RCA : RESPECT ET MERCI À VOUS, MONSIEUR MECKASSOUA !

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Par GJK

Si au nom de la République centrafricaine il avait tenu à prendre place dans l’avion qui devait ramener du Cameroun au Congo Brazzaville puis à Bangui, le prêtre polonais Mateusz Dziedzic ainsi que ses compagnons d’infortune libérés dans la journée d’hier, près de deux mois après leur captivité, personne je le crois, n’aurait sans aucun doute refusé à Karim Meckassoua cet honneur et privilège. Personne dis-je, n’aurait trouvé à redire de le voir se précipiter pour tirer tous les dividendes de son implication personnelle, de l’une de ses nombreuses actions discrètes et efficaces qui vient ainsi d’aboutir et de porter tous ses fruits.

Karim Meckassoua lui-même d’ailleurs, semble avoir choisi une fois de plus de ne pas faire de bruit et de partir sur la pointe des pieds – certainement pour d’autres missions humanitaires et concrètes -, avant et au lieu de se laisser assaillir par une armada de journalistes avec tous leurs micros et caméra.

Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit aimait à répéter un de mes éducateurs de l’école de la vie. Meckassoua sans aucun doute a fait de ce précepte, le maître mot de son engagement et de sa conduite politiques, lui le Monsieur « audit » et l’homme des dossiers et non des discours creux.

A l’époque où il était vivement pressenti et adoubé par la Communauté internationale pour occuper le poste de Premier Ministre en RCA, l’on ne l’entendit guère se réjouir et se vanter d’être le « meilleur de sa génération » ! Malgré les dérives de Samba-Panza qui avait préféré sacrifier les intérêts de la République sur l’autel de ses calculs personnels en nommant son complice Kamoun ; malgré les atteintes et les injures à peine contenues proférées publiquement contre sa personne ; malgré l’attentat contre son domicile du km5 à Bangui ; l’on n’entendit jamais Meckassoua se plaindre, ni céder aux provocations, à la tentation de « rendre coup pour coup », de se lancer dans des invectives et autres déclarations intempestives. Quelle élégance ! C’est la classe, dirait mon fils !

A l’heure où en RCA, l’on continue d’ôter la vie aux innocents impuissants, sans que Samba-Panza et son gouvernement ne réagissent ; à  l’heure où les Centrafricains dépités et complètement découragés et désorientés ne savent plus à quel saint se vouer ; pendant que la plupart des hommes politiques sont sur les starting-block et n’attendent que le signal pour se lancer à corps perdu dans la campagne électorale, Karim Meckassoua lui, vient de contribuer à rendre à nouveau le sourire, l’espoir et la vie à des otages et à des êtres très chers, ne serait-ce que pour leurs familles.

Respect ! Profond respect et merci à vous Karim Meckassoua, au nom de la Centrafrique et de tous ces Centrafricains pour qui – comme moi – , rien ne vaut la vie. Ces Centrafricains pour qui, si l’engagement et le combat politiques doivent avoir un sens, c’est à travers des actes et des actions concrètes, et non à travers des discours inutiles, des promesses jamais tenues, des « tapis rouges » toujours et sans cesse déroulés et étendus dans la boue de la bêtise, de l’enrichissement personnel et de la misère du peuple.

Tout compte fait, l’engagement et l’action politiques, doivent absolument se séparer de cette sombre volonté de nos dirigeants à ne travailler que pour leur propre bien, celui de leurs familles et proches, qu’ils encouragent à s’empresser pour prendre part à la plus sordide, à la plus nauséabonde, à la pire des goinfreries des prédateurs que la RCA n’ait jamais connue.

Enfin, il convient qu’en même temps que je suis en train d’écrire les présentes lignes, je me surprends du fait qu’on veuille absolument taire et passer sous silence « la libération des otages en RCA », un événement qui dans certains pays « oblige » le Chef de l’Etat en personne à se déplacer et à prononcer un discours plein de sens.

Mais en Centrafrique, la vie ne semble plus n’avoir aucune valeur et il n’y a qu’à constater la quasi-indifférence générale des uns et des autres face à tout ce qui se passe chez nous !

Dieu reconnaîtra les siens !

Guy José KOSSA
GJK – L’Élève Certifié

De l’École Primaire Tropicale
Et Indigène du Village Guitilitimô
Penseur Social

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