CENTRAFRIQUE : TRAFIC OUTRANCIER DU PERMIS DE CONDUIRE A BANGUI

0
320

Décidément, les histoires étincelantes ne finiront de faire la « Une » de la presse écrite et orale dans la République du laisser-aller. Tantôt les professionnels de médias épiloguent longuement sur la ponction abusive du don angolais par les autorités de Bangui, tantôt ils ergotent sur les anciens dons que le gouvernement remet au goût du jour, ou encore sur les détournements des derniers publics qui ne cessent de se généraliser dans l’administration centrafricaine. Aussi incroyable que nous ne pouvons l’imaginer, les personnalités ont désormais une préférence particulière pour le verbe « manger » qu’ils affectionnent conjuguer au présent de l’indicatif et plus particulièrement à la première et deuxième personne du singulier : « Je mange, tu manges, …. »

Quasiment tout le monde voit midi à sa porte. Si d’un côté, le personnel de l’ambassade de Centrafrique au Cameroun s’est spécialisé dans l’utilisation frauduleuse des franchises accordées par l’état, pour des fins personnelles et commerciales, de l’autre côté, un réseau de trafiquants de permis de conduire s’est implanté au Ministère des transports depuis le putsch du 24 Mars 2013. Il semblerait que ces contrebandiers vendent les permis, au faciès et à un prix allant de 100.000 F à 1.000.000 F CFA.

Depuis que le permis de conduire centrafricain a désormais une valeur vénale, de nombreux étrangers en ont acheté. Grâce à la loi de l’offre et de la demande, plusieurs nationalités ont acquis le précieux sésame au grand dam des Centrafricains. Le réseau est tellement bien organisé que les trafiquants sont capables de fournir leurs clients en moins de 48H. On raconte que ces contrebandiers ont pu marchander plus de 1000 permis de conduire ces deux dernières années.

Une chose est sûre, les Centrafricains de l’étranger vont en pâtir dans un avenir proche. Car, on sait qu’ils font partie des rares nationalités que la France et d’autres pays occidentaux acceptent encore l’échange du permis de conduire sans très grande difficulté. Mais à ce qu’il parait, des préfectures de certaines communes françaises mis au parfum, commencent à devenir très réfractaires sur les échanges et surtout, de plus en plus méfiants sur l’authenticité des permis centrafricains. Il est donc fort probable que ces faisceaux d’informations remontent jusqu’au ministère de l’intérieur français qui à son tour, risquera d’adresser une circulaire aux préfectures à cet effet. Il est grand temps que le ministère centrafricain en charge des transports diligente une enquête minutieuse, afin de mettre la main sur ces contrebandiers et sauver ce qui reste encore des accords de réciprocité d’échange. Par ailleurs, les chauffards bénéficiaires de ces permis, qui ne savent parfois pas conduire, pourraient ôter la vie à des milliers de centrafricain. Notre cri d’alarme sera t-il pris au sérieux dans cette République de laisser-faire ? En tout état de cause, nous n’avons que les mots contre des maux.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

Commentaires

0 commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre vote!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.