ANDRE NZAPAYÉKÉ, MÉDAILLE DE RECONNAISSANCE CENTRAFRICAINE POUR 300 MILLIONS DÉTOURNÉS : LES VEUVES ET ORPHELINS DE RCA VOUS EXIGENT RÉPARATION !

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Comment peut-on imaginer une si aveuglante avidité financière, et une goinfrerie si pernicieuse, de la part de Nzapayéké André ? N’était ce point ce banquier international et technocrate avisé qui, le 29 juin 2014 à Paris, déclarait lors d’une interview sur France 24 :

« Je pense que tout ce qui peut être utile pour que la République Centrafricaine sorte de cette crise est absolument la bienvenue…ce que je suis en train de faire, c’est déjà beaucoup de sacrifices. J’ai abandonné beaucoup de choses pour occuper les fonctions qui sont les miennes aujourd’hui. Je crois qu’un sacrifice de plus dans l’intérêt de la nation cela me réconforterait » (Interview France 29 juin 2014)
http://www.france24.com/fr/2014-06-27-2146-le-journal-lafrique-centrafrique-andre-nzapayeke-sommet-ua-rwanda-ramadan/

Franchement, les Centrafricains peuvent toujours crever ! Pour avoir perçu cash et en totalité, le montant de 300 millions F CFA, à titre « d’indemnités de sacrifice et abandon de beaucoup de choses », Nzapayéké fut vraiment un cadeau du ciel à ne pas perdre, lui qui s’est abaissé jusqu’à accepter un poste de PM !

Mais avant de condamner qui que ce soit, essayons avant tout de comprendre ce qu’il s’est passé, en posant quelques questions auxquelles nous n’aurions aucune réponse. En vertu de quelles dispositions légales – ou conventionnelles – le Premier Ministre Nzapayéké a-t-il bénéficié de ce droit ? Pour quels bons et loyaux services, devrait-on le laisser jouir paisiblement à lui seul, du ¼ des salaires payés à de milliers de Centrafricains qui plus est, attendent depuis plusieurs mois qu’on daigne enfin penser à eux ?

Néanmoins, en essayant de dédramatiser cette situation, j’ai souhaité trouvé des réponses – ou des contre-vérités – en parcourant quelques discours prononcés par Nzapayéké tout au long de son mandat sans éclat :

Tout d’abord au lendemain de sa nomination le 26 janvier 2014, voici ce qu’il disait:
« Ma première réaction, c’est d’abord une grande fierté. Je me sens très honoré par cette décision de madame la cheffe de l’Etat. J’ai une pensée pour toutes les victimes de la longue crise que nous traversons ici, aux orphelins, aux veuves, aux veufs, aux pères et aux mères qui ont perdu des enfants et des parents.
http://www.rfi.fr/afrique/20140125-centrafricaine-presidente-nomme-andre-nzapayeke-premier-ministre/

A vrai dire, on doit se demander à quel degré de cynisme, de surdité et de cécité, le pouvoir et l’argent ainsi que l’argent du pouvoir ont réussi à élever Nzapayéké, pour que son cœur n’arrive plus à s’attendrir devant tant de malheurs et de peines ? Que ses oreilles n’entendent plus les cris de tant d’orphelins en Centrafrique ? Et que ses yeux refusent de regarder et de voir les mains tendues de toutes ces veuves dont les maris lui ont ouvert par le sacrifice de leur vie,  la voie d’accès à la primature ?

Mais à y réfléchir, on finit par voir clair. En réalité, l’ancien premier ministre Centrafricain, nous avait prévenus. Et, il nous avait même répondu par anticipation. N’était-ce pas en accusant les autres qu’il parlait plus de lui ? Examinons ce qui suit :

« Nous venons de loin et nous avons encore un long chemin à parcourir, des pentes glissantes à gravir et des rivières pleines de crocodiles à traverser…
Le comportement anti républicain et anti centrafricain de certains individus véreux qui ont choisi de faire du chaos, de la violence et des crimes leur fond de commerce »
http://www.acap-cf.info/DECLARATION-de-M-Andre-NZAPAYAKE-Premier-ministre-chef-du-gouvernement-de-transition-de-la-Republique-Centrafricaine_a5937.html

Une fois qu’on a dit cela au préalable, et que par la suite on fait bien en faisant du chaos, de la violence et des crimes son fonds de commerce », alors là, Monsieur Nzapayéké, respect ! Par ailleurs, de quels droits, veuves, orphelins et autres « misères du monde» disposent-ils pour se plaindre ?

