RCA: UN AMALGAME POLITIQUE SI PERNICIEUX QUE NUL NE DEVRAIT IGNORER

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Par GJK

Ceci n’est plus un secret pour personne. Je dirais mieux, cela apparaît telle une évidence à crever les yeux, une dissonance pétaradante à boucher les oreilles, une sentence que certains agitent comme le couperet tendu du sacrifice d’Abraham, ou encore, l’épée de Damoclès suspendue sur des têtes centrafricaines supposées réfractaires à la loi des vainqueurs. Bref, le constat est si triste qu’il faut absolument le relever pour en dénoncer les travers et les abus.

De plus en plus clairement, ne pas appartenir au MCU – Mouvement Cœurs Unis -, le parti présidentiel ; être leader ou membre d’un parti de l’opposition ; critiquer ou soutenir des arguments contraires à celle de la majorité au pouvoir, et même adopter simplement une posture politique des plus neutres en RCA, relèvent du péché mortel, d’un crime de lèse-majesté.

Systématiquement, quiconque se refuse de se soumettre à cette dictature de la pensée unique, se voit taxer – ouvertement par les moins intelligents et insidieusement par les plus malicieux -d’être sinon un membre actif, du moins, un redoutable sympathisant jouant le jeu de la CPC – Coalition des Patriotes pour le Changement -, cette nébuleuse dirigée par François Bozizé, laquelle a pris la place de la SELEKA pour imposer de nouveau la lutte armée comme unique voie de conquête du pouvoir en Centrafrique.

Aussi, suffit-il aujourd’hui d’explorer le nouveau champ lexical centrafricain imposé par l’Ambassadeur russe, suivi béatement de ses laudateurs « daltoniens », pour se surprendre mais pas vraiment, que « opposition démocratique » devient synonyme de CPC, et militant d’un parti politique autre que le MCU, équivaut à « rebelle ». Que nenni !

Nous voici alors installé en plein dans ce que j’ai nommé LA MALEDICDICTION centrafricaine DU BON SENS ET DE LA RAISON ou encore LE DALTONISME MORAL lesquels conduisent à faire un amalgame dangereux, à user d’un argument ou d’une argumentation minable, à opter pour une idée d’arrière garde que n’hésitent pas à brandir pour se faire valoir, certains militants du MCU et surtout, quelques partisans et soutiens de la vingt cinquième heure du Président Touadera.

Ces comportements et discours, ne sont pas sans rappeler ceux naguère adopter par les Hutus, et leurs journalistes de la tristement célèbre Radio mille collines au Rwanda – encore le Rwanda .Pour parler de la France, certains par ignorance ou par malveillance, s’étaient ainsi évertués à coller l’étiquette honteuse de « collabo »à leurs compatriotes ;, dans le but de les livrer à la vindicte populaire si ce n’est à la guillotine de Guillotin.

Afin d’éviter ce piège funeste et pour se soustraire à cette volonté exterminatrice, vous vous êtes sans doute rendu compte que beaucoup nos compatriotes, autrefois prolixes sur les réseaux ou ailleurs, ont volontairement choisi ces derniers temps, de faire profil bas et de ne pas s’exprimer ouvertement. Une posture qui s’explique par leur refus de dire le contraire de ce qu’ils pensent réellement, comme font d’autres, pourvu que cela fasse plaisir aux militants et sympathisants du MCU et à leurs parrains.

Personnellement, et cela pendant quelques semaines, j’avais opté pour le silence. Et comme je m’en étais expliqué au travers d’un de mes posts, « dans un contexte politico-militaire devenu illisible et inflammable, je ne souhaite pas du tout donner l’occasion à certains esprits retors, de faire mauvais commerce de mes analyses critiques ».

Mais mon silence n’a duré que le temps qu’il a duré.

De tout temps, mon credo a été et demeure cette belle citation de Jean Baptiste Placca que j’ai adoptée :

«Il est des circonstances qui imposent de ne pas craindre de déplaire, de ne pas chercher à complaire, de ne pas se taire, lorsque ce qui est en cause relève du devenir d’un peuple. Le devoir sacré, ici, impose de mettre de côté ses sympathies, ses amitiés, ses intérêts personnels, bref, toutes les avidités éhontées, pour parler librement de démocratie, de transparence, de crédibilité. »

La RCA a plus que jamais besoin de la contribution intellectuelle, politique, économique et critique de tous ses fils et filles.

Comme des millions de Centrafricains ivres du bonheur d’être enfin libres d’aller et venir sur toute l’étendue du territoire national, et qui, en retour, ont su exprimer avec effusion et de diverses manières toute leur gratitude au Président Faustin Archange Touadera, j’estime qu’il n’ya aucune honte à utiliser ma plume et à user de mon encre comme font d’autres, pour dresser sans réserve des colonnes d’apothéoses, visant à saluer l’action du Chef de l’Etat et le courage de nos FACAS, alliées aux forces rwandaises et russes dans le noble combat pour la reconquête de la grandeur altérée de la République centrafricaine.

En tout état de cause, à analyser finement la réalité, le Président Touadera n’a fait que respecter son serment de Chef de l’Etat qui est celui de garantir l’intégrité du territoire national, et se faisant, il a par ailleurs réussi son pari et respecté son engament d’ancien candidat à la présidentielle qui était de rétablir la paix et la sécurité en Centrafrique.

Avoir libéré du joug des barbares sanguinaires le peuple centrafricain, ne doit cependant pas fournir au Président Touadera l’argument inespéré, qui l’autoriserait à priver d’autres Centrafricains des libertés garanties par notre constitution. Vainqueur des rebelles – ses anciens partenaires -, le Président Touadera n’a pas reçu de la part du peuple centrafricain un blanc seing et le droit de faire comme bon lui semble.

Quant aux militants et sympathisants du MCU et autres laudateurs intéressés du régime en place comme de ceux qui viendront, je voudrais leur parler sincèrement :

LE PRÉSIDENT TOUADERA EST ET DEMEURE NOTRE PRÉSIDENT À NOUS TOUS ; SES VICTOIRES SONT CELLES DU PEUPLE CENTRAFRICAIN TOUT ENTIER ; SES RÉALISATIONS SONT FAITES AVEC LES MOYENS, AU NOM ET POUR LE BÉNÉFICE DE TOUTE LA RÉPUBLIQUE.

Dès lors, rien, mais alors rien de rien, ne permet à ceux qui par choix politique – mais souvent par cupidité –, ont choisi le camp du pouvoir, de s’arroger cette prétention ou de se tailler cette grande propension à se croire plus centrafricain que d’autres Centrafricains. Il ne s’agit là encore que d’une discordance de l’esprit.

Pour le reste, l’Histoire avec grand « H » de la RCA, faut-il le rappeler, contient dans ses annales, plusieurs exemples instructifs, où, chaque fois qu’un régime et ses partisans se sont mis en tête d’inculquer « savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir….» à une frange de la population, c’est le contraire qui s’est produit.

Notre pays qu’on le veuille ou pas, n’avancera que parce qu’il y’a d’une part un pouvoir chargé de diriger, d’autre part, une opposition pour s’opposer, et au milieu ce peuple si versatile soit-il, appelé à opérer des choix.

N’en déplaise à l’Ambassadeur russe et ses louangeurs , nous nous reverrons au RDV de l’Histoire.

GJK-Guy José KOSSA

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