L’ÉDITO GJK : TOUTE HONTE BUE

@Lesplumes 6 mars 2018 1
L’ÉDITO GJK : TOUTE HONTE BUE

Par GJK
L’Élève Certifié du Village Guitilitimö
Immigré au village frère de KOUÂKÊMBI

Parce qu’il était devenu presque normal pour l’exécutif de corrompre systématiquement les députés centrafricains afin de faire passer sans examen sérieux et sans analyse approfondie les projets de lois les plus controversés, l’honorable Karim Meckassoua – Président de l’Assemblée Nationale – PAN -, aurait été un temps très remonté contre ses collègues, qu’il entreprit de les convoquer à une séance spéciale consacrée aux graves manquements constatés. Aussi, à l’occasion de son intervention liminaire, le PAN n’aurait pas manqué de vilipender vertement les pratiques nauséeuses incriminées, et de sermonner aussi sèchement que sévèrement, les parlementaires véreux, sans toutefois les nommer. En conclusion, aurait-il insisté, chaque représentant du peuple – qui qu’il soit où qu’il se trouve et quoi qu’il fasse -, se doit de respecter à tous égards l’écharpe parlementaire qu’il arbore, en faisant preuve d’une grande probité professionnelle, et surtout, en s’engageant à accomplir toute sa mission pendant toute la durée de son mandat, dans le strict respect des principes républicains et des règles de bonne conduite morale.

On se serait cru dans un amphithéâtre de l’université, en train de suivre un cours magistral sur « l’éthique en politique », dont a posteriori, le PAN aurait pourtant eu mieux fait de se passer. Car au lieu de donner leur assentiment au discours volontairement moralisateur de Karim Meckassoua, sa sortie aurait plutôt déclenché une vague de murmures réprobateurs ainsi que des sourires narquois empreints de condescendance. Mieux, certains députés auraient même pris la parole pour répliquer avec véhémence et mépris. Tel cet élu du peuple tout en verve et qui sans réserve, aurait cru devoir justifier l’attitude et la conduite de ses collègues corrompus, par cette belle mais oh combien cinglante formulation métaphorique :

« Monsieur le Président, devrais-je me permettre de vous le rappeler ? Toutes les marches de l’escalier qui ont conduit au perchoir de l’Assemblée Nationale, ont été spécialement conçues et fabriquées sur la base de matériaux de qualité douteuse et surtout à haute teneur en corruption. Dès lors, devrait-on s’étonner que l’ensemble de l’édifice soit parfaitement corruptible et chimiquement corrosif ? Je dirai même plus ! Si aujourd’hui le perchoir ne réussit pas à tenir tête et à résister aux puissances dévastatrices des ouragans politiques, ne serait-ce pas parce que l’exécutif maîtrise bien ses méthodes et procédés fondés sur le culte de la vénalité ? Comment alors s’étonner que la plupart des députés ne puissent pas être des corrompus ? C’est bien le contraire qui eut été très surprenant !».

Chut taisez- vous !

On corrompt à l’Assemblée Nationale centrafricaine. Et les corrupteurs autant que les corrompus, sont tous des députés qui ont voté des lois relatives à la corruption et à la bonne gouvernance.

Dites-moi donc que vous ne rêvez pas !

Depuis ces derniers jours, et en prélude à la mise en place du prochain nouveau bureau du parlement, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, semblent s’être engagés dans une dure bataille des corrompus, et ils seraient en train de croiser les fers en duel. À coup d‘enveloppes ventripotentes et pleines à craquer de billets de CFA, de dollars ou d’euros, on se dispute les députés alléchés. À chaque parlementaire potentiellement corrompu, de fixer le prix d’achat  de sa conscience. Et les corrupteurs de leur côté, ne se privent pas de faire monter les enchères jusqu’au dernier enchérisseur qui emportera le jour même du vote, les voix des députés indécis et encore hésitants.

Quel pays !

À vrai dire, l’action politique dans la Centrafrique de Touadera, n’est qu’un magma d’incompétence, de médiocrités, de corruption, d’arrogance, d’incongruités, d’incertitudes, de mépris et de ridicule, mêlés d’ossements plus ou moins blanchis, de sang plus ou moins séché, de souffrances, de misères et de calamités en tout genre. Et au sommet de cet Himalaya d’immondices morales, trône un Chef d’Etat qui plane, rêve, somnole, se réveille par moment, jouis à plein temps. Aussi, quand il ose mettre les pieds sur terre, c’est pour lui-même déclarer et avouer son incompétence, son incapacité et son impuissance à gouverner cette petite république de pauvres.

Tenez !

Des collaborateurs qui s’érigent en roitelets et tiennent le Chef de l’Etat on ne sait par quel bout ; des décrets et contre-décrets présidentiels honteux ; un quartier en pleine capitale qui célèbre son indépendance et fête ses présidents malfrats au nez et à la barbe des autorités ; des déclarations assassines à l’ONU qui n’émeuvent personne et ne donnent pas lieu à une suite; des ministres qu’on ne voit pas, n’entend pas et qui donc n’existent pas… ; quant aux meurtres et assassinats, ils sont entrés dans les mœurs quotidiennes du Centrafricain, l’impunité étant devenue un rêve qui chaque jour s’éloigne toujours un peu plus.

Au final la liste des maux dont souffre la RCA du fait de la mauvaise gouvernance, est longue, mais alors si longue, qu’il faudrait au minimum des milliers de pages et des dizaines d’années pour les écrire, les décrire et réussir à les guérir.  Si on y parvient.

Définitivement, le ridicule est une passion centrafricaine ; l’arrogance, l’enrichissement effréné et le mépris du peuple, sont aujourd’hui les seules réponses des autorités aux problèmes des populations. Toute honte bue.

GJK-Guy José KOSSA
L’Élève Certifié du Village Guitilitimö
Immigré au village frère de KOUÂKÊMBI

Un Commentaire »

  1. Betet Lessouh Anicet 7 mars 2018 at 7 h 42 min - Répondre

    Vous avez fait une bonne analyse sur notre assemblée nationales à mon avis le choix même du président de cette grande institution était entaché de corruptions connu de tous les centrafricains éclairés dès le départ. La mise en place du premier bureau de l’AN était influencé par le président de la République lui meme à titre de rappelle le ministre Gouadjika a reçu tous les députés proches de K N K et autres pour leur indiquer le candidat du chef de l’État et si la corruption est généralisée aujourd’hui au sein de l’A N c’est la résultante de leur semence. On aura beau parlé mais il faut reconnaitre que ceux qui sont aujourd’hui aux commandes en Centrfrique sont incompétents il ne faut pas espérer un résultat positif. Reflechissont autrement

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