Après tout, qu’on ne demande pas à Nzapayéké de réinventer la roue s’il vous plaît !
Et si vous ne voulez pas comprendre, tenez ceci et lisez :

« Cela fait longtemps que la Centrafrique, par le comportement de ses fils et de ses filles, a perdu le droit au respect de la communauté internationale. Je dirais même qu’un pays dont l’armée et la police sont totalement dérégulées, qui ne peut pas nourrir sa propre population et qui, même pour acheter un stylo, doit tendre la main, ne peut pas demander beaucoup de respect. Nous nous battons pour retrouver notre dignité, et l’essentiel c’est que le peuple comprenne qu’en acceptant d’être traitée de cette manière, d’être placée dans une situation aussi ridicule dans le seul but de faire avancer la paix, Catherine Samba-Panza s’est sacrifiée et mérite le respect ».
http://centrafrique-presse.over-blog.com/2014/07/lu-pour-vous-interview-andre-nzapayeke-la-centrafrique-a-perdu-le-droit-au-respect.html

Bien dit ça Monsieur le Premier Ministre ! De toutes les façons, installé – ou pas encore – loin là-bas à Johannesbourg (Afrique du Sud), vous pouvez toujours vous la couler douce. Et tant pis pour ces veuves et orphelins qui ne méritent ni attention, ni compassion. Ce ne sont pas non plus, leurs gesticulations et cris de tous les jours, qui risqueront un jour d’empêcher de voler en rond, présidents et ministres au pouvoir en RCA. En plus, dans ce beau pays de l’impunité et de la médaille de reconnaissance, qui peut empêcher de se pavaner, « des personnes qui jusque-là continuent de jouer à l’autruche, la tête plongée dans le sable et le postérieur totalement dehors ». Ces personnes ont pour seul mot d’ordre : Centrafrique d’accord, mais les milliards de l’angolais d’abord.

Mais voyez-vous, Monsieur le Premier Ministre, je n’ai aucune leçon à vous donner, seul la voix de cet orphelin m’interpelle chaque jour, et me donne ainsi le courage de vous parler. Aussi ai-je voulu vous faire entendre ce que dit cette voix qui parle ainsi:

« Un chemin bordé de pierre
Qui conduit à un écrin
Où les mains jointes en prière
Un enfant pleur son destin

Ô mon Dieu toi qui écoute
Les sanglots de tes enfants
Je suis là sur cette route
A pleurer mes deux parents

Je n’ai pas commis de crime
Je n’ai pas non plus volé
C’est la violence ultime
De ces montres au cœur fané

Qui ont dans leurs yeux obscènes
Massacré ce qu’ils pouvaient
Emporté par toutes les haines
Sur des routes jalonnées

Ils sont venus dans la ferme
Ont brulé ce qu’ils trouvaient
Ils ont dit « qu’on les enferme
et qu’on aille jeter les clés »

Ils ont tué mon père ma mère
Sans éprouver de pitié
Ils ont ri de ma misère
Et m’ont chassé à coup de pied

Tous ces hommes et leurs chimères
Dans leurs rêves d’absolu
Ont créé tant de misères
De pauvres gens jetés sur les rues

Tout ce monde et ces horreurs
M’a tout pris, a tout détruit
Il ne me reste plus que la douleur
Pour me guider dans la nuit

Ô mon Dieu entend ma prière
Aies pitié de moi
Emmènes moi auprès de ma mère
Pour que je m’endorme dans ses bras »

(William B)

Et ils sont des milliers et des milliers en Centrafrique ces orphelins ! Samba-Panza, Nzapayéké et Kamoun, ce sont vos enfants et petits-enfants. Ils sont également les miens. Qu’ont-ils faits pour mériter un tel sort ? Qu’est ce qui fait croire que demain ce ne sera pas le tour de nos enfants ou petits-enfants de subir un sort si injuste ?

De grâce rendez à la Centrafrique les milliards détournés,
Nos orphelins et veuves en ont besoin !

Guy José KOSSA
GJK – L’Élève Certifié

De l’École Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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