RCA: MOHAMED MOUSSA DHAFFANE PARLE SANS LA LANGUE DE BOIS

@Lesplumes 3 mars 2015 7
RCA: MOHAMED MOUSSA DHAFFANE PARLE SANS LA LANGUE DE BOIS

Par RJPM

« Conscient d’avoir fait partie d’un groupe de personnes qui ont contribué à la souffrance du peuple centrafricain, j’ai l’obligation de favoriser le retour de la paix et de participer activement à la réconciliation nationale. Bien que mes prises de position contre les dérives de la coalition seleka au pouvoir eussent valu mon incarcération, il n’en demeure pas moins que je fasse fi de notre faute collective. Je veux être en paix avec mon Dieu, avec mes compatriotes et avec moi-même. Je ne peux manquer du respect au peuple centrafricain en ignorant sa souffrance et profiter du climat malsain qui règne dans le pays pour présenter ma candidature à la magistrature suprême… » Disait Mohamed Moussa Dhaffane cofondateur de la coalition seleka dans un entretien mailing que nous avons récemment eu ensemble.

Face aux propos imbibés de repentance du numéro deux (2) de la coalition seleka, nous nous sommes posés les questions suivantes: Qui est réellement Mohamed Moussa Dhaffane ? Pourquoi avait-il contribué à la chute du régime de Bozizé en Mars 2013? Que compte t-il faire pour ramener la paix en Centrafrique et contribuer à la reconstruction nationale ?A quoi rime cette repentance ? Restez connecter et suivez sans sourciller notre développement.

Qui est Moussa Mohamed Dhaffane ?

Natif de Birao l’une des sous-préfectures de la Vakaga, Mohamed Moussa Dhaffane avait passé toute son enfance à Bangassou où il fit ses études primaires et secondaires. A peine ses valises posées à Bangui, il devint à la fois Distributeur de pains à la Boulangerie dénommée « La Baguette » et Agent d’achat du poivre noir, du café, du rauwolfia, du piment etc dans la société commerciale d’un de ses oncles. Peu de temps plus tard, il s’engagea comme volontaire à la Croix Rouge Centrafricaine, gravit les échelons de l’institution et devint par la suite le Président National. De même, le Numéro deux (2) de l’ex seleka fut Chef de projet de l’ UNHCR à Mboki (Haut Mbomou), à Boubou ( Ouham) et à Molangué (Lobaye). Loin d’être une hagiographie, cet article démontre plutôt à quel point le parcours de l’ancien Ministre d’état des Eaux Forêts, Chasse et Pêche, de l’Environnement et de l’Écologie était parsemé de patience, de la culture d’excellence et d’une détermination sans faille. Reste à connaitre sa véritable source de motivation pour le putsch de Mars 2013.

Pourquoi le coup d’état de Mars 2013

A entendre le natif de Birao, le délaissement des préfectures de la Vakaga, de la Haute kotto, de Bamingui Bangoron, de Haut Mbomou, de Mbomou, de la Ouaka, de Nana Gribizi et bien d’autres par le pouvoir de Bangui depuis des décennies est la cause inévitable du coup de force de Mars 2013. Il martèle que la population des zones citées ci-haut nage dans une précarité sociopolitique et économique révoltante. Non seulement certaines préfectures sont complètement coupées de Bangui à cause de la défectuosité de leurs routes mais elles subissent également de plein fouet l’injustice sociale. Selon l’ancien Ministre, les ressortissants des préfectures sus mentionnées avaient maintes fois entrepris des démarches citoyennes auprès des régimes successifs mais celles-ci étaient restées lettres mortes. D’où le coup de force de Mars 2013. Le numéro deux (2) de l’ex seleka réaffirmait que l’objectif de leur putsch était d’apporter un changement palpable dans le pays et non de l’engager dans une foire d’empoigne désastreuse. Sans rechigner, il regrette amèrement les nombreuses vies perdues de part et d’autres,les maisons pillées, les villages détruits et incendiés voire la fracture sociale interconfessionnelle. Quoique l’ancien Ministre d’état Mohamed Moussa Dhaffane fût débarqué du gouvernement dès les premières heures de la présidence de Djotodia, il n’exclut pas son rôle de premier plan dans l’embrasement actuel du pays. Fort de cela, il voudrait vaille que vaille ramener la paix et œuvrer pour la réconciliation nationale dans le pays

Que faire pour ramener la paix en Centrafrique et contribuer à la réconciliation nationale ?

L’ancien Ministre d’état estime que la paix doit d’abord être une démarche personnelle avant de devenir collective. Il assène qu’au sortir de sa prison, il l’avait expérimenté au sein de sa propre formation qu’est l’ex-seleka en pardonnant ses frères de lutte d’hier. D’après lui, le seul fait qu’il ait conduit la délégation de l’ex-seleka aux différents pourparlers de paix demeure un signe visible d’une inévitable démarche du retour de la stabilité dans le pays. Il martèle que plusieurs ex-seleka s’inscrivent dorénavant dans la même logique que lui.

A quoi rime cette repentance ?

Sans bégayer, il réitère que c’est pour être en paix avec son Dieu, avec ses compatriotes et avec lui-même. Il pense également que sa repentance pourrait déclencher une nouvelle communauté de vie et de destin dans le pays.

Aux termes de notre fructueux échange avec l’ancien Ministre d’état, nous concluons qu’il est l’une des rares personnalités politiques du pays qui reconnaît publiquement ses torts et se soucie quand même de la souffrance du peuple centrafricain. Au lieu qu’il embellisse son parcours comme les autres le font si bien, il préfère raconter avec aisance son passé sans rechercher la sympathie de ses interlocuteurs. Encore des mots contre des maux.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

7 Commentaires »

  1. Dékofio Isidore 3 mars 2015 at 2 h 30 min - Répondre

    La repentance ne pourra se faire qu’après la justice. Ce monsieur ne pourra faire oeuvre utile qu’en recherchant son absolution devant un tribunal. Je ne pense pas que le simple fait de reconnaître des erreurs suffira à apaiser les nombreuses victimes de ces dernières années.La prise de pouvoir de 2013 après la fuite honteuse de Bozizé, a été et reste une catastrophe pour toute la communauté centrafricaine.La prétention de vouloir ester en politique alors que l’on fait partie du problème est comme une injure à l’endroit d’un peuple qui ne réclame que justice pour se reconstruire.

  2. victor ebi 3 mars 2015 at 12 h 04 min - Répondre

    Mr moussa dhaffane na jamais travailler comme chef de projet ni a boubou même a molangue ni a mboki moi j²ai travailler a la C N R sous H C R Oxfam Québec P R

    • Matabissi 5 mars 2015 at 15 h 22 min - Répondre

      Monsieur Ebi Victor, j’ai connu Monsieur Dhaffane depuis la Croix Rouge. Il a travaillé sous la présidence de Messieurs David Dofara, Joseph Kamach et François Farra-Frond. Moi aussi je suis un ancien volontaire de la Croix Rouge Centrafricaine, je suis de la promotion de 1995. Et je sais que Dhaffane a bel et bien travaillé comme Chef de Projet du HCR à la Croix Rouge. Si vous avez travaillé à la CNR, vous connaissez donc Modessi Waguédo, Docteur Gbagba, Ngalla Yatéré, Victor Béad, Pulchérie Zoli ou Diop Mbaye. Ce sont nos collaborateurs sur le projet des réfugiés. Il faut bien vous renseigner avant d’infirmer une information de presse. C’est Dhaffane qui avait remplacé Monsieur Célestin Ndélafeï sur le projet cité dans l’article. Monsieur Dhaffane a le mérite de condamner les exactions de SELEKA au point d’être arrêter. Il aurait pu profiter des privilèges de ses fonctions de Ministre comme ses camarades de lutte. Mais, NON! Il a dénoncé très tôt. Il a aussi le mérite de prôner la réconciliation en se repentant humblement. Merci pour cette clairvoyance patriotique.

  3. MBAINANI 3 mars 2015 at 13 h 02 min - Répondre

    vraiment baucoup de courage ,cette faculté est donné à tout le monde, mais c’est pas tout le monde qui fait appel au bon sens. demander pardon c’est bon, je pense bien qu’il sera pardonné , mais faut pas que ce pardon soit pour lui un canal d’implication à nouveau dans la scene politique ? faut pas que cela soit encore un pardon à plusieurs couleurs?

  4. mongai yves yakizi 3 mars 2015 at 13 h 06 min - Répondre

    Je repond suite au publicatioj de rodrigue est ce que vous partager les memes ideologie des peuples centrafricain avans faire un cv. Politique serra un fiture president centrafricain ou quoi j ai pas vus un president a centrafrique qu il a terminer son mandat presidentiel et remie officiellent au nouveaux non . J ai vus le seul general andre kolingba qui fait un peux avans son depard il au pouvoir il a dit en proverb la faim vas venir et beaucoup des morts c est sa maintenant tou ce que je dire est que desarmement apres dialogue et chaque centrafricain doit choisie son candidat librement merci

  5. Mallebanda 3 mars 2015 at 19 h 40 min - Répondre

    J’avoue qu’entant que fils du pays et surtout l’un des commanditaires et responsable de notre dernière crise politico-militaire la plus dévastrice de l’histoire de notre chère patrie la RCA,le fait dans un premier temps de tout reconnaitre et de chercher à ramener surtout la paix dans notre cher pays ,est un acte de bravoure et sans doute d’honnêteté à l’égard du peuple centrafrcain afin d’apaiser la tension au sein des différentes entités qui ont souffert; néanmoins le plus dur reste à venir!

  6. Landry Ghislain SIALE 11 décembre 2015 at 17 h 08 min - Répondre

    Merci à vous tous pour les réactions.
    Une chose est certaines s’il n’y à pas u
    Un début de pardon même amener quelqu’un
    au CPI ne pensera pas les plaints.
    Nous devons d’abord nous accepté et ceci peu
    Importe nos actes passés mais cela ne veut pas dire oublier.
    Mer MM Daffane félicitations et du courage pour la suite CPI ou pas Dieu seul est le vrai juge de nos actes.
    Tu as tracé le chemin, aux autres qui veullent vraiment la paix d’agir car, la RCA a besoin que de ce mot : PAIX et le reste viendra par la suite.
    Dieu aide nous à nous comprendre.

Laissez un commentaire »