RCA : TOUT SAVOIR SUR LE POINT G !

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Le ministre des Affaires Etrangères centrafricain, Toussaint Kongo-Doudou, a reçu en audience, le 13 octobre 2014 à Bangui, le Général Babacar Daye, chef de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine, MINUSCA.

Ce dernier s’est exprimé, entre autre, en ces mots :  « Ce n’est quand même pas la faute des nations unies si, dans cette ville, chaque fois qu’on attrape quelqu’un, on le tue et on le dépèce. »

De telles paroles passeraient sans problème si seulement elles avaient été prononcées, disons, en avril 2013 ou encore en janvier 2014. Mais voilà, nous sommes en octobre 2014 !

Ce n’est pas pour rien, Général, que le Conseil de votre Organisation des Nations-Unies avait adopté le 5 décembre 2013 la Résolution 2127, ou bien ?

Ce n’est pas non plus pour rien que la France a dépêché la mission Sangaris à cette même époque. « Vu l’urgence, j’ai décidé d’agir immédiatement » disait F. Hollande après 8 mois de massacres…

Ces décisions ont été prises après de longs mois de carnage dans l’objectif  tout du moins officiel d’y mettre fin, et ce justement parce qu’on ne disposait pas, en Centrafrique, des moyens et forces nécessaires pour y parvenir et parce que la communauté internationale était enfin conscience que l’usage de la force était nécessaire.

A vous entendre, Général, on pourrait avoir l’impression que les troubles en Centrafrique viennent juste de commencer !

On ne va pas refaire l’Histoire, mais rétablissons-là au moins : si aujourd’hui encore l’on attrape des citoyens et qu’à chaque fois qu’on attrape quelqu’un, on le tue et on le dépèce, si ce n’est la faute directe des Nations Unies, c’est en tout cas sans équivoque aucune celle de la France par le biais de l’opération Sangaris et de la MISCA, et ce pour la bonne raison qu’en dépit de quelques actions spectaculaire et parfaitement bien médiatisées, ces forces armées n’ont pas rempli leur mission sur le terrain, n’appliquant justement pas la fameuse Résolution 2127.

Si effectivement « il y a un problème de réconciliation, de cohabitation entre les communautés. Il y a un problème de sursaut dans la population, parmi les élites pour remettre ce pays sur les rails », comme vous le dites, ceci n’est en aucun cas nouveau ; et si ce problème n’avait été, votre présence et celle des forces françaises en Centrafrique ne seraient pas nécessaires.

Les missions MISCA et Sangaris ont échoué et le peuple centrafricain continue à être pris en otage par des criminels armés.

Il est fort regrettable que ce volet ait été relayé en 7è position du mandat de votre mission actuelle qu’est la MINUSCA ;  il n’y reste pas moins mentionné, notamment en point g). Aussi, si cette tâche est tout sauf réjouissante, elle fait néanmoins partie de celles qui incombent aux troupes onussiennes :

« g) iii) Regrouper et cantonner les combattants, et confisquer et détruire, selon qu’il convient, les armes et munitions de ceux qui refusent de les déposer »

D’autre part, le mandat de la MINUSCA est clair en ces termes : « Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a autorisé la MINUSCA à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement. » Et ces moyens, la MINUSCA les a.

Ce qui n’est clair aux yeux de personne – même si chacun a sa petite idée sur la question – c’est pourquoi  la MINUSCA ne remplit pas cette mission alors qu’elle en a tous les moyens !

Si la France s’oppose effectivement aux opérations nécessaires pour anéantir les criminels armés, qu’on nous le dise ouvertement, mais qu’on ne vienne pas nous raconter qu’il s’agirait d’un problème d’accès dans les quartiers..!

Et s’il est question d’éviter des dommages collatéraux, notez que nos populations civiles pacifiques sont désormais habituées à être déplacées temporairement.

Plutôt que de nous inviter à dialoguer tout en contribuant, par un laisser faire, à la légalisation du crime, alors même qu’un dialogue ne sera pas possible tant que les armes parleront, il serait indéniablement plus utile que la MINUSCA réponde effectivement à ce besoin encore et toujours plus urgent et s’occupe enfin en priorité du point g !

Danielle Mbari
14/10/2014

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