PAR ICI, AGD

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Pourquoi ne pas l’avouer, quitte à s’en réjouir? Du haut de son silence majestueux, Anicet Georges Dologuélé dit AGD, l’ancien challenger floué de Faustin Archange Touadera – l’actuel chef de l’Etat centrafricain-, est aujourd’hui un homme politique heureux et très serein. Je dirais même plus ! Il est si serein que le Président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain – URCA -, se la joue fine, peut s’autoriser les prolongations et surtout, profiter à fond de tous les bienfaits « du temps-mort politique» qu’il semble s’être imposé.

Mais que l’on veuille bien se rassurer. Le silence d’un homme politique qui, plus est, en impose par sa stature, crie toujours plus fort qu’on ne l’imagine. Et quand le moment sera venu, l’heure sera arrivée. Le moment de remettre les pendules à l’heure, l’occasion de descendre à nouveau dans l’arène, le temps d’indexer les cancres, bref, la minute de vérité sonnera.

Face aux événements qui, ces derniers temps, ont indûment monopolisé l’attention des Centrafricains, le chef de file de l’opposition, tout député qu’il est, a clairement fait son choix : se placer nettement au-dessus de la mêlée.

Et que cela plaise ou dérange, AGD n’en a cure. L’essentiel c’est que nul ne peut feindre d’ignorer l’espace que l’homme s’est naturellement offert sur l’échiquier national, depuis la dernière présidentielle et le début du mandat de Touadera. Un espace, il faut le dire, que n’envient et n’occupent que ceux qui en ont l’étoffe et le poids politique nécessaire. Or, à vrai dire, dans cet espace que constitue l’opposition, il y’a suffisamment de places pour tout le monde. Mais jamais cependant, l’on verra nos soi-disant hommes politiques s’empresser de les occuper.

Tous par contre, préfèrent choisir la facilité, et même renoncer facilement à leurs convictions, toujours et toujours, pour les mêmes raisons : une place au bord de la mangeoire du pouvoir. Et c’est quand les « maîtres et seigneurs » qu’ils révèrent pour quémander des postes, ne veulent pas les accueillir, ou dans certains cas, c’est quand après avoir accepté de recevoir pour un court séjour, ces politiciens de révérence et de circonstance à leur table bien garnie, que ces hôtes imprévisibles, décident de les jeter dehors sans aucun ménagement. On peut  aussitôt découvrir un autre visage de déçus qui,  un à un et chacun à son tour, reviendront tous, singer jusqu’à la caricature un rôle d’opposant radical. On les verra ainsi, critiquer avec virulence, les mêmes mauvaises pratiques qu’ils cautionnaient et estimaient hier être les meilleures au point de déclarer qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour les défendre.

C’est ce que l’on peut appeler « faire de l’opposition en attendant ». En attendant bien sûr une nouvelle chance, en espérant fermement que l’on vous fera appel de nouveau.

Pour le dire autrement et franchement, Anicet Georges Dologuélé, à sa manière, aura sèchement refusé de s’inscrire dans un des rôles dévolus à tous ces tristes personnages, que l’on a vus en scène en train d’exécuter avec brio, la tragi-comédie parlementaire sur fond d’escapades présidentielles intitulée «DESTITUTION ».

D’ailleurs, pourquoi AGD,  devait-il s’en mêler ? Ne s’agissait-il pas après tout, de petits meurtres entre membres d’une seule et même famille, dénommée  mouvance présidentielle qui avait pondu en son temps cette coquille vide pompeusement baptisée « Union Sacrée », laquelle à son tour, est en train d’accoucher d’un bâtard du nom de « Cœurs Triomphants », pardon que dis-je, « Cœurs Unis » ?

« Tenez ! Venez et voyez comme ces imbéciles triomphants s’entredéchirent », pourrait rétorquer AGD, à tous ceux qui lui reprochent sa discrétion.

Qu’on le sache. Le Président de l’URCA, n’est nullement habitué et n’a visiblement pas envie de patauger dans ces eaux gadouilleuses, et finir par se couvrir de déshonneur et de honte, comme ces prétendus honorables et hautes personnalités qui ont tous, volontairement choisi de couvrir de boue puante, leur médaillon ainsi que les oripeaux de la République.

Encore une fois, pourquoi le silence et la discrétion de Dologuélé fait tant jaser ? Est-ce à dire simplement que certaines gens -toujours les mêmes -, ont la mémoire si courte dans ce pays si pâle ?

Vous en souvenez-vous ?

Alors qu’il se saisissait de toutes les occasions jugées bonnes pour jouer pleinement son rôle d’opposant, et rien que son rôle d’opposant qui est de s’opposer, quitte à fustiger le régime en place, à dénoncer les moindres dérives,  à prendre à témoin le peuple chaque fois que nécessaire, l’on a vu ses adversaires ainsi que ses faux-alliés « mi-collabo-mi-opposant », condamner ses sorties médiatiques, qualifiées de tonitruantes. Certains de ses « amis » se sont même éloignés de lui,  pour ne pas avoir à perdre leur chance d’obtenir les postes qu’on leur promettait et qu’il attendent toujours.

Aujourd’hui que Dologuélé se tait, on aurait aimé entendre sa voix. Il faut savoir ce que l’on veut à la fin !

Á la vérité, si, quelle que soit leur appartenance socio-politique, ils continuent tous autant de s’intéresser à la personnalité d’Anicet Georges Dologuélé, c’est qu’au fond, les Centrafricains n’en ont pas encore fini d’avoir besoin du Président de l’URCA. Peut-être regrettent-ils même le fait pour ce dernier, d’avoir été victime d’un holdup électoral qu’il a lui-même accepté sans rancune,  au nom de cette  paix qui tarde à s’imposer.

Qui sait ? Avec AGD, le pays ne serait devenu l’immense théâtre des ombres que de tristes acteurs risquent de précipiter à nouveau dans l’inconnu..

Que n’y a-t-on donc pensé plus tôt ?

GJK- Guy José KOSSA

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