement te dire : « FRERE, TU N’ES PAS MORT POUR RIEN » Et ta mort ne restera jamais éternellement impunie Je parlerai et je prierai

Pour toi « prêtre prophète et roi » Je parlerai et je prierai Toi que de lâches assassins ont froidement abattu au milieu De tes fidèles et de tous les enfants de Dieu refugiés ce jour à l’église de Fatima Je parlerai encore et partout de ton humilité, De ta simplicité et de ton amitié toujours offerte ! Avec toi sont morts de nombreux centrafricains innocents Requiescat in pace (RIP)

Oh Dirigeants de ce pays N’aviez-vous pas promis que «… les auteurs de ces actes odieux et crapuleux seront pourchassés jusque dans leurs derniers retranchements, jugés et punis » ? Qu’il en soit ainsi Mais pensez-vous néanmoins à tous ceux qui ont été emportés par cette crise et à qui vous devez vos fauteuils de dirigeants de la Transition ? Du soldat inconnu et de l’inconnu sans sépulture Je parlerai et je prierai!

Aussi, puisque les morts ne peuvent plus parler, Qu’avons-nous donc tous, nous les vivants à nous taire Et à ne pas défendre notre terre ? Tous nos morts étaient hier ce que nous sommes Demain, nous serons ce qu’ils sont aujourd’hui Osons parler et défendre la mémoire de nos défunts Afin que quand viendra notre tour Notre mémoire ne meurt pas avec nous

Ainsi donc, J’irai au FORUM DU PEUPLE, et au nom des vivants ainsi que de tous nos morts, je parlerai et j’accuserai! Je parlerai et j’accuserai au nom de mon peuple meurtri J’accuserai les sanguinaires de la Séléka J’accuserai les criminels impitoyables antibalaka Je parlerai et j’accuserai les commanditaires des uns Je parlerai et j’accuserai les soutiens des autres Je parlerai et j’accuserai tous ceux qui portent la lourde responsabilité de toute la souffrance imposée à mon peuple qui n’en finit pas de se morfondre et de broyer du noir tous les jours !

J’irai au FORUM DU PEUPLE Peut-être oui peut-être non Quoiqu’il en soit Si je m’insurge contre l’organisation lamentable de ce forum de Bangui Ce n’est surtout pas pour m’associer à son boycott. Le peuple est face à son destin. Il doit s’imposer, s’approprier ces assises et en faire LE FORUM DU PEUPLE ! PRENONS LA BASTILLE ! PRENONS LE PAYS !

Dans tous les cas, Chaque délégué à ce forum représente tous les Centrafricains Alors, à chacun je dis bien : Ne vous enivrez point du « Faux-rhum » de Bangui, Mais enivrez-vous de parole, de vérité, de fermeté ! Souvenez-vous : « Il est des circonstances qui imposent de ne pas craindre de déplaire, de ne pas chercher à complaire, de ne pas se taire, lorsque ce qui est en cause relève du devenir d’un peuple ». ( J.B.Placca)

Au nom du peuple, demandez donc tous les comptes Aux responsables de cette transition angoissante et finissante Exigez un bilan sans complaisance Et surtout de ma part n’oubliez de leur poser cette ultime question : « Mesdames et messieurs, n’avez-vous toujours pas assez rempli vos comptes et construit suffisamment d’immeubles et de villas pour vous décider enfin à remettre avec le minimum de dignité qui vous reste, ce pouvoir entre des mains plus soucieuses de redresser le pays et de redonner à son peuple le goût du travail ? »

Jusque mon dernier souffle Je parlerai Je défendrai J’accuserai Je prierai POUR MON PEUPLE

GJK – L’Élève Certifié De l’École Primaire Tropicale Et Indigène du Village Guitilitimô Penseur Social

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