PRÉSIDENCE CENTRAFRICAINE : L’AUTOROUTE DE L’EXIL?

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Par GJK

Faisons le tour, en mémoire, et essayons de retracer le parcours de tous les chefs d’Etat Centrafricains. Combien vivent ou ont continué à vivre paisiblement chez eux en Centrafrique, en liberté, pendant que leur successeur est aux affaires ?

De 1993 à 2013, pour ne parler que des 20 dernières années, les anciens Chef d’Etat qui se sont succédé – Ange Félix Patassé, François Bozizé et Michel Djotodja -, tous trois, chacun à son tour, ont pris le chemin de l’exil. Avant d’accéder au palais de la Renaissance, comme après avoir quitté le pouvoir.

Signe du destin ou simple coïncidence ? Dans tous les cas, le ratio se révèle étonnamment désespérant en termes de vitalité démocratique…et de BONNE GOUVERNANCE. Que n’y a-t-on donc pensé plus tôt ?

Depuis l’élection du nouveau Chef d’Etat de la RCA, et à la veille de l’investiture de Faustin Archange Touadera, les Centrafricains, on s’en doute, n’ont cessé d’observer attentivement et discrètement, tous les comportements des principaux dirigeants de cette fichue et défunte transition politique, qui n’aura pas particulièrement brillé – et c’est le moins qu’on puisse dire -, par sa gestion des affaires de l’Etat. L’on s’en souviendra.

Et quoiqu’elle veuille faire croire, Catherine Samba-Panza, ne peut vivre autrement son départ du POUVOIR, que comme une déchéance personnelle. Adieu le tapis rouge…ah le fameux tapis écarlate ! De ce point de vue, l’on peut comprendre mieux de la part de la future ex- Présidente de la transition, cette agressivité teintée d’arrogance sur fond d’inquiétude, surtout quant à son avenir. C’est ce que traduit d’ailleurs, cette phrase sibylline lancée dans la dernière interview accordée à Jeune Afrique : « Je ne vise aucun poste. Je me rends simplement disponible au cas où l’on aurait besoin de moi pour partager mon expérience ».

Après tout, « Samba-Panza a des capacités, elle a une valeur, je ne vois pas pourquoi elle paierait parce qu’elle a été chef de l’État. Elle mérite aussi une promotion, et j’assume ». Suivez mon regard.

À la vérité, il faut se demander si Samba-Panza, après avoir réussi à arranger pour ses proches quelques planques dans les ambassades et autres services à l’extérieur, aurait-elle fini de faire ses valises et de racler les fonds de caisse ? Elle en a pourtant eu tout le loisir et le temps, quand on sait que quelques incendies ciblés ont fait le reste du boulot. En plus, elle l’a dit elle-même : « J’ai le défaut d’être nationaliste et d’aimer vivre dans mon pays, mais s’il y a une opportunité intéressante ailleurs, pourquoi pas ! ».(J.A)

Mais que l’on se rassure. Aucun exil ne peut être doré pour qui a goûté au pouvoir. Bien de chefs d’Etat africains vous le diront. Rien ne vaut la reconnaissance du peuple, et le luxe d’aller et venir chez soi, en toute liberté et sans être inquiété.

Alors, pourquoi ne pas croire Samba-Panza quand elle déclare : « J’aimerais m’investir dans la consolidation de la paix en Centrafrique. J’ai un projet de fondation et de mémorial, et je suis d’ailleurs à la recherche de financements. » (J.A)

Enfin ! Voilà au moins une ancienne Cheffe d’Etat centrafricaine consciencieuse, qui décide de réinvestir en Centrafrique la fortune qu’elle a amassée en deux années de TRAVAIL…pardon que dis-je !…de POUVOIR.

Bravo Samba-Panza !

Guy José KOSSA
GJK Levillageois
Élève Certifié de l’Enseignement
Primaire,Tropicale et Indigène (CEP-TI)
Écrivain Public du Village Guitilitimö

Interview de Samba-Panza à RFI
Interview de Samba-Panza à Jeune Afrique

